Saint-Brieuc. 41 578 € de subventions d’argent public au profit de l’Afrique et la Palestine

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04/09/2017 – 07h15 Saint-Brieuc (Breizh-Info.com) – Le conseil municipal du 10 juillet 2017 a été l’occasion, pour la municipalité briochine, de voter plusieurs subventions qui ont trait à la coopération décentralisée.

A la délibération n°35, les élus ont ainsi adopté à l’unanimité le versement de 8928€ à l’association Saint-Brieuc – Agadez (ASBA), dont 1296 € de fonctionnement. L’association a pour objectif d’alphabétiser des jeunes hommes et femmes de la ville du Niger (2200€), former les « femmes et jeunes filles analphabètes » à la couture et à la broderie (3000€) et des « jeunes garçons analphabètes » en mécanique auto et moto (2000€) et de faire de la sensibilisation dans le domaine de la santé (1200 €).

La mécanique pour les hommes, la couture pour les femmes – voilà un attachement aux « stéréotypes genrés » singulièrement soutenu par une ville dont le maire, Bruno Joncour, s’est rangé dans le camp du progressisme et s’est mis En Marche, jusqu’à devenir député et abandonner sa mairie après 16 ans de mandat.

A la délibération suivante, la ville a prolongé jusqu’en mars 2018 la convention de partenariat avec le réseau de coopération décentralisée pour la Palestine et la ville de Lamballe, pour construire à Kufur-Thilit, en Palestine (Cisjordanie), un centre multi-activités dédié aux femmes du village. Cela coûtera 74.624 € aux deux communes bretonnes.

La délibération n°42 donne le détail : 26.000 € pour Saint-Brieuc, étalés sur 2015 et 2016, 10.000 € pour Lamballe (idem), 27.900 € par le ministère des Affaires étrangères – versés transitoirement à Saint-Brieuc – et 10.364 € pour la municipalité palestinienne, à l’origine du projet.

Dans l’atlas français de la coopération décentralisée n’est mentionné pour ce village que l’engagement de l’agglomération de Saint-Brieuc à améliorer l’équipement de son école – aucun montant financier n’y est précisé. Ce qui oublie les voyages des jeunes de la MJC de Lamballe, ceux (nombreux) des élus, et d’autres projets qui permettent aux élus de Lamballe et de Saint-Brieuc de soutenir la cause palestinienne avec l’argent de leurs contribuables.

L’accord de coopération décentralisée a été signé avec le village en 2009 à Saint-Brieuc et à Lamballe. En même temps, un autre accord de coopération décentralisée était signé par les deux municipalités avec le village de Battir. L’avenant a été adopté à l’unanimité. En 2014, l’opposition UMP de Lamballe avait cependant donné de la voix, par l’intermédiaire de Stéphane de Sallier-Dupin, alors que la mairie souhaitait renforcer cette coopération en y engageant encore plus d’argent du contribuable : « Ce n’est pas la vocation de la commune en tant qu’institution de soutenir cette coopération mais à des associations légitimes. Nous sommes hors des réalités financières du moment ».

La ville de Saint-Brieuc a développé d’autres accords de coopération décentralisée, avec Gabes en Tunisie depuis 2006 et Goradze en Bosnie dont elle subventionne le festival de l’amitié.

La délibération n°37 alloue, toujours à l’unanimité, 5150 € de subventions de fonctionnement à diverses associations qui interviennent à l’étranger. Dans le détail, 3000 € au RESIA qui forme des bénévoles d’associations, 800 € à PICA qui forme des pompiers de pays émergents, 700 € à Armor Developpement Sahel qui lutte contre la déforestation et la sécheresse au Burkina Faso, 400 € pour Fandiyema qui aide les femmes au Niger et 250 € à Enfants du Soleil qui intervient pour améliorer le sort des enfants du bidonville d’Arequipas au Pérou.

La délibération n°38 gâte décidément le RESIA (Réseau solidarités internationales Armor) qui reçoit encore 1500 € de subventions exceptionnelles pour un projet intitulé « Lire et débattre contre les discriminations ». Créé à Quintin en 1984 par 17 associations d’aide aux pays du Tiers-monde, le RESIA est issu du collectif Tiers-monde 22. Plusieurs associations immigrationnistes, dont le CCFD, la Cimade ou Peuples solidaires, le rejoignent à la fin des années 1980. Le RESIA constitue notamment un fonds documentaire à l’usage des associations qui en sont membres. Son développement est aidé par l’Education nationale et le Conseil Général des Côtes d’Armor au cours des années 1990.

LM

Crédit photo : Presko [CC BY-SA 4.0]
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