Le 24 juillet dernier, moins d’une semaine après son arrivée au quartier d’isolement, un détenu connu pour de nombreuses agressions contre le personnel pénitentiaire et fréquemment transféré de prison en prison est passé à l’acte en agressant violemment quatre agents qui étaient venus enlever un drap attaché aux barreaux de sa cellule.

« Face au refus d’obtempérer du détenu et après avoir sécurisé la cellule, le gradé est allé retirer le drap attaché à la fenêtre », explique le communiqué de FO-Pénitentiaire suite à l’agression. « C’est alors que ce ‘’sauvage’’ s’est rebellé. Ce dernier a arraché le bouclier qu’il a dégradé au passage tout en assénant de violents uppercuts à l’agent bouclier puis a continué à distribuer des coups de poing aux agents présents ». Finalement maîtrisé, le détenu a été conduit au quartier disciplinaire.

Entré en prison en 2004 avec une peine de 3 ans pour vol aggravé, Olibrius Koumba, âgé de 36 ans aujourd’hui, n’en est plus ressorti

« Alors qu’en janvier notre organisation syndicale suscitait les railleries de certains lorsque nos représentants nationaux demandaient des tasers pour les secteurs sensibles des établissements, on s’aperçoit aujourd’hui qu’on envoie des collègues au tapis alors que cela aurait pu être évité », relève le bureau local FO-Pénitentiaire.

Les quatre surveillants ont déposé plainte. Le prévenu était jugé début août. Entré en prison en 2004 avec une peine de 3 ans pour vol aggravé, Olibrius Koumba, âgé de 36 ans aujourd’hui, n’en est plus ressorti. « A chaque fois il agresse un ou plusieurs surveillants et reprend une peine ferme », relève un surveillant. Il a fréquenté 25 prisons différentes et devrait être transféré encore depuis Nantes.

« C’est bien connu, nous ne sommes que des coupables et on ne garde que des victimes », ironise un surveillant

Il s’est notamment signalé par une agression à l’arme blanche et pour avoir agressé un surveillant de Condé sur Noireau (61) à coups de stylo à hauteur de la carotide, puis lui avoir brisé la mâchoire d’un seul coup de poing le 7 février 2018 ; ce dernier venait de lui apporter sa commande de cigarettes et attendait qu’il signe le reçu. Il avait repris alors trois ans ferme. Constante aussi, Olibrius Koumba conteste systématiquement malgré des évidences accablantes : à Alençon il prétendait que les surveillants ont sauté sur son genou, à Nantes qu’il a été tabassé et s’est fait casser son pouce.

« C’est bien connu, nous ne sommes que des coupables et on ne garde que des victimes », ironise un surveillant pénitentiaire nantais. Olibrius Koumba reprend un an ferme pour l’agression des surveillants – le procureur en avait requis deux. « Ce qui lui fait une sortie en 2023 », résume le surveillant, « à moins qu’il n’agresse d’autres collègues, ailleurs… ce qui arrivera probablement ».

Louis-Benoît Greffe

Illustration :DR
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