La municipalité socialiste de Nantes a changé son fusil d’épaule : après avoir toléré une semaine durant l’occupation du square Vertais sur l’île Beaulieu par 60 à 70 migrants Érythréens, elle souhaite maintenant les expulser… Ces migrants illégaux, qui ont rendez-vous à la préfecture le 6 novembre prochain pour déposer leur demande d’asile, doivent déguerpir dans la journée. Demain matin (le 26/10) les CRS viennent à huit heures les déloger.

En attendant, cinq ouvriers de Nantes Métropole protégés par dix vigiles appliquent la dernière idée « géniale » de la mairie de Nantes : mettre des gravats sous le viaduc du chemin de fer pour empêcher le campement de s’étendre. « On occupe l’espace public avec des gravats pour empêcher les migrants d’occuper l’espace public », commente un riverain. « En plus, ils n’ont pas mis de géotextile sous les plaques de bitume, on est dans un espace vert, donc la Métropole est dans l’illégalité », relève un autre, qui travaille par ailleurs dans… la réfection de voirie.

« On les laisse venir ici alors qu’on a six millions de chômeurs ».

Les ouvriers sont protégés par un nombre impressionnant de vigiles : « Ce matin, ils ont été agressés à deux reprises par les militants qui soutiennent les migrants », nous explique l’un d’eux. Un riverain commente : « on les laisse venir ici alors qu’on a six millions de chômeurs, ils jouent au foot toute la journée, si je joue au foot au lieu de travailler je n’ai ni retraite ni prestations sociales, je suis à la rue. Eux ils ont tout ce qu’il faut et des smartphones neufs et coûteux ».

« L’accueil des migrants à Nantes est minable »

Arrive sur ces entrefaites Mélina Chenu, une ancienne communicante de la ville de Nantes qui a cofondé un collectif d’aide aux migrants clandestins quand ils étaient square Daviais, les Bienveilleurs. « L’accueil des migrants à Nantes est minable, il y a plein d’argent qui va sur des projets inutiles comme l’Arbre aux Hérons [35 millions d’euros], Johanna Rolland n’est pas à la hauteur des enjeux, alors que ce sont des hommes à accueillir ». Elle affirme en avoir logé, « mais je n’ai qu’un salon et mon fils est atteint d’une maladie rare. Il faut que je me protège aussi », élude-t-elle.

Face à un riverain qui reste sceptique alors que les migrants square Vertais passent leurs journées à ne rien faire, elle lui dit tout de go « si vous êtes contre l’accueil des migrants, vous n’avez qu’à financer des chambres à gaz pour les mettre dedans ou les mettre à la Loire ». L’argumentation a du niveau… Quant aux riverains inquiets de l’arrivée massive de migrants dans le quartier Saint-Donatien, elle balaie : « dans ce quartier, il y a plein de cathos fachos d’extrême-droite, des abbés en soutane comme rue d’Allonville la chapelle du Christ Roi. Ce sont des discours réacs, l’accueil est nécessaire ». Bref, être facho ou être pour l’accueil inconditionnel des migrants, les militants pro-migrants, bobos ou d’extrême-gauche, vous laissent le choix.

Louis Moulin

Crédit photos : Breizh-info.com
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