Des communistes nostalgiques traversent Berlin sur un char soviétique

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L’Allemagne compte encore quelques rares nostalgiques des grandes heures de l’URSS. C’est ce qu’a prouvé une poignée de communistes dimanche 5 novembre au matin dans les rues de Berlin.

L’improbable défilé 

Un cortège de quelques véhicules a donc traversé la capitale allemande en souvenir du « bon vieux temps » où Yvan régnait en maître sur les ruines de l’Allemagne nationale-socialiste.

Il y avait là quelques camions militaires de la RDA, un vieux char russe et des drapeaux soviétiques. Selon la police de Berlin, la manifestation a été enregistrée par une petite association pro-communiste et elle a traversé les quartiers de Friedrichshain et Moabit.

Ce défilé s’inscrit dans le cadre des célébrations du centenaire de la révolution bolchevique russe d’octobre 1917. L’occasion de diffuser également L’Internationale à l’aide de haut-parleurs fixés sur les véhicules.

Le drapeau rouge ne séduit plus

Alors que les organisateurs avaient déclaré la présence de 200 participants auprès des forces de l’ordre, ils n’étaient pas plus d’une trentaine à finalement prendre place dans les quelques véhicules. Beaucoup moins nombreux donc que les réactions sur les réseaux sociaux, Twitter en tête. Rappelons au passage qu’en Bretagne, l’idéologie a toujours des adeptes (lire ici).

Monika Herrmann, l’édile de l’arrondissement de Kreuzberg, s’est notamment offusquée dans un message qui ne laisse pas de place au doute : « C’est nul ! »

« Le début d’une dictature est célébré. Les mots me manquent. Cette nostalgie est complètement déplacée« , a commenté pour sa part Marlene Heihsel, une femme politique du parti libéral-démocrate FDP de Kreuzberg.

Lundi 6 novembre, le même cortège s’est remis en route dans Berlin. Mais cette fois dans la partie ouest de la ville. Tout un symbole.

L’ambassadeur de Lituanie agacé

Lundi, l’ambassadeur de Lituanie en Allemagne, a également été irrité par ce défilé de triste mémoire pour son pays des bords de la Baltique, longtemps sous le joug de l’ogre stalinien.

« La terreur communiste était-elle moins criminelle que celle des nazis ? Pourquoi ces communistes sont-ils tolérés à la porte de Brandebourg ? », a ainsi commenté Darius Semaska sur son compte Twitter.

Étant donné le tollé suscité par ce défilé qui se voulait avant tout « culturel » selon ses organisateurs, le « Grand Soir » d’octobre 1917 est désormais bien loin. Quant aux « Lendemains qui chantent », ils n’ont désormais plus que quelques haut-parleurs rouillés pour se faire entendre !

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