L’attentat de Marseille pose une nouvelle fois la question de la légitimité de l’État

Victimes d'un État déliquescent ?

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Ainsi donc à Marseille, en cette belle après midi du dimanche 1er octobre 2017, deux jeunes filles d’une vingtaine d’années, qui déambulaient tranquillement gare Saint Charles, ont perdu la vie. Assassinées sauvagement à coups de couteau par un individu qui a signé son geste  en criant « Allahou akbar », avant d’être abattu par une patrouille de militaires. Malheureusement rien que de très banal, de tristement banal, dans la France d’aujourd’hui.

Tout aussi banales auront été les réactions des responsables de l’État. De Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement (« Mobilisation totale de l’État aux côtés des Marseillais. Le ministre de l’Intérieur se rend sur place, nos forces de sécurité poursuivent les opérations de sécurité ») au Premier ministre Edouard Philippe (« Colère et tristesse pour les victimes. Soutien aux militaires et policiers de Sentinelle qui nous protègent. Nous ne baissons pas la garde »), en passant par Emmanuel Macron  (« Profondément indigné par cet acte barbare, en peine avec les familles et les proches des victimes de Marseille. Je salue les militaires de Sentinelle et les policiers qui ont réagi avec sang froid et efficacité. »), c’est à qui aura eu les paroles les plus convenues, les plus lénifiantes, les plus creuses.

Plus intéressant, car très révélateur de l’état de déliquescence dans lequel se trouve notre pays, est le profil du présumé terroriste. Voilà en effet un Maghrébin «en situation irrégulière»  – un clandestin donc – qui s’avère être un délinquant multirécidiviste. L’homme, qui était «connu» sous au moins huit identités différentes (!), a en effet été à de multiples reprises interpellé depuis 2005 pour des affaires  de vol ou de trafics de stupéfiants. Et, comme il se doit, relâché  à chaque fois.

Selon Le Monde, « il était encore en garde à vue, en début de week-end, à Lyon, pour vol, et « n’a pas pu démontrer la régularité de son séjour », selon une source proche du dossier. L’individu a seulement présenté une pièce d’identité tunisienne. « Des vérifications sont en cours auprès des préfectures afin de comprendre pour quelles raisons il n’a pas pu être éloigné jusqu’à présent », a ajouté cette source, rappelant les contraintes juridiques importantes en matière d’éloignement (sic) ».

Ainsi, dans la France de 2017, un clandestin, délinquant multirécidiviste aux multiples identités, peut impunément se déplacer comme il l’entend, « contraintes juridiques en matière d’éloignement » obligent. Et au passage assassiner tranquillement deux jeunes filles innocentes de vingt ans.

En l’espèce, l’État de droit, dans sa conception « droit-de-l’hommiste » actuelle, aura donc laissé le champ libre à un  individu qui n’aurait jamais dû demeurer sur notre sol ou, pour le moins, être mis hors d’état de nuire. La légitimité d’un État souverain réside pourtant dans sa capacité à assurer, par des règles de droit appropriées – et mises en œuvre sans faiblesse – la protection et la sécurité de ses membres.

Il parait que nous sommes en guerre, nous rabâche-t-on. Mais contre qui ? Désigner clairement l’ennemi semble manifestement gêner nos dirigeants. Or « les sommets de la grande politique sont des moments où il y a perception nette et concrète de l’ennemi en tant que tel » (Carl Schmitt).  On en est semble-t-il très loin.

Alors quelle est la légitimité d’un État dont le chef  se montre incapable de décider face à une situation exceptionnelle telle que celle que connaît la France aujourd’hui ? La question est posée.

Yves Lemay

Crédit photo : DR
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  • guylaine

    En laissant des illégaux connus des services de police sur notre territoire, la présidence de la République se rend complice de ces assassinats !

    • Tobias

      Vous avez juste oublié les légaux, les naturalisés et tous leurs descendants.

    • FLANDRE

      Pas complice Guylaine, RESPONSABLE !

  • MARBOT

    On ne peux que constater le grand foutoir en matière pénale. La séparation des pouvoirs (autonomie du judiciaire) qui devait être une avancée digne d’un Etat des plus respectueux des Libertés s’avère être parfaitement inopérant. Essentiellement du fait que l’institution recrute en « milieu protégé et fermé » et de facto coupé des réalités de la population française d’aujourd’hui (chômage, migrations, incivisme) . Il est urgent de mettre fin à ces fonctionnements autonomes et de REmettre l’institution sous le contrôle du PEUPLE par l’intermédiaire de ses représentants ELUS . A noter que ces derniers même issue des classes supérieures sont régulièrement amenés à vivre avec le peuple pour obtenir leur confiance (et leur bulletin de vote) ce qui ne se fait pas sans obligation d’être à l’écoute de la « masse populaire » subissant de plein fouet les agressions d’actualité.

  • lamettrie

    Il y aurait dû y avoir 100 000 personnes le lendemain dans les rues de Marseille pour dénoncer trente ans de démission des pouvoirs publics. Pauvre France qui n’est même plus capable d’indignation.

  • Yvette Prétet

    L’assaillant de Marseille aurait dû recevoir une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) mais  »la personne de permanence à la préfecture du Rhône, ayant autorité pour signer l’obligation de quitter le territoire et le placement en Centre de Détention, était absente ».. Un  »clandestin » tunisien a vécu 12 ans sur notre territoire sans être inquiété!…Nos gouvernants sont des ASSASSINS: ils mettent,en danger,la vie des  »vrais » Français non-musulmans!

  • section69

    Il y a des lois elles ne sont même pas appliquer alors à quoi servent t elles ? À nous endormir sûrement la France et un pays complètement dépassé et laxiste et aujourd’hui voilà le résultat