Aéroport de Nantes Atlantique : une saisonnalité croissante

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12/10/2016 – 06H30 Nantes (Breizh-info.com) L’aéroport de Nantes Atlantique a vu passer 465 325 passagers au mois de septembre. Soit 23,7 % de plus qu’en septembre 2014, époque à laquelle il a atteint le seuil de saturation, à en croire son gestionnaire, Vinci Airports. On voit qu’il lui restait en réalité une marge de progression considérable, ainsi que l’ont diagnostiqué voici quelques mois les experts missionnés par le ministère de l’Environnement.

Le trafic Nantes Atlantique se caractérise aussi par une saisonnalité de plus en plus marquée. En 2016, le trafic du troisième trimestre a été supérieur de 82 % à celui du premier trimestre, au lieu de 69 % en 2014. (Pour le deuxième trimestre, les proportions étaient de 63 % en 2014 et 67 % en 2016.) Si l’aéroport fonctionnait toute l’année au même rythme que pendant l’été, il traiterait environ 6 millions de passagers.

La majorité des vols low-cost desservant Nantes Atlantique sont en réalité des vols saisonniers. Comme Breizh-info l’a indiqué voici quelques jours, Volotea annonce l’ouverture de quatre nouvelles destinations en 2017. Mais, plus discrètement, la compagnie en a fermé ou s’apprête à en fermer dix-huit pour l’hiver (Ajaccio, Bastia, Figari, Perpignan, Naples, Olbia, Pise, Alicante, Fuerteventura, Ibiza, etc.). Ses collègues en font autant. Les transporteurs en font d’ailleurs le prétexte de promotions imbattables. Voici quelques jours, Volotea proposait ainsi un vol Nantes-Palerme à 9,90 euros. Mais pour le retour, on est prié de se débrouiller seul : la liaison ne sera rouverte que fin avril !

Comme l’indique cette saisonnalité croissante, le développement de Nantes Atlantique est principalement dû aux voyages touristiques. Et la liste des destinations est éloquente : l’aéroport « exporte » des touristes bien plus qu’il n’en importe. Il facilite les vacances au soleil des Bretons et autres habitants de l’Ouest. En particulier des seniors, qui constituent le gros de la clientèle au printemps et en septembre. La multiplication des vols vers Lisbonne et Porto pourrait aussi s’expliquer en partie par la politique fiscale enjôleuse du Portugal : les retraités français qui s’installent sur son territoire sont exonérés d’impôt sur le revenu. Tout cela est bon pour les voyageurs, beaucoup moins pour l’économie régionale.

Cette orientation serait-elle modifiée par la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes ? Non, bien au contraire. Le projet révélé voici quelques mois par Le Canard Enchaîné prévoit des bâtiments de taille réduite et un petit nombre de parkings avions. Ce serait un aéroport optimisé pour le low-cost, avec une rotation accélérée des aéronefs et un minimum de services pour les passagers. Ce qui est d’une parfait logique économique. Mais il n’aurait rien à voir avec l’aéroport international de prestige dont rêvent beaucoup de ses partisans.

Crédit photo  : DR
[cc] Breizh-info.com, 2016, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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5 Commentaires

  1. Vous n’avez rien compris, je crois, au problème du développement et aux besoins des entreprises internationales. Heureusement que le CELIB a créé les quatre voies avant que les voies du déclin soient assez puissantes.

  2. N’est-ce pas plutôt Vinci qui n’a rien compris aux besoins des entreprises internationales et qui leur propose des vols vers Ibiza et Corfou plutôt que vers Tokyo et Los Angeles ? Hélas, les réalités sont cruelles : puisqu’il est question officiellement d’un « transfert » d’aéroport, on va transférer aussi sa demande (avant tout des voyageurs du troisième âge qui recherchent le soleil) et donc son offre (des destinations de vacances). Les voyageurs des entreprises internationales, eux, continueront à transiter par les grands « hubs » de Paris, Londres ou Bruxelles pour parcourir le monde. Car, nouvel aéroport ou pas, ce n’est pas demain que la région aura le potentiel de remplir un gros porteur. Or pour traverser l’Atlantique, il vaut mieux voyager en Triple sept qu’en 737, pas vrai ?

  3. C’est une peu mon intuition. Un aéroport qui va faire du low-cost touristique.

    La France et une majorité de français raisonnent : économie planifiée. L’état décide une infrastructure, l’activité privée doit suivre.

    La seule étude qui m’intéresse; ça serait celle qui me montre une liste d’acteurs économiques qui ont besoin d’un aéroport international pour leur développement; je n’ai jamais rien lu la dessus.

  4. allez donc compter le nombre de vol par jour pendant un mois et vous comprendrez qu’il est très loin d’être saturé . NDDL c’est pour que des gros porteurs nous inonde de prOduit venant d’amérique par le TAFTA

  5. Une consultation, c’est comme un référendum mais encore plus petit.
    La démocratie représentative, c’est comme la démocratie directe mais encore plus petite.
    L’aéroport de NDDL, c’est comme Roissy ou Orly mais encore plus petit.
    Nantes, c’est comme Paris mais encore plus petit.
    Les partisans actifs sont comme les opposants actifs mais encore plus petits.
    Etc.etc.etc.
    Votre message était un peu court malgré une complexité insondable abordée. De rien. C’est normal de s’accrocher à ses idées quand on n’a peur de raisonner. Mais c’est triste si ça devient systématique.

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