Loire-Atlantique. Frédéric Maindron (UDI-LR) entend faire revenir la cinquième circonscription à droite

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30/05/2017 – 08h50 Nantes (Breizh-Info.com) –  Dans la cinquième circonscription de Loire-Atlantique, qui comprend une grosse partie des cantons nouveaux de la Chapelle-sur-Erdre, Nort et Carquefou, ainsi que Nantes-Est, la droite a réussi à faire l’union avec le centre et espère faire rebasculer la circonscription perdue en 2007, alors que la gauche de gouvernement part divisée entre PS et En Marche.

« Que » 14 candidats s’y présentent – la moyenne départementale est de 15.6 – à savoir Frédéric Maindron (UDI soutenu par LR) que nous avons interviewé, Stéphane Pellegrini (LO), Didier Lefèbre (Parti Breton), Franco Fedele (EELV), Arnaud de Rigné (FN), Katell Andromaque (LFI), Sarah el Haïry (LREM-Modem), Solange Dalifard (DLF), Hugo Sonnier (UPR), Dominique Anée (577- Les indépendants), Pierre Emmanuel Marais (UDB-MBP – Oui la Bretagne), Michel Ménard (PS, député sortant), Josette Bioret (SE), Michel Laboureur (PCF – Front de Gauche).

Breizh Info : Bonjour Frédéric Maindron, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Frédéric Maindron : Je suis marié, j’ai 51 ans, j’ai deux enfants. Je dirige 20 agences de peinture sur tout le Grand Ouest, je suis issu de la société civile et je suis aussi un élu local, j’ai été premier adjoint puis maire de Saint-Mars du Désert. J’ai laissé en 2014 la place à Barbara Nourry qui était mon adjointe, j’y suis toujours adjoint aux finances et vice-président de la communauté de communes Erdre et Gesvres.

Breizh Info : Vous êtes donc soutenu par l’UDI ?

Frédéric Maindron : Je n’ai jamais été encarté dans mes mandats locaux, mais les législatives sont un scrutin plus politisé, en soutien à une majorité que j’espère à l’Assemblée Nationale. J’ai donc choisi de rejoindre les Centristes, l’ancien Nouveau Centre, qui est une composante de l’UDI dirigée par Hervé Morin. Je fais partie des 80 à 90 candidats UDI soutenus par LR, avec Isabelle Mérand (Parti Radical) dans la 4e.

Breizh Info : Isabelle Mérand justement a appelé dès le 23 avril à se rassembler autour de Macron. Etes-vous dans la même ligne ?

Frédéric Maindron : Mon parcours est limpide, certes il y a des mesures communes entre les partis de gouvernement, du PS à LR en passant par le centre, mais il y a de grandes diffèrences. S’il y a une majorité LR/UDI, je serais très content, mais je ne voterai pas comme un godillot, en suivant aveuglément les consignes du parti.

S’il y a une majorité d’En Marche, je ne voterais pas toujours contre les textes de loi, j’espère qu’on pourra s’entendre et travailler ensemble. Le renouveau politique, c’est la capacité de faire de la politique comme on gère une entreprise, en sachant s’écouter et s’entendre pour avancer.

Breizh Info : Avez-vous soutenu Fillon aux présidentielles et que pensez-vous de son échec ?

Frédéric Maindron : Oui, j’ai soutenu Fillon. S’il n’y avait pas eu les affaires, la droite avait un boulevard devant elle. Macron a bénéficié d’un super karma.

Breizh Info : Bien aidé par les médias qui l’encensaient, non ?

Frédéric Maindron : Vous prêchez un convaincu. C’est un candidat du système qui a siphonné la gauche modérée et essaie d’avoir la droite. Il y a déjà des trous dans la coque, mais s’il réussit, c’est très dangereux car il y aura un parti unique de gouvernement et comme opposition, les deux extrêmes. On sait ce que ça donne dans l’Histoire, ce n’est pas bon du tout.

Breizh Info : Quelles sont les idées que vous entendez défendre dans votre circonscription ?

Frédéric Maindron : Une fois élu je mettrais en place des groupes de travail dans ma circonscription avec des acteurs locaux pour faire remonter les problèmes et bien comprendre les enjeux locaux. Un député ne peut être au courant de tout. Je vais faire participer les citoyens de ma circonscription à mon mandat. Je veux aussi relancer l’économie pour arriver au plein emploi, redonner du pouvoir d’achat – n’en déplaise à Macron, ce n’est pas par une hausse de la CSG qu’on va y arriver. Je souhaite aussi intégrer les exclus de la République, notamment en soutenant les aidants familiaux, et aller vers le zéro charges pour eux.

Breizh Info : Savez-vous déjà comment vous alloueriez votre réserve parlementaire ?

Frédéric Maindron : Oui, ce ne serait pas pour arroser à titre électoraliste, je la donnerais aux communes qui feraient des travaux d’accessibilité des bâtiments publics et pour le foyer pour adultes autistes de Sucé sur Erdre [qui a été ouvert en 1996, NDLA]

Breizh Info : Votre circonscription comprend une partie de l’agglomération de Nantes, mais aussi des communes rurales. Que comptez-vous faire pour elles ?

Frédéric Maindron :  Je veux rompre avec l’abandon de la ruralité. Je vis à Saint-Mars du Désert, c’est à 25 km de Nantes seulement, on n’a qu’un médecin pour 5000 habitants. De même, il va bientôt y avoir une nouvelle réforme des SDIS, en Loire-Atlantique on risque encore de perdre 2 ou 3 unités dans deux ou trois ans. Certes, cela a un coût, mais une fonction de lien social et de service de proximité qui sont indispensables. Si les pompiers mettent dix, voire vingt minutes à venir plutôt que cinq, cela augmente les risques que l’AVC soit mortel ou l’incendie devienne très difficile à éteindre.

Breizh Info : Que pensez-vous de la Loi Taubira ?

Frédéric Maindron : Elle est passée, elle doit s’appliquer et il n’y a pas à revenir dessus. Elle a assez fait de clivages quand elle est passée, inutile de les rouvrir. Puis faut aller avec les mouvements de la société.

Breizh Info : Etes-vous pour ou contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes ?

Frédéric Maindron : Le problème, ce n’est pas d’être pour ou contre, c’est de respecter la démocratie et le résultat de la consultation. Ce sont 56% des gens qui ont voté pour, c’est une belle majorité. Y a pas à tergiverser, l’aéroport doit se faire. Mais avec Hulot comme ministre et la médiation, la tendance sera à ce qu’il ne se fasse pas. C’est inacceptable, comme ce qui se passe dans cette zone de non-droit.

Breizh Info : Que lisez-vous en ce moment ?

Frédéric Maindron : Je lis beaucoup les livres de Zola. En ce moment je relis Germinal, que je n’avais pas lu depuis 35 ans.

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
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