Al Andalus, la déconstruction d’un mythe, par Seraphin Fanjul

al_andalus_mythe

02/12/2017 – 09h45 Paris (Breizh-info.com) – Les éditions du Toucan (l’Artilleur), habituées à sortir des livres qui empêchent de tourner en rond, ont publié il y a quelques semaines « Al Andalus, la déconstruction d’un mythe », de l’historien espagnol Seraphin Fanjul.

Nous vous proposons ci-dessous la présentation de l’éditeur, ainsi que la chronique qu’en a faite Philippe Conrad, directeur de la Nouvelle Revue d’Histoire.

Présentation de l’éditeur :

Dans l’Europe actuelle confrontée à une immigration musulmane continue, on aime bien se référer au modèle de cohabitation pacifique des trois cultures d’Al-Andalus.

L’histoire de l’Hispanie musulmane ou d’Al-Andalus est ainsi un enjeu archétypique. Au Moyen Âge, la Péninsule ibérique aurait connu une remarquable et inhabituelle cohabitation pacifique entre juifs, chrétiens et musulmans. Une admirable symbiose culturelle qui aurait duré vaille que vaille du VIIIe siècle jusqu’à l’expulsion des juifs en 1492, voire, jusqu’à l’expulsion des morisques en 1609.

Serafín Fanjul, affirme qu’il s’agissait, dans la réalité des FAITS, d’« un régime très semblable à l’apartheid sud-africain » et d’une époque globalement « terrifiante ». Soulignant que les motifs et les facteurs de luttes et d’affrontements entre l’Espagne musulmane et l’Espagne chrétienne ont été prédominants pendant toute la période concernée, il montre qu’Al-Andalus a été tout sauf un modèle de tolérance.

Il ne s’agit pas pour lui de nier qu’il y a eu des éléments de communication culturelle (surtout d’origine hellénistique) jusqu’au XIIe siècle. Mais il s’agit de montrer qu’il n’y a jamais eu un merveilleux système mixte sur lequel aurait reposé la cohabitation pacifique ; qu’il n’y a jamais eu un mode de vie partagé par tous, une même perception du monde valable pour tous.

La Chronique de Philippe Conrad :

C’est un ouvrage majeur que nous propose Serafin Fanjul, docteur en philologie sémitique, professeur de littérature arabe à l’Université Complutense de Madrid, ancien directeur du centre culturel hispanique du Caire.

Autant dire que l’auteur s’appuie sur une érudition à toute épreuve pour aborder la question, ô combien débattue, de l’interprétation de la séquence historique qui a correspondu à la présence, sept siècles durant, d’une société musulmane dans la péninsule ibérique. Il sait comment, au prix de grossiers anachronismes, les tenants de l’immigration de masse et de l’avènement sur le sol européen d’une société multiculturelle chantent les louanges du « paradis perdu » qu’aurait été l’Espagne musulmane à l’époque médiévale. En prenant pour cela quelques libertés avec l’histoire…

Notre auteur déconstruit méthodiquement le mythe de « l’Espagne des trois religions », lieu d’une coexistence pacifique et mutuellement profitable. Il n’a guère de mal à montrer que l’époque était celle d’un apartheid qui valait aux dhimmis chrétiens et juifs un statut d’infériorité jamais remis en cause jusqu’au XVème siècle qui vit la fin du royaume nasride de Grenade.

L’ouvrage de Serafin Fanjul apparaît donc, dans la bataille engagée pour la préservation de la mémoire et de l’identité européennes comme une arme précieuse pour en finir avec les mensonges de « l’historiquement correct ». À noter également l’excellente préface d’Arnaud Imatz, qui revient sur les procédés de la manipulation du passé appliquée de manière plus générale à l’histoire de l’Espagne, longtemps victime de la « légende noire » diffusée par ses adversaires.

Philippe Conrad

 Serafin Fanjul, Al Andalus, l’invention d’un mythe. La réalité historique de l’Espagne des trois cultures, L’Artilleur 720 p. 28 €
Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
  • Per-Niflard

    J’en ai presque fini la lecture …. un gros pavé !
    Sans surprise la gauche espagnole( celle qui a perdu la guerre civile ) entretient cette fable d’une « cohabitation » heureuse et féconde . Cette « gauche » coutumière de vouloir falsifier l’Histoire à son profit , au service de son idéologie .
    Le faussaire de service ( mais il n’est pas le seul ) , Americo Castro , qui affabule et veut nous faire gober cette sombre période comme un regretté âge d’or , une société de trois religions vivant en harmonie …. à tel point qu’il a fallu en foutre deux dehors pour avoir la paix .
    Le pire est que ce tissus de mensonges et d’approximations est pris comme argent comptant , en France et dans le reste de l’Europe et repris tel quel pour alimenter la fiction du « vivre-ensemble » et d’un islam des lumières .
    Un exemple , cet historien ( je pense qu’il est plus militant qu’historien ) nommé Benjamin Stora : un chaud partisan et promoteur de cet al-andalus imaginaire .

    • Yvette Prétet

      Benjamin Stora a quitté l’Algérie ,en 1962,à l’âge de 2 ans: il n’a pas connu  »l’Algérie française » ni la  »métropole » avant 1962…Ce n’est pas un  »historien », ce qu’il raconte c’est ce que  »ses copains » du F.L.N. lui disent de dire, des  »on-dits ». Dans une de ses vidéos, il nous montre des paysans musulmans, il aurait dû aussi montrer des paysans métropolitains vivant à la même époque!….Il se dit  »de gauche » afin d’obtenir un poste important… par les gauchistes qui sont très influents en France!…moi, je suis née en Algérie en 1934,je connais mieux l’Algérie française que le soi-disant  »historien » Benjamin Stora….

  • Yvette Prétet

    La  »colonisation » arabe.
    Les musulmans obligeaient les non-musulmans qu’ils  »colonisaient » à se convertir à l’islam(tels les Berbères d’Afrique du Nord)…dans les pays que les musulmans  »colonisaient » seuls les non-musulmans payaient des impôts ..Les non-musulmans de l’Afrique du Nord auraient dû faire comme les Espagnols: RENVOYER les musulmans dans le pays d’où ils étaient partis: l’Arabie. .En 1962:les musulmans ont chassé d’Algérie TOUS les non-musulmans, pourtant parmi ces non-musulmans se trouvaient des familles qui étaient en Algérie avant la  »colonisation » arabe tels les Juifs, les Chrétiens Berbères (comme saint-Augustin)..Les musulmans, eux, n’ont aucune pitié pour les non-musulmans  »nés en Algérie » (qu’ils ont chassés de leur pays natal)….mais nous devons,en France, être pleins d’indulgence pour les délinquants musulmans  »nés en France »..

  • Tite

    Le grand historien espagnol Bartolomé BENNASSAR, a écrit sur le sujet… Il disait :  » Comment peut-on imaginer qu’une bande de bédouins se chauffant avec la crotte de leurs chameaux, ait pu coloniser l’Andalousie et produire de si grandes œuvres ? ». La réponse (raccourcie) est d’une part, le cheval de Troie constitué d’une partie de la communauté espagnole de confession juive opposée aux souverains catholiques, et d’autre part, la prise des églises pour les transformer en mosquées… Tout le reste est légende.