10/01/2017 – 04h00 Brest (Breizh-Info.com) – La dernière fois que nous avions laissé Francis Joyon à la barre de son trimaran Idec Sport, il filait à plus de 36 nœuds de moyenne avec une dépression dans le dos. A ce train d’enfer, il a rapidement rejoint et dépassé son concurrent virtuel, Loick Peyron sur Banque Populaire V.

Une moitié de tour du globe en moins de 20 jours pour Francis Joyon

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Le 04 janvier au soir, il a franchi l’étape symbolique de la mi-parcours avec près de 950 miles d’avance sur Banque Populaire V. De quoi voir venir même si cet écart n’est pas non plus une assurance de la gagne.
Francis Joyon et son équipage ont quitté le système dépressionnaire qui les a propulsés à pleine puissance pendant 11 jours sans tirer un bord. La vitesse phénoménale atteinte leur a permis de doubler le concurrent virtuel mais aussi d’effacer tous les records du trophée Jules Verne !

Avec la fin de cette période bénéfique mais très ardue, les membres de l’équipage ont pu se reposer et aussi penser à réparer les menues avaries du bateau. Il faut dire que le rythme imposé au géant des mers pousse le trimaran à la limite de sa résistance. Durant la zone de transition entre l’ancienne dépression et la suivante, les organismes et le matériel vont pouvoir se reposer un peu.

Prochaine étape : le Cap Horn puis… Brest !

Alex Pella, satisfait de la performance de l’équipage / IDEC SPORT

« Même si on est totalement perdu avec les dates, les heures, et qu’on n’a plus trop de repères dans ce no man’s land loin de tout, on sait qu’on va bientôt se rapprocher de Brest, quoi ! » s’enthousiasme Bernard Stamm, coéquipier de Francis Joyon. « C’est quand même incroyable de faire un tout droit comme ça, c’est fou ! Cela s’est vraiment bien enchaîné pour nous. Après cette zone de transition, on va toucher un nouveau flux et on va surtout pouvoir faire de nouveau cap au sud-sud-est. Et tout cela s’annonce plutôt bien, et jusqu’au Horn, même s’il y aura plus de manœuvres à faire » conclut-il.

Le mythique Cap Horn est donc le prochain plat de choix au menu des équipiers de l’écurie Idec Sport. Si Francis Joyon et ses hommes parviennent à accrocher la dépression suivante avec la même maestria que la dernière, ils seront en bonne voie pour prendre une sérieuse option sur la victoire finale.

Le passage du cap Horn vers le 11 janvier

Au 8 janvier, l’équipage d’Idec Sport comptait près de 1 200 milles d’avance sur Banque Populaire V. Selon les estimations, le cap Horn pourrait être laissé à bâbord entre le 11 et le 12 janvier.

«  Le moral à bord est toujours aussi bon. Tout le monde reste très positif en approche du cap Horn qui reste source de beaucoup d’espoirs pour nous. Notamment celui d’être très largement dans les temps du record quand nous le doublerons », analyse Francis Joyon.

Au 9 janvier, les belles conditions venteuses qui portaient le bateau de record en record finiront tout à fait. L’équipage devrait réaliser tout une série d’empannages pour remonter jusqu’au cap Horn. « Nous pourrons tenir les mêmes vitesses, mais nous serons obligés de tricoter en tirant des bords. On va pouvoir revoir nos gammes en matière d’empannages. D’après certains routages, on pourrait avoir à en faire jusqu’à 50 avant d’approcher le Horn. Cela va nous réchauffer »,  déclare le skipper d’Idec Sport.

Le trimaran poursuit donc sa route à une belle vitesse. La remontée dans des latitudes plus clémentes est attendue par tout l’équipage qui est toujours en veille permanente pour éviter la collision fatale avec un bloc de glace.

Nicolas Serrand
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