Union des droites : Robert Ménard lance « l’appel d’Angers »

Ce mardi 27 mars, à Angers, le cercle « Anjou conférences », animé par Madame Barbara Mazières, organisait une table ronde sur le thème « L’union des droites est-elle possible et souhaitable ? ». La salle Daviers, sous la protection de la police, était comble pour accueillir les participants.

Ils étaient nombreux à s’être déplacés pour en débattre sous la conduite de Guillaume de Thieulloy, responsable du site Le Salon beige , et Guillaume Bernard, historien et politologue. Outre les deux députés Marie France Lorho et Emmanuelle Ménard, étaient présents à la tribune Pascal Gannat, vice-président du groupe FN-RBM au conseil régional des Pays de la Loire, Robert Ménard, le maire de Béziers, Karim Ouchikh, président du SIEL, Jean Frédéric Poisson, ancien député et président du Parti chrétien-démocrate. Thierry Mariani, LR, ancien député et ancien ministre des Transports, interviendra sur enregistrement vidéo.

Les animateurs avaient préparé plusieurs questions :

  • Faut-il faire l’union des droites et pourquoi?
  • Avec qui ?
  • Comment?
  • Quelles mesures seraient susceptibles de constituer une plateforme commune?

Tous les participants exprimeront leur accord sur la nécessité de faire cette union des droites. Elle ne devra fermer la porte à personne,  » sauf aux racistes et  antisémites  » précisera K. Ouchikh. Thierry Mariani confirmera qu’ « il faut sortir du cordon sanitaire imposé par la gauche « . Jean-Frédéric Poisson donnera en modèle la démarche de François Mitterrand avec le programme commun entre le PS, le MRG et le PCF. Malgré des divergences entre eux beaucoup plus importantes que celles qui séparent les partis de droite, ils remporteront ensemble la présidentielle et les législatives de 1981. Une telle union sera donc la condition incontournable pour gagner les élections après les défaites aux présidentielles de 2012 et 2017. Sans elle, Emmanuel Macron sera réélu en 2022.

Des divergences vont apparaître sur la façon de procéder. En particulier,  Emmanuelle Ménard, son mari et Marie France Lorho sont très réservés sur le rôle des partis politiques traditionnels. Ils pensent  » qu’Emmanuel Macron les a ringardisés « . Robert Ménard affirmera même qu’ « ‘il faut les faire exploser « . Au contraire Jean Frédéric Poisson pense qu’il ne faut pas les enterrer trop vite. Ils ont encore de nombreux élus locaux et nationaux qui leur assurent une permanence. De plus, avec K. Ouchikh, il considère que les partis sont  » le meilleur levier d’expression politique même s’ils doivent changer leurs méthodes. » Pascal Gannat explique cette faiblesse « par un fonctionnement peu démocratique et un absence de vrais débats dans ces partis traditionnels. »

Tous se retrouvent cependant sur un préalable, ardemment défendu par R. Ménard. L’union doit commencer à la base par l’implication  de la société civile à travers associations, syndicats, fondations, « think tank », municipalités. Pour P. Gannat, ceci passe par un engagement réel, durable et un travail des gens de droite, qui leur prendra du temps sur  leurs activités familiales et professionnelles. Pour lui,  » il faut réveiller le peuple de droite de son égoïsme et de son matérialisme « .

Ils sont également d’accord sur l’absence à ce jour d’un leader national, capable d’incarner cette union.

Pour réussir cette opération, il faut aussi analyser les causes des échecs et comprendre les raisons de ceux qui ne votent pas pour nous alors qu’ils partagent nos valeurs. En premier, il faut sortir des explications par les boucs émissaires. Ainsi, l’Union Européenne et l’Euro ne sont pas responsables de tout. Au contraire, c’est en proposant une plateforme crédible que nos compatriotes seront rassurés sur notre capacité à diriger la France et nous soutiendront.

Pour celle-ci, cinq domaines prioritaires sont retenus par Thierry Mariani :

  • la maîtrise de l’immigration et,  donc, de nos frontières,
  • le rétablissement de la sécurité pour tous,
  • la lutte contre l’islamisation,
  • le retour d’une politique étrangère indépendante des américains,
  • une justice qui applique les lois selon la direction indiquée par l’Etat.

Tous les intervenants l’approuvent mais certains la complètent. K. Ouchikh demande de reprendre  » le travail réalisé depuis octobre par les amoureux de la France « . Pour lui, la souveraineté et le respect de notre identité historique sont la clef de tout.  E. Ménard insiste sur l’importance de défendre les libertés d’expression, de conscience, d’enseignement. De plus, devant la démission de beaucoup de familles, elle pense que le rôle de l’école dans l’éducation doit être renforcé. Jean Frédéric Poisson dit que son engagement repose sur l’article 2 des statuts du PCD :  » respect de la dignité humaine de la conception à la mort naturelle « . Cela doit se traduire dans la politique pour les familles, les handicapés, les prisons, le social, ce qui veut dire  » des conditions de vie décente pour tous « . Il précise cependant qu’il est conscient qu’il ne peut imposer cela qui bloquerait la possibilité d’un accord.

En une sorte de conclusion, Robert Ménard se félicite de cette unanimité des participants sur les points essentiels. Sur cette base, il faut  » commencer avec les gens d’ici une structure qui nous regroupe « ,  » se concentrer sur les idées communes « ,  » prévoir une autre réunion « . K. Ouchikh rajoute :  » Faisons déjà la petite alliance, un accord pragmatique. Lançons un processus, les Etat généraux des droites « .

 » Ce sera l’appel d’Angers « 

La réunion se terminera par un hommage à l’héroïsme du lieutenant-colonel Beltrame, un symbole et un modèle pour la France que souhaitent les intervenants.

THM

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

1 COMMENTAIRE

Comments are closed.