Que recouvre réellement la rénovation énergétique ? Si elle est fréquemment proposée aux particuliers, les arnaques en la matière sont nombreuses. Petit tour d’horizon.

Méthodes peu scrupuleuses

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a mené son enquête sur le sujet. Et les conclusions sont peu reluisantes quant aux méthodes utilisées par les sociétés de rénovation énergétique. Ces dernières n’hésiteraient pas à faire de la vente forcée, notamment via le démarchage téléphonique ou à domicile.

Les vendeurs n’ont aucun scrupule et ne sont pas spécialement portés sur la déontologie. Ainsi, près de 8 % des personnes dupées sont considérées comme particulièrement vulnérables. Il s’agit notamment de personnes âgées.

Quant aux méthodes frauduleuses recensées, elles sont plus ou moins inventives. Certains démarcheurs se font ainsi passer pour des mandataires de la mairie et menacent d’une amende en cas de refus de rénovation. D’autre part, de faux documents ont aussi été dénoncés. Présentés aux clients comme une évaluation énergétique, le signataire se retrouve finalement avec un bon de commande à sa charge. De même, les escrocs réclament parfois des acomptes aux consommateurs crédules, ne respectant pas le délai de rétractation de 14 jours.

Les litiges se multiplient

L’enquête révèle par ailleurs que le démarchage proposant cette rénovation énergétique du domicile a concerné plus d’un consommateur sur trois en 2017. Voilà qui expliquerait en partie les quelques 17,3 millions d’euros de préjudices subis depuis 2007 par les personnes ayant été victimes d’arnaques lors de ces rénovations. Les enquêteurs estiment à 2 000 euros en moyenne les préjudices par dossier.

Plus inquiétant, le nombre de litige a fortement augmenté au cours de l’année 2017. Une année qui représente à elle seule 21 % du montant total des préjudices depuis 2007 avec 3,7 millions d’euros versés à des sociétés malhonnêtes par les acheteurs.

La loi Hamon de 2014 avait pourtant freiné un temps ces pratiques en protégeant davantage les consommateurs. Mais l’arrivée du crédit d’impôt pour la transition énergétique a relancé les appétits des vendeurs. De plus, les banquiers accordant les dossiers de crédit sont généralement peu regardant sur les méthodes des sociétés de rénovation énergétique. Un point que nous avions déjà abordé il y a plusieurs mois. Notons que les travaux se chiffrent en moyenne à 20 000 euros.

Tandis que l’État veut diminuer la consommation énergétique des habitations de 38 % avant 2020, il va devoir avant tout rassurer les consommateurs.

Crédit photo : Pixabay.com (CCO/Geralt)
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