Matteo Salvini

Le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini a fait savoir qu’il refusait les aides financières proposées par l’Union européenne pour accueillir des migrants.

L’UE tente de monnayer

Le bras de fer entre l’Union européenne et Matteo Salvini connait donc un nouvel épisode. Le 24 juillet dernier, la Commission européenne s’est adressée aux États membres pour les inviter à mettre en place des centres de contrôle sur leur territoire afin d’étudier les dossiers des demandeurs d’asile.

Des centres dont la construction serait financée en contrepartie par des aides de l’Union européenne afin de prendre en charge certains coûts d’infrastructure et de fonctionnement.

Salvini refuse « l’aumône »

Face aux critiques de plus en plus vives de cette immigration institutionalisée au sein des sociétés européennes, l’UE a décidé de mettre la main au porte-monnaie pour mieux faire accepter ses projets.

C’est ainsi que cette même Union européenne a proposé aux États qui accepteraient de réaliser ces centres une aide de 6 000 euros pour chaque migrant accueilli dans ces lieux. Une incitation à laquelle Matteo Salvini a opposé une cinglante fin de non-recevoir lors d’une déclaration face à la presse italienne ce même 24 juillet : « Nous ne demandons pas de l’argent, nous demandons la dignité ».

Et d’ajouter : « S’ils [les membres de la Commission européenne] veulent donner de l’argent aux autres pays, qu’ils le fassent, mais l’Italie n’a pas besoin qu’on lui fasse l’aumône ». Voilà une position qui a le mérite d’être clair.

Qui va payer ?

Toutefois, Matteo Salvini a nuancé son approche, tordant alors le coup à la réputation d’homme politique « inhumain » qui lui est parfois faite. Rome va permettre aux bateaux ayant à leur bord des migrants « sauvés » des eaux d’accoster pendant cinq semaines dans les ports italiens. Le temps que l’UE élabore une nouvelle politique d’asile.

Quant aux fonds proposés par l’UE aux autres pays, ils proviendront d’une cagnotte de plusieurs « centaines de millions d’euros » qui sont destinés à traiter la question migratoire. Pour chaque centre de 500 migrants, la Commission estime que 150 agents de l’Agence européenne des frontières et des garde-côtes ainsi que 145 agents du Bureau européen d’appui en matière d’asile et 20 agents d’Europol assureront la sécurité. Les effectifs seraient également complétés par la mise à disposition de médecins, d’infirmières et d’autres membres du personnel médical.

En définitive, l’Union européenne ne lésine pas sur les moyens pour accueillir toujours plus de migrants alors qu’elle est bien frileuse sur d’autres sujets comme l’intelligence artificielle. Des dépenses qui, contrairement à l’immigration extra-européenne, seraient sources de valeur ajoutée !

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Lega Salvini Premier)
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