C’est une petite révolution : Monsanto n’est plus inattaquable et montre quelques signes de faiblesse, aux Etats-Unis comme en France.

Un jardinier américain fait trembler Monsanto

Le combat est loin d’être gagné pour ses détracteurs. L’entreprise a de la ressource, du pouvoir et de l’argent. Cependant, le géant Monsanto a perdu deux fois de suite face à la justice, aux Etats-Unis d’abord, puis en France. En ligne de mire : le glyphosate présent dans le Roundup.

Le 10 août dernier, le tribunal de San Francisco, en Californie, a donné raison à Dewayne Johnson, un jardinier de 46 ans. Celui-ci estime que le RangerPro, version professionnelle du Roundup produit par Monsanto, était à l’origine de son cancer. La somme à verser en dédommagement est colossale : près de 290 millions de dollars !

Le glyphosate, le produit chimique à l’origine de la maladie selon la justice, est critiqué depuis de longues années. Malgré le verdict, Monsanto continue d’affirmer qu’il n’est pas nocif et a fait appel de la décision. Par cette démarche, le groupe international cherche à éviter que le jugement en sa défaveur fasse jurisprudence car des milliers de malades pourraient s’engouffrer dans la brèche et mettre le géant à genoux.

Pour autant, le glyphosate comme sa production par Monsanto ne sont toujours pas interdits. Le produit est d’ailleurs toujours très utilisé à travers le monde.

Le Roundup, produit phare de Monsanto

Le glyphosate vu de France

L’histoire de Dewayne Johnson n’est pas sans rappeler celle d’un Français, Paul François. S’il n’a pas touché des centaines de millions d’euros, il a en revanche déjà remporté deux procès face à Monsanto suite à une intoxication subie en 2004 par le biais du Lasso, un autre herbicide de la firme.
Cet homme a logiquement annoncé que la décision californienne allait l’inciter à poursuivre son combat. En effet, Monsanto a toujours refusé de payer les 50 000 euros qu’elle lui doit. Dans tous les cas, son combat dépasse le cadre financier.
Un autre agriculteur français, Jean-Claude Terlet, affirme que son cancer est également dû aux produis chimiques vendus par Monsanto. Il compte bien imiter son collègue.

Sur le terrain politique, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a applaudi la peine infligée. L’Union Européenne et ses représentants français avaient pourtant voté en faveur du renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour cinq ans il y a quelques mois. D’après l’ancien journaliste militant, une interdiction immédiate du produit comme des autres pesticides ne serait pas réaliste.

S’il n’est pas interdit, le glyphosate devient toutefois condamnable aux yeux de certains juges et pourrait bien être la victime d’une véritable révolution écologique.

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