Ouest-France, qui se targue de donner une information « précise, complète, honnête, respectueuse de la vérité et des personnes » (François-Régis Hutin),  veut-il faire fermer l’Alvarium à Angers ? C’est la question qu’on peut se poser eu égard au nombre très important d’articles – tous à charge – au sujet du local géré par l’association sociale et identitaire.

Dernier article en date, publié le 28 mai, intitulé « Angers : les voisins du bar l’Alvarium sont à bout de nerfs », un reportage, constitué de nombreux témoignages anonymes, décrivant le climat de tension et d’insécurité qui règnerait autour du local. « De la tension il y en a », nous dit un voisin de ces jeunes qui se font connaitre à Angers essentiellement en organisant des distributions de nourritures et de couvertures aux SDF présents dans la cité angevine. « Mais les responsables ce sont ceux qui viennent taguer et casser le local et les lieux d’habitation autour. On se demande pourquoi la police n’intervient pas. Ces jeunes dans le local ne font rien de mal, même si je ne partage pas leurs idées ».

Comment expliquer dès lors la dizaine d’articles à charge rédigés par les journalistes d’Ouest-France ? Les titres parlent d’eux-même :

Angers. Les étroites voies légales pour déloger le bar l’Alvarium dans lequel les journalistes recensent, un peu comme le feraient des militants antifascistes, les moyens de parvenir à la fermeture du local. Et mentent explicitement lorsqu’ils disent : « L’Alvarium avait reçu un avertissement pour tapage (qui peut être constaté de l’extérieur) peu après son ouverture. Au moins deux PV assortis d’amendes ont été dressés pour ce motif.». Contactés par nos soins, les responsables de l’Alvarium  nous déclarent en effet ne jamais avoir eu d’amendes.

Angers. Nouvel incident enregistré au bar d’extrême-droite l’Alvarium, un article au titre mensonger, laissant entendre que les militants de l’Alvarium seraient responsables d’un incident alors que leurs locaux ont en réalité été attaqués par des militants antifascistes.

De nouvelles dégradations à l’Alvarium qui évoque encore des dégradations commises par l’extrême gauche mais qui pointe du doigt l’existence même du local.

Quand l’Alvarium continue de faire débat

Angers. La façade de l’Alvarium taguée à la peinture rouge

Le bar associatif l’Alvarium tagué une nouvelle fois

Angers. Le bar associatif d’extrême droite tagué pour la troisième fois

Passe d’arme entre Christophe Béchu et un membre de l’Alvarium dans lequel les journalistes écrivent « en toute neutralité » que « Jean-Eudes Ganat, le porte-parole de l’Alvarium, a présenté une version angélique de l’établissement controversé. Il s’est plaint des tags et autres jets de peinture et a assuré, sans sourciller, que le bar permettait de collecter des fonds pour les plus démunis.»

Angers. La légalité du bar d’extrême-droite en question

Angers. Les opposants au bar identitaire manifestent devant la mairie

Angers. Bar identitaire : le Réseau angevin antifasciste mène la lutte

INFO OUEST-FRANCE. À la fac d’Angers, des étudiants menacés par l’extrême droite . En réalité, des membres d’un groupe étudiant de droite, parmi lesquels des membres de l’Alvarium, venus tenter de porter la contradiction dans des assemblées générales étudiantes où les militants de droite sont habituellement menacés physiquement.

A aucun moment dans ces articles, le rédacteur en chef local Emeric Evain, tout comme ses confrères Maxime Huteau et Josué Jean-Bart, n’interrogent les principaux acteurs concernés, c’est à dire les membres de l’Alvarium. Ils n’ont d’ailleurs JAMAIS, semble-t-il, cherché à les contacter, ce qui révèle une curieuse conception du travail journalistique. A un militant qui se proposait de leur communiquer les coordonnées du responsable, M. Gannat, ces derniers auraient répondu que « ce n’était pas la peine » alors qu’ils prenaient des photos du local concerné.

Il est vrai qu’un tour sur le compte twitter de Josué Jean Bart permet de situer qu’outre le fait d’être journaliste, ce dernier est un militant de gauche assumé. A propos du débat sur la représentante voilée de l’UNEF :

Josué Jean Bart – qui avait fait condamner un portier de boîte de nuit en 1999 pour discrimination tandis que SOS Racisme était partie civile – est par ailleurs reconnu, y compris par certains de ses confrères locaux, pour avoir un certain parti pris et une détestation profonde de tout ce qu’il assimile « à l’extrême droite ».

Par ailleurs, inutile de chercher dans Ouest-France des articles sur les dégradations commises devant les habitations de membres de l’Alvarium et de leurs familles – des courageux allant même jusqu’à taguer un cimetière familial – il n’y en a pas.

Pour la déontologie et le travail de journaliste, on repassera. En attendant, la succession d’articles du journal Ouest-France, qui relaie chacune des initiatives et des plaintes d’une mouvance antifasciste qui ne représente pourtant que quelques dizaines d’individus sur la ville d’Angers, pourrait amener les autorités à faire fermer le local pour des motifs de risque de trouble à l’ordre public. Ce qui est sans doute le but recherché.

Du côté des responsables de l’Alvarium, fermeture ou pas, le travail mené par les militants continuera, comme ils l’indiquent sur leur page Facebook :

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