Sous la masse tranquille – et quasi millénaire – de l’église de Béré, la foire du même nom, du 7 au 10 septembre, au nord-ouest du centre de Châteaubriant, étalait tranquillement sa 969e édition, dont le thème central cette fois était la chasse et la pêche. La tradition aussi, avec les concours d’élevage, les démonstrateurs de foire, la fête foraine, les buvettes un peu partout et l’affluence – un peu plus importante que l’année dernière du fait d’un temps clément.

Sous le signe de la tradition – l’envoi de la Foire a été donné par trois chasseurs à courre avec leur cor, mais pas seulement. Ainsi, cette idée, qui a émergé il y a vingt ans, de raccompagner chez eux les personnes venues à la Foire et qui habitent dans un rayon de 25 km, pour leur éviter de prendre la route ivres. Ou cette présence sous le chapiteau des chasseurs d’un stand des Chasseresses de Loire-Atlantique – association créée en 2016 et qui revendique une trentaine de membres actifs sur les 14.000 chasseurs de Loire-Atlantique.

Tout près, un stand donne les papiers pour passer le permis – 400 le sont chaque année dans le département, mais n’équilibrent pas la diminution des chasseurs dans le département (-2% par an) malgré des territoires de chasse très intéressants (42 associations communales de chasse agréées, domaine public maritime, nombreux marais, Brière…) et un autre, situé à l’écart près des concours d’élevage présente l’activité des piégeurs agréés.

Sous le chapiteau encore, on trouve les pêcheurs, qui ont mis en place un simulateur de pêche. De quoi tester en conditions réelles le combat pour remonter un poisson. Ce n’est pas le tout de ferrer un gros brochet ou un black bass ! Juste à côté, un étang aménagé fourmille de perches, gardons, carpes bien nourries… et il y a même un brochet tapi dans le fond.

La foire de Béré est dominée par deux figures tutélaires, d’abord l’église romane Saint-Jean de Béré – qui accueille aussi une fois par mois des messes orthodoxes roumaines faites par un prêtre itinérant pour les ouvriers de Castel Viandes, les icones qui en témoignent sont consignées à la sacristie entre les messes – ainsi que, plus discrète, la très carrée chapelle des Ursulines (XVIIe) devenue garage Lada et encombrée par une montagne de pneus.

Tout contre les démonstrateurs et vendeurs de la foire – hors de beaux pruneaux d’Agen qui valent le détour, c’est surtout du textile ou comme souvent des produits « miracle », de l’ardoise magique au fouet universel en passant par la pince à retourner les saucisses vendus par des démonstrateurs plus cher qu’en ligne – se trouvent les nombreux stands des entreprises locales, des démonstrations équestres et même une foire aux véhicules d’occasion. Sans compter des dizaines de buvettes dont certaines appartiennent aux associations et aux clubs sportifs locaux.

Reconnue pour sa convivialité – parfois intéressée, comme celle de ce marchand de saucissons qui vous offre coup sur coup avant de vous entraîner vers son stand où il ne vend que par lots à 10 ou 29 euros –, mais aussi ses bénévoles joviaux, la foire de Béré reste un rendez-vous traditionnel du grand Castelbriantais… et permet de rappeler que Châteaubriant, une des capitales du machinisme agricole (Huard) et ville ducale avec sa forteresse encore bien conservée, n’était pas seulement une sous-préfecture un peu endormie – bien qu’à mi-chemin entre Nantes et Rennes – connue pour ses communautés turque et roumaine.

Louis-Benoît Greffe

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