Nous vivons dans un monde d’incertitudes, dans lequel nos décisions prises sur long terme sont toujours basées sur des informations incomplètes. Nous ne pouvons jamais prévoir avec une certitude exacte le résultat de nos choix.

Mais parce que nous devons agir avec un certain degré de confiance, nous excellons dans la duperie envers nous-même. Dans l’histoire les progrès de toutes sortes étaient lents, puisque les méthodes utilisées étaient efficaces à court terme et ceci jusqu’à l’invention de principes qui ont permis de découvrir et d’éliminer les erreurs que nous commettons. Ces deux principes sont la science et la démocratie.

Éliminer les erreurs pour progresser

Étonnamment, la science et la démocratie sont assez proches, puisqu’elles sont basées sur les mêmes principes. « La science est le scepticisme organisé dans la fiabilité d’avis d’expert » nous dit Richard Feynman. Il pourrait également appliquer cette maxime à la démocratie. Les scientifiques de tous temps commettent des erreurs, et progressent lorsque la lumière sur celles-ci est faite. Les principes d’une société démocratique reconnaissent que ceux dans les positions de pouvoir font également des erreurs malgré toute l’énergie et les efforts déployés. C’est pourquoi la liberté de presse, de parole, les droits accordés aux citoyens sont les moyens les plus adéquats pour les éradiquer.

S’appuyer sur des preuves irréfutables pour être crédible

La science et la démocratie partagent un ensemble commun de principes éthiques. Ainsi, si les décisionnaires peuvent appliquer un argument raisonnable et une preuve publiquement disponible pour aboutir à une conclusion, alors celle-ci est valable jusqu’à l ‘apport de nouveaux éléments d’informations ou découvertes. Or si ces personnes sont incapables de prendre une décision, il faut alors diversifier les avis sur la question, comme lors d’un référendum politique ou d’un colloque scientifique.

Les virus ont aussi leurs politiques de communication

D’un point de vue purement biologique, la propagation d’un virus, ou d’une conviction, politique notamment, se fait de manière analogue. Pour proliférer, un virus n’a pas besoin d’être bon ou mauvais, mais doit survivre au système immunitaire de ses hôtes et doit se transmettre d’un individu à l’autre. Le rhinovirus, par exemple utilise l’éternuement pour se propager. De même pour qu’une idée persiste, elle doit être ancrée dans l’esprit et transmise à travers un discours ou un événement social pour qu’elle puisse grandir et ainsi devenir populaire.

La majeure partie des principes d’une société stable et saine sont utilisés dans le domaine scientifique pour obtenir des résultats au plus proche du sans faute. Mais n’oublions pas que ce sont les plus grandes erreurs qui ont permis de fabuleuses découvertes. Comme l’oubli de la boîte de pétri d’Alexander Fleming qui a permis de découvrir la pénicilline, ou le mélange accidentel du caoutchouc et du soufre par un des employés Goodyear qui révolutionna le pneu.

Maxime DUBOIS

Crédit photo : Urban Isthmus
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