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Les ministres de la défense de sept pays d’Europe centrale se sont rencontrés à Budapest dans le cadre de la Coopération de Défense d’Europe Centrale. Les sept pays se préparent à un nouvel afflux migratoire qu’ils comptent gérer ensemble, et certains se réarment.
La Hongrie n’assume pas seulement la présidence tournante du Groupe de Visegrád mais également celle de la Coopération de Défense d’Europe centrale (CEDC). Son objectif principal pour cette année de travail est de rapprocher les deux organisations. À ce titre la Pologne a été conviée en tant qu’observateur pour la réunion de Budapest de la CEDC de fin mars.
Les ministres de la défense de Hongrie, Autriche, Slovaquie, Tchéquie, Slovénie, Croatie et de Pologne ont déclaré qu’ils avaient développé un plan d’action conjointe pour “s’aider rapidement et efficacement en cas de problème”. Les 7 ministres de la défense se sont entendu sur le risque de subir une nouvelle vague migratoire semblable à celle de l’été 2015. La Hongrie a proposé d’accueillir un exercice conjoint des armées des sept pays en 2019, pour entraîner la coordination dans la gestion d’une crise migratoire – un tel exercice avait été réalisé en 2017 en Croatie.
“La crise migratoire n’est pas terminée,” a rappelé le ministre autrichien, parlant au nom de ses homologues. Le danger du terrorisme et l’importance de préserver l’espace Schengen. Cette coopération revêt une importance particulière pour tous ces pays opposés à l’immigration massive et incontrôlée. “Nous avons une voix tous ensemble,” a déclaré le ministre tchèque de la défense Marla Slechtov.
Les sept ministres se sont également exprimés sur la situation dans les Balkans occidentaux qu’ils jugent préoccupante, et estiment qu’il faut, en employant tous les moyens à leur disposition – dont les outils de l’UE et de l’OTAN – pour préserver la stabilité de la région. Toutefois, ils ont insisté sur la nécessité d’inclure les plus importants politiciens et les ministres de la défense des pays des Balkans occidentaux dans les procédures.
Le vice-ministre de la défense de Pologne a également rappelé qu’il était important de se concentrer sur certaines zones d’émigration à aider et qu’il fallait régler le problème de l’immigration à la racine, tout en aidant entre temps les pays qui subissent l’immigration.

Le V4 s’arme
La Pologne vient de signer le plus gros contrat d’achat d’armement depuis le changement de régime. Le pays se dote de missiles patriots (système anti-missiles américain) pour 4,75 milliards de dollars US. Elle est en parallèle un des rares pays à respecter l’engagement des membres de l’OTAN à dépenser 2% de leur PIB à la défense ; et ce n’est pas tout : en Pologne, cette proportion va s’accroître pour atteindre 2,20% en 2020 et 2,5% en 2030. Cela permet à la Pologne d’apporter une réponse au déploiement de missiles Iskander russes dans l’enclave de Kaliningrad, mais également de renforcer son poids au sein de l’OTAN. La visite du Président Trump à Varsovie l’an dernier avait été un signe fort de la reconnaissance apportée à la Pologne par les États-Unis.
Lors de la réunion de Budapest du CEDC, les ministres de la défense de Hongrie et de Tchéquie ont également annoncé que certains armes de guerre et de poing seraient bientôt produites en Hongrie. Les accords sur les licences vont permettre à la Hongrie de produire 200.000 armes à feu sur dix ans pour une valeur de 100 millions d’euros, créant 200 emplois durables et permettant à la Hongrie d’équiper son armée de matériel dernier cri. Les ministres de la défense du Groupe de Visegrád ont rappelé vouloir favoriser les achats d’armement auprès des autres membres du groupe et cette annonce vient concrétiser la stratégie de coopération en terme d’industrie de l’armement dans la région.
Le ministre hongrois de la Défense, István Simicskó, a également annoncé la semaine passée la volonté de la Hongrie de renforcer drastiquement son armée, notamment en atteignant 20.000 réservistes et 30.000 militaires d’active. La Hongrie a pour le moment 6.600 réservistes, dont 1.600 recrutés depuis l’été dernier.
Pour conclure la cérémonie de prestation de serment de 700 nouveaux volontaires de la réserve, le ministre hongrois de la défense a expliqué que l’Union européenne était dans une “crise spirituelle” et que beaucoup se détournaient de la foi, ce qui selon lui met la civilisation occidentale en danger. Mais pour le ministre, la Hongrie est attachée aux valeurs chrétiennes de l’Europe.
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