Les élections européennes de mai 2019 ne ressembleront pas à celles de mai 2014 ; on change la règle du jeu. Et tout particulièrement le périmètre. La Bretagne était alors une composante d’une circonscription dénommée « Ouest » (Bretagne 4 + Pays de la Loire + Poitou Charentes).

Les neuf sièges à pourvoir étaient revenus à l’UMP (3), au PS- PRG (2), à EELV (2), au FN (2) et à l’UDI – Modem (1).

Deux Bretons furent reconduits au Parlement européen : Isabelle Thomas (PS) et Alain Cadec (UMP). Deux listes essentiellement bretonnes participaient à la compétition : «Nous te ferons Europe !» conduite par Christian Troadec (83 173 voix, 3,05%) et « La Bretagne pour une Europe sociale » (UDB) conduite par Christian Guyonvarc’h (27 435 voix, 1,01%).

En 2019, des listes nationales vont donc s’affronter, au lieu de listes régionales, en conservant le scrutin proportionnel. Ce sera l’occasion pour Emmanuel Macron de poursuivre son travail de fracturation de la droite et de la gauche ; « il peut espérer rassembler sur une même liste tous les partisans de l’Europe, du centre, de droite ou de gauche. Et accentuer ainsi la recomposition politique à l’œuvre depuis le printemps » (Le Monde, mercredi 6 décembre 2017).

Guillaume Tabard explique avec clarté la stratégie de l’Élysée : « L’ambition d’Emmanuel Macron est de prendre la tête d’une grande campagne pro-européenne. Autrement dit, de nationaliser le scrutin. Et à enjeu national, listes nationales. Pour la République en marche, l’intérêt électoral est évident. Même si sa victoire aux législatives lui assure une large couverture du territoire, sa jeunesse le prive d’un ancrage suffisant pour des campagnes locales, alors que la « marque » Macron est la meilleure affiche pour une campagne nationale ».

Surtout, le chef de l’État s’identifie à une ligne résolument pro-européenne et même fédérale, telle qu’il l’a développée dans son discours du 26 septembre à la Sorbonne. Lui qui prétend avoir cassé le clivage gauche-droite veut instaurer un nouveau clivage entre « l’ouverture » et « le repli » dont la question européenne serait la meilleure illustration. Chez les experts électoraux de l’exécutif, on assure vouloir faire des prochaines élections européennes un choc frontal entre « pro et anti-européennes ». Un choc entre deux discours tranchés, l’un incarné par le président de la République et l’autre porté conjointement et symétriquement par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. » (Le Figaro, jeudi 9 novembre 2017).

« Si Emmanuel Macron souhaite remplacer le clivage « gauche – droite » par une nouvelle frontière « progressistes – conservateurs », Alain Juppé, maire de Bordeaux, semble se retrouver dans cette recomposition de la vie politique. « La question est de savoir qui en prendra le leadership », s’interroge l’ancien Premier ministre » (Le Figaro, lundi 13 novembre 2017).  Peut-être est-il prêt à se dévouer pour prendre la tête de la liste macroniste !

Un récent sondage IFOP montre que si les élections européennes se déroulaient en ce moment, la liste LREM – MoDem arriverait en tête (26%), suivie par celle du FN (17%) puis par celle de la France insoumise (14%). Les Républicains se contenteraient d’un modeste 12% et le PS d’un petit 8% » (Le Figaro, lundi 18 décembre 2017).

Autant dire que Isabelle Thomas ne pourrait être réélue qu’en figurant dans les toutes premières places sur la liste socialiste. Tandis  que Alain Cadec, victime de la loi sur le cumul, ne pourra pas prendre le départ puisqu’il est président du conseil départemental des Côtes-d’Armor. Chez Macron, on appelle cela le « renouvellement ».

L’examen du projet de loi relatif à la modification des règles concernant les élections européennes débutera le mardi 13 février (séance de 16 heures) à l’Assemblée nationale. Le rapporteur en sera le Normand Alain Tourret (LREM, ancien radical de gauche), député de Vire, membre de la commission des lois.

Bernard Morvan

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4 Commentaires

  1. À noter que de toute manière, Isabelle Thomas a quitté le PS pour rejoindre Génération.s, donc elle ne pourrait figurer, sauf union surprise, sur une liste PS ou « avec le PS ». En revanche, elle a des grosses chances de figurer dans les têtes de la liste de Génération.s (qui est en train de constituer une alliance trans-européenne progressiste et fédéraliste avec Diem25 entre autres), avec Guillaume Balas. Donc ce n’est pas forcément une fin de partie pour elle!

    • Bien dommage que ce ne soit pas une fin de partie pour cette ***. Marre des opportunistes qui ne vivent que de la destruction du pays. Ces prétendus « progressistes » (!!!) sont des saboteurs. On leur doit cette invasion migratoire qui est la fin de l’Europe civilisée.

      Au lieu de penser à leur petits intérêts individuels minables ou à obéir à la propagande européiste comme c’est le cas avec cette aberration monétaire qu’est l’euro, les électeurs européens devraient plutôt penser à l’intérêt collectif. Car à quoi bon voter pour ces « progressistes » si c’est pour voir l’Europe occupée par la racaille ?

      Cette invasion migratoire est l’application de ce qu’écrivait Brecht :  » Si le peuple vote mal, il faut changer le peuple ». Faute d’électeurs, les européistes pervers vont les chercher dans l’immigration extra-européenne prête à voter n’importe quoi pourvu qu’elle vive aux crochets des Européens.

      • Avant d’affirmer de manière aussi péremptoire, il faut se documenter. L’ « invasion migratoire » que vous dénoncez n’est pas le fait du moindre parti de gauche.
        Pour information, les portes de l’immigration de masse ont été ouvertes par un certain Georges Pompidou, et pas du tout sous la demande des « gauchos humanistes » (sinon ça ne se serait jamais fait) mais sous la demande de notre brillant patronat français, qui voulait un afflux de miséreux corvéables et une pression à la baisse sur les salaires. D’ailleurs, on retrouve encore aujourd’hui ces positions, avec encore il n’y a pas longtemps Laurence Parisot qui s’opposait aux décrets migratoires de Nicolas Sarkozy.

  2. J’imagine que dans le projet de loi de modification des règles électorales, les députés « En Marche » ne vont pas se gêner pour voter une prime au vainqueur (puisque le score de LREM, même arrivé en tête, ne dépasse pas celui des Insoumis + du FN).

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