Derc’hen, le prénom breton refusé par l’État français

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Les prénoms bretons ne sont toujours pas les bienvenus auprès de l’état civil français. Un couple de jeunes parents en a fait l’expérience à Rennes. Le prénom de leur fils, Derc’hen, a été refusé.

Derc’hen apostrophe la loi

Alors qu’ils ont appelé leur garçon Derc’hen, un couple a déchanté lors de l’inscription de ce dernier à l’état civil de la mairie de Rennes. Les services de l’état civil en question ont en effet refusé le prénom du nouveau-né. Pour une raison qui prêterait à sourire si elle n’était pas un sérieux affront à la langue bretonne. C’est en effet la présence de l’apostrophe de Derc’hen qui bloquerait toute la machine administrative française.

Il est tout de même utile de rappeler qu’en breton, la lettre « C’H » est régulièrement utilisée et se retrouve dans bien des noms de lieux ou de famille. Ainsi, Penmarc’h, l’Aber-Wrac’h ou l’ancienne gloire du football breton Stéphane Guivarc’h n’ont, semble-t-il, jamais entravé le bon fonctionnement des services de l’État. Sans parler bien sûr d’Armel Le Cléac’h, le célébrissime navigateur breton…

Une circulaire de… 2014 !

Alors pourquoi ce déni administratif digne de la Troisième République et des heures les plus sombres du jacobinisme ? La faute revient à une circulaire, datant non pas de Raymond Poincaré mais bien du 23 juillet 2014. Ce texte érige ainsi la liste des signes diacritiques que l’état civil peut autoriser. Et l’apostrophe n’en fait pas partie.

Alors que le petit Derc’hen (qui signifie « fils du chêne ») est né au mois d’août 2017, ses parents l’ont inscrit pour l’instant sous le prénom de Derchen. L’apostrophe en moins en attendant les recours. Le couple a ainsi demandé de l’aide à l’association Skoazell Vreizh (Secours breton) afin de faire pression sur les services de la mairie de Rennes. Mais cette dernière, impuissante, n’a pu que confirmer la stricte application de la circulaire.

Précisons au passage que ce texte de 2014 avait été validé par l’Académie Française. Laquelle n’a manifestement pas pris en compte les subtilités de la langue bretonne.

Le précédent Fañch

Cette affaire intervient alors qu’un cas similaire avait déjà fait grand bruit il y a quelques mois. Cette fois-ci, c’était l’état civil de la mairie de Quimper qui se heurtait à la même circulaire de juillet 2014. Des parents souhaitaient alors prénommer leur fils Fañch. Le tilde fait lui aussi partie des signes exclus par la nouvelle législation.

Pour rappel, alors que la mairie de Quimper avait décidé de passer outre face à la mobilisation et de valider l’orthographe de Fañch, le procureur de la République ne l’avait pas entendu ainsi. Ni le tribunal de grande instance de Quimper qui avait confirmé la décision du procureur et rejeté la demande des parents. L’affaire va être portée en appel.

Basques et Catalans

Les prénoms bretons ne sont pas les seuls impactés par le texte de 2014. Au Pays Basque, c’est une petite Aña qui a connu des déboires similaires à la mairie de Bayonne en 2011. Là-bas, les prénoms à tilde ne manquent pas et sont confrontés aux mêmes obstacles que les Bretons. Aloña, Begoña, Beñat, Eñaut, ou encore Iñaki n’ont pas, eux non plus, retenu l’attention de l’Académie française.

Une rigueur administrative à laquelle sont aussi soumis des parents catalans puisque certains prénoms de chez eux comportent un tilde.

Dans le même temps, les services de l’État ne trouvent rien à redire lorsqu’il s’agit d’enregistrer des Boghosse, Clitorine ou Euthanasia. Cherchez l’erreur !

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Thermidorimage)
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7 Commentaires

  1. Extrait d’un article de Fdesouche expliquant la folie des autorités, lesquelles se torchent avec les traditions et la culture Bretonne, mais font tout, pour faciliter le « vivre ensemble » !
    Continuez à voter pour ceux qui se foutent de vous, ils adorent !
    Extrait :

    la même ville de Rennes a accepté plusieurs prénoms comprenant une
    apostrophe, et ce après l’entrée en vigueur de la circulaire de 2014:
    N’Guessan et Chem’s, en 2015, D’jessy en 2016, N’néné et Tu’iuvea en
    2017. Quatre appellations d’origine africaine et polynésienne, en
    l’occurrence. La situation est donc ubuesque. Sur le sol breton, des
    prénoms d’origine étrangère seraient donc admis tandis que des
    appellations traditionnelles seraient refusées. On marche évidemment sur
    la tête.

    (…) Gênée, la municipalité de Rennes a depuis avancé un autre
    argument, encore plus surréaliste. « Les officiers de l’état-civil ont
    en effet accepté des prénoms contenant une apostrophe, car ils ont
    considéré que, dans ces cas précis, l’apostrophe ne changeait pas la
    prononciation du prénom. Alors qu’en Breton, le C’h change la
    prononciation. » Inventant ainsi un « délit de sonorité » qui n’existe
    dans aucun texte officiel. (…)

  2. Un énorme scandale. En résumé : préférence étrangère et rien d’autre … Est-ce si surprenant dans cette ville qui a voté à 90% pour Macron ?

  3. Ne pas se voiler la face, il y a des gens, fonctionnaires ou pas, en Bretagne, qui, lorsqu’ils ont un petit pouvoir, font tout pour emmerder les breizhous/fachos qu’ils détestent. Par ailleurs, ces breizhous/fachos ont très possiblement manifesté contre Le Pen et contre « les extrêmes » … Mais ça ne compte pas; le terroir, les racines, c’est l’abomination, ça pue définitivement !

  4. Vous êtes dans la même situation que nous en Kabylie, avec le gouvernement central qui nous oblige (enfin qui voudrait bien) à parler arabe et à adopter des prénoms arabes. Peut-être qu’un futur gouvernement Français en fera autant, au train où vont les choses…

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