Un parieur professionnel : « il est impensable qu’on puisse gagner beaucoup sans rien n’y connaître »

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13/11/2017 – 18h00 Nantes (Breizh-info.com) – Nous avons rencontré D., parieur professionnel qui vit de ses paris. Après avoir vendu son affaire, cet indépendant a pris sa retraite. Pendant que son capital fructifie, ce passionné de sport s’est lancé dans les paris sportifs, comme « une poire pour la soif ». Aujourd’hui, il arrive à en vivre, mais cela n’a pas toujours été évident. Il témoigne de son expérience – en restant discret.

Breizh Info : D. vous êtes devenu aujourd’hui parieur professionnel ?

D : Chuut ! Ne dites pas à mon contrôleur fiscal que je suis parieur sportif, il me croit pianiste dans un bordel. Sérieusement, les gains sont taxables quand ils sont réguliers, je ne déclare rien, donc pas envie de me faire rattraper par la patrouille.

Breizh Info : Combien réussissez-vous à gagner aujourd’hui par mois ?

D : Environ 1500 € par mois. Net d’impôts donc, et en misant de petites sommes, jamais plus de 100 euros. En misant 10 euros, il y a moyen de se faire jusqu’à 1500 euros avec la Française des Jeux, c’est idiot de claquer plus d’argent. Mais c’est assez irrégulier, en septembre j’ai fait un peu moins, pour octobre j’en suis à plus de 2000 ; comme je ne suis pas habitué à tout claquer, ça ne me pose pas de souci.

Breizh Info : Vous pariez sur le foot ou sur d’autres sports ? Le PMU par exemple.

D : Le foot essentiellement, il y a plus d’enjeux, de paris et d’argent à ramasser. Le PMU faut s’y connaître en canassons, et les bars PMU sont très mal fréquentés. Je ne parle même pas du point PMU à Commerce, qui est de loin celui qui fait le plus de chiffre.

Breizh Info : Vous n’avez pas toujours eu la gagne…

D : Ca a été long à venir. Au début je claquais de l’argent, je n’y comprenais rien, je misais un peu partout, en ligne ou sur papier (Parions sport). Puis j’ai discuté avec d’autres parieurs, lu des forums, suivi les choses et je me suis forgé une technique.

Breizh Info : Pouvez-vous en dire un peu plus ?

D: Primo, il est impensable de gagner gros sans rien y connaître, par hasard. La fameuse « chance du débutant », c’est le premier attrape-couillons des marchands de paris, cercles de jeux etc. C’est bidon. Comme le « vendredi 13 » ou la patte de lapin.

Breizh Info : Ce sont des sortes de superstitions post-modernes, des légendes urbaines si l’on peut dire. Un autre conseil à donner ?

D : Bien faire la différence entre jouer pour gagner et gagner (ou perdre) pour jouer. Si on perd au jeu, inutile de claquer de l’argent pour se refaire. Peut-être est-ce mieux de se poser, réfléchir, et de s’y reprendre le lendemain. Surtout dans les paris sportifs.

Breizh Info : Pariez-vous en ligne ?

D : Un peu, mais j’évite. Notamment parce qu’il y a souvent des conneries mises en ligne sur les sites, et parce que les pronostics me paraissent assez souvent truqués ou du moins bricolés de façon à avoir le moins de sous à donner aux joueurs. Ces sites s’en fichent si tu perds ou tu gagnes, ils sont là pour ramasser le pognon. Je préfère le papier, le Loto Sport, ça se fait au dernier moment et il n’y a pas moyen de voir les masses d’argent engagées et d’arranger le match pour les rafler – ça s’est vu, et pas qu’au foot.

Breizh Info : Que pouvez-vous dire sur votre technique pour gagner ?

D : Pas grand chose, mais c’est l’essentiel. Il faut suivre ce qui se passe, la composition des équipes, les terrains, l’état d’esprit des joueurs, le mercato, les entraîneurs, tout quoi. Ce qui se trouve sans grand problème dans les journaux sportifs. Personnellement, j’ai un abonnement à l’Equipe, je lis le gratuit sportif nantais [Nantes Sport] et tout ce que je peux en ligne. Je suis à la retraite, j’ai le temps. C’est peut-être plus difficile pour un actif ou un jeune qui n’a pas nécessairement les moyens d’acheter l’information. Mais c’est précieux, et les gains se jouent souvent à pas grand chose, au fait si tu sais ou pas, s’ils ont le moral ou pas. Il y a peu de rencontres vraiment à sens unique. Le FC Nantes ne déroge pas à la règle, on l’a vu face à Tours par exemple.

Breizh Info : Dernière question, quelle est ton équipe préférée ?

D : Je ne suis pas nantais, mais ça fait vingt ans que je vis à Nantes et j’aime beaucoup la ville, même si elle change en moins bien ces dernières années. Donc pour moi c’est le FC Nantes évidemment. Envers et contre tout.

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : breizh-info.com
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