Éducation : à Paris, la fuite vers le privé s’accélère, le public décroche

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À Paris, la part des élèves de sixième scolarisés dans le privé pourrait atteindre 49,4 % en 2035, contre 38,7 % en 2024, selon une projection de l’Institut des politiques publiques (IPP) publiée le 3 mars 2026. Si la tendance se confirme, près d’un collégien parisien sur deux serait alors inscrit dans un établissement privé.

Cette évolution intervient dans un contexte de baisse démographique marquée. Entre 2010 et 2024, les naissances à Paris ont chuté de 32 %, passant de 31 440 à 21 484. La contraction des effectifs scolaires était donc attendue. Mais l’étude souligne que son impact est très inégalement réparti entre les secteurs public et privé.

Une baisse des effectifs largement absorbée par le public

Les effectifs de CP ont diminué de 19 % entre 2016 et 2024, et ceux de sixième de 10 % entre 2020 et 2024. Toutefois, les établissements privés ont maintenu leurs effectifs à un niveau presque stable : -3,8 % en CP entre 2016 et 2024 et -1,4 % en sixième entre 2020 et 2024.

À l’inverse, le secteur public enregistre des reculs nettement plus marqués : -24,4 % en CP et -14,4 % en sixième sur les mêmes périodes. Dans un contexte de diminution globale des effectifs, cette différence se traduit mécaniquement par une hausse du poids du privé.

En 2024, 27,5 % des élèves de CP étaient scolarisés dans le privé à Paris, contre 23 % en 2016. En sixième, la proportion est passée de 35,4 % en 2020 à 38,7 % en 2024. Si la dynamique actuelle se prolonge, la part du privé atteindrait 33,6 % en CP en 2030 et 49,4 % en sixième en 2035.

Une polarisation sociale accentuée

L’IPP estime que cette évolution « accentuer(ait) une polarisation sociale déjà très forte ». En 2024, 55 % des élèves de sixième issus de milieux très favorisés étaient scolarisés dans le privé ; cette proportion pourrait grimper à 72 % en 2035, contre seulement 7 % pour les élèves défavorisés.

Dans les 19 plus grandes villes hors Paris, la même tendance apparaît. La part du privé en CP est passée de 19,1 % à 19,8 % entre 2020 et 2024 et pourrait atteindre 22,3 % en 2030. En sixième, elle passerait de 36,3 % en 2024 à 40,8 % en 2035.

Face à cette dynamique, l’IPP recommande de répartir plus équitablement les fermetures de classes entre public et privé et de revoir les règles de financement des établissements sous contrat.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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2 réponses à “Éducation : à Paris, la fuite vers le privé s’accélère, le public décroche”

  1. Poulbot dit :

    Vue la qualité du système d’éducation du publique au main des organisations syndical de gauche , il est normale de constater que les parents fassent des sacrifices en mettant leurs enfants dans le privé pour leur donner plus de chance de réussir dans le futur.

  2. RAYMOND NEVEU dit :

    Ce ne sont pas les organisations syndicales qu’il faut mettre en cause dans un premier temps c’est le mastodonte de l’Inéducation Nationale, mettre à la porte 350.000 fonctionnaires inutiles et un féroce dégraissage de l’encadrement des notables qui dirigent cette oligarchie de technorates de la pensée woke depuis 1980 mais en fait depuis Langevin mais à petits pas alors. Valable pour d’autres administrations.

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