Pierre Gressant (Territoires 44) sur l’accueil des migrants : « Un devoir d’humanité et de fraternité »

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Alors que les tentes de migrants s’accumulent en centre-ville de Nantes, et notamment Square Daviais, des élus locaux et ruraux appartenant à l’association Territoires 44 ont lancé un appel à tous les maires de Loire-Atlantique pour qu’ils « apportent leur contribution à la recherche de solutions concrètes ».

Territoires 44 rassemble des élus partageant « les mêmes valeurs de solidarité, d’humanisme et d’intégrité. Ils sont préoccupés par les fractures territoriales et les inégalités sociales qui nourrissent la perte de confiance et la montée des votes de repli, et considèrent les enjeux environnementaux comme essentiels. »

« On a pas demandé leur avis aux Amérindiens lorsque nous avons débarqué en Amérique »

Joint par téléphone, Pierre Gressant, animateur de ce réseau d’élus, principalement de gauche et du centre droit et par ailleurs collaborateur parlementaire de Ronan Dantec (EELV), nous explique la démarche :

« Tout d’abord, ce ne sont pas des migrants que nous proposons aux élus d’envisager d’accueillir dans leurs communes. Ce sont des réfugiés, ceux qui ont obtenu le statut de réfugiés, qui peuvent prétendre au RSA et qui ont la possibilité de travailler. Vous comprenez bien que les migrants qui n’ont pas encore ce statut, doivent être à Nantes puisque c’est là qu’il y a tous les centres administratifs ».

Pour M. Gressant et pour Territoires 44, il s’agit « de libérer des places à Nantes, et pour cela des communes sont prêtes à s’engager. Territoires 44 milite pour que la métropole ne tire pas pour elle toutes les richesses et que les territoires ruraux en bénéficient aussi, mais à l’inverse, lorsque la métropole se retrouve en difficulté, les territoires doivent prendre leur part ».

Mais tout cela ne va-t-il pas créer un nouvel appel d’air, alors que chaque semaine, des migrants venus d’Afrique débarquent à Nantes, sans doute appuyés par des réseaux associatifs et/ou de passeurs qui profitent de certains jeux politiques ? Pas pour Pierre Gressant, qui balaie l’argument d’un revers de la main :« Il y a moins de migrants à rentrer en Europe qu’en 2015. Dans tous les cas, nous avons un devoir d’humanité et de fraternité. Liberté, égalité, fraternité, c’est ce qui est écrit sur chaque mairie de France, c’est universel ».

Et les populations locales qui pourraient s’offusquer de ne pas être consultées ? « On a pas demandé leur avis aux Amérindiens lorsque nous avons débarqué en Amérique. Les Irlandais non plus. Je rappelle qu’avant d’être des migrants, ces gens sont des humains ». Pour lui, « la confrontation des cultures a donné la France, une belle réussite ».

Et de citer en exemple cette commune de Loire-Atlantique ayant accueilli une famille de réfugiés Irakiens dans un logement d’urgence : « Aujourd’hui, ils sont parfaitement intégrés. Dans 20 ou 25 ans qui nous dit que le fils de cette famille ne sera pas le maire de la commune ? ».

Pierre Gressant en est convaincu, « ce n’est pas notre appel qui règlera le problème des flux migratoires. Mais si on peut participer à la résolution de cette crise à Nantes, nous en serons heureux ».

Le Rassemblement national propose de renvoyer les migrants économiques chez eux

Cette envie d’accueillir des migrants dans les communes rurales n’est pour le moment partagé que par une minorité d’élus des 208 communes qui forment la Loire-Atlantique. Par ailleurs, d’autres responsables politiques, comme ceux du Rassemblement national, proposent d’autres solutions pour résoudre cette équation, au niveau local comme au niveau national :

« Depuis plusieurs mois, Nantes est envahie par des migrants de plus en plus nombreux, arrivés en Europe de manière illégale, et qui sont en réalité des clandestins illégaux, tentant par tous les moyens d’acquérir des papiers, prétextant fuir la guerre alors qu’ils viennent pour la grande majorité profiter de l’El Dorado français et des allocations généreuses du gouvernement français. Comme la réalité du quotidien de ces migrants diverge beaucoup de leur projet initial, il leur reste à vivre de manière indigne, dans des campements insalubres, comme c’est le cas à Nantes, au square Daviais.

Tous les partis politiques de Nantes et leurs représentants, de Johanna Roland à Laurence Garnier, de même que la préfète, se rejettent la faute, essayant ainsi de gagner des points pour les prochaines élections municipales. Valérie Oppelt et Aude Amadou (République en marche) ont même le culot de vouloir régulariser tous ces migrants ! Mais seul le Rassemblement national propose la seule et unique solution ; la plus juste, la plus réaliste, la seule digne : renvoyer les migrants économiques chez eux. S’occuper des Nantais, de leur sécurité et de la salubrité de notre ville, tel devrait être la devise des acteurs publics nantais. »

Deux conceptions de la société française, européenne, s’opposent donc, frontalement, entre ceux qui pourraient soutenir l’initiative de Territoires 44 et ceux qui se sentent plus proches des demandes du Rassemblement national. Cette opposition sur la question migratoire, qui se retrouve aujourd’hui dans toute l’Europe, sera sans aucun doute au cœur des débats lors des prochaine élections européennes. Celles-ci seront donc un référendum, à l’échelle européenne, sur cette question fondamentale. Enfin.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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