Élections européennes de 2019 : Macron veut modifier le règlement

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27/11/2017 – 08h00 Paris (Breizh-info.com) – Dans les états-majors politiques, on commence à s’agiter en vue des élections européennes de 2019. Depuis 2004, elles se déroulent dans le cadre de huit grandes circonscriptions régionales, avec un seul tour, à la représentation proportionnelle. Pour le Premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin (UMP), il s’agissait, avec ce découpage « régional », d’obtenir que le Front national ait moins de députés qu’avec la circonscription unique. Ce qui était possible avec un FN petite minorité électorale dans certaines régions comme la Bretagne, mais calcul devenu inopérant  aujourd’hui avec un FN devenu grosse minorité électorale ; en 2014, ce dernier obtint en effet 24 députés dont 2 dans la région « Ouest ».

Pour ce faire, la Bretagne (4) avait été casée dans ce magma dénommé « Ouest » en compagnie des Pays de la Loire et du Poitou-Charentes. Deux listes bretonnes avaient participé à cette compétition en 2014. La première, dénommée « Nous te ferons Europe ! », était conduite par Christian Troadec (divers gauche), maire de Carhaix et conseiller général du Finistère. La seconde, intitulée « La Bretagne pour une Europe sociale » était dirigée par Christian Guyonvarc’h (UDB). Dans cet « ouest » informe, la liste Troadec obtint 83 173 suffrages (3,05%), tandis que celle de Guyonvarc’h devait se contenter de 27 435  voix (1,01%). En regroupant les résultats dans le cadre de la Bretagne (5), cela donnait 80 808 voix pour Troadec (5,48%) et 27 183 (1,84%) pour Guyonvarc’h. Comme dix-huit candidats et suppléants étaient nécessaires pour constituer une liste, le Mouvement breton pouvait effectivement se payer le luxe d’en aligner deux !

On notera que cette consultation électorale ne connaît guère de succès. En Bretagne (5), le 25 mai 2014, on comptait en effet 3 351 006 inscrits, 1 819 252 abstentions (54,28%) et 1 532 024 votants (47,72%). Il fallait ensuite tenir compte des 59 555 blancs et nuls pour parvenir à 1 472 194 exprimés.

En 2019, les places de députés européens seront davantage recherchées qu’à l’ordinaire car elles permettront de recycler des victimes du dégagisme de juin 2017. C’est le cas de Benoït Hamon et de Maël de Calan. Car une donnée nouvelle se fait jour,  qui pourrait transformer cette élection en « recyclerie ». « Macron souhaiterait que ces élections se déroulent, non plus dans le cadre de huit circonscriptions régionales, mais avec des listes nationales, comme c’était le cas jusqu’en 2004 » (Le Canard enchaîné, 4 octobre 2017). Modification qui pourrait faciliter l’opération « grand mouvement central » suggérée par Alain Juppé (Sud-Ouest, samedi 11 novembre 2017) et confirmée par le même plus récemment : « Je ne suis pas En Marche, mais je ne suis pas, non plus, immobile. Disons que je suis en mouvement. » (Le Point, 16 novembre 2017).

Objectif du Président : procéder à un rassemblement des européens de droite, de gauche et des Marcheurs aux prochaines élections européennes sur la même liste. « Histoire de favoriser ce rassemblement, Édouard Philippe s’apprête à recevoir les chefs de parti à Matignon pour leur parler du projet d’instaurer un scrutin proportionnel dans le cadre de listes nationales. » (Le Canard enchaîné, 15 novembre 2017).

Évidemment, l’opération sera pilotée depuis l’Élysée avec une répartition « équitable » des places éligibles entre les ralliés de droite, de gauche et les Marcheurs. Peut-être Alain Juppé se voit-il tête de liste, ce qui lui permettait d’entamer une nouvelle carrière ? Hypothèse heureuse pour son fidèle lieutenant Maël de Calan qui hériterait alors d’une place éligible. Autre personnage que cette modification devrait enchanter : Benoît Hamon. Avec une liste nationale, son « mouvement du 1er juillet » est assuré de récolter plusieurs sièges ; La première place lui revenant d’office, sa reconversion au Parlement européen serait alors une simple formalité. C’est peut-être là que se trouve l’explication concernant le soudain départ du député européen Isabelle Thomas du Parti socialiste pour la petite boutique de Benoît Hamon. Si la promesse d’occuper la deuxième place sur la liste, derrière Hamon, lui a été faite, elle a le droit d’espérer un troisième mandat. Bien entendu, l’explication fournie tient de l’habillage politicien : « J’ai la conviction que Benoît Hamon et le Mouvement du 1er juillet ont la capacité de construire un projet en adéquation avec notre siècle », explique-t-elle. Et comme « le PS n’est plus ce parti central capable de rassembler » (Ouest-France, mercredi 15 novembre 2017), elle se sent autorisée a chercher ailleurs sa pitance.

Le départ du PS pour la République en marche de Marc Coatanéa, ancien premier secrétaire fédéral du PS dans le Finistère et conseiller régional (Ouest-France Bretagne, jeudi 16 novembre 2017) pourrait également signifier un intérêt prononcé par les prochaines élections européennes.

Bernard Morvan

Crédit photo : Jef132/Wikimedia (cc)
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2 Commentaires

  1. Tripatouillages habituels. Combien de fois avons-nous changé de modes de scrutin depuis le début de la 5ème ? J’arrive plus à compter… C’est aussi comme cela qu’on musèle les peuples.

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