Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 60 000 euros
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Les lecteurs de Breizh-info.com connaissent désormais bien l’éditeur Yoran Embanner, spécialisé dans l’édition d’ouvrages concernant la Bretagne, les celtes, et les patries charnelles notamment.
A quelques jours de Noël, cet éditeur se trouve en difficulté notamment à cause de ses diffuseurs. Nous avons interrogé le patron des éditions, Yoran Delacour, pour en savoir plus :
Breizh-info.com : Pouvez vous nous expliquer les soucis rencontrés par Yoran Embanner aujourd’hui ?
Yoran Delacour : Je suis obligé d’avoir plusieurs diffuseurs, j’en ai donc 1 en Belgique, 1 en Bretagne et 1 en Corse mais il m’en faut aussi 1 qui fasse tout l’Hexagone. J’avais un bon diffuseur, Rando-diffusion, c’était vraiment une bonne boîte mais manque de chance, ce diffuseur a été racheté par Ouest-France en 2012, qui a créé une nouvelle société: Cap-diffusion.
Je me suis donc retrouvé, malgré moi, dans l’escarcelle de Cap-diffusion. Là, c’est l’usine, l’éditeur breton n’est rien. Un signe, en 6 ans, je n’ai eu qu’une réunion avec l’équipe commerciale (contre 2/an avec Rando-diffusion). De déconvenues en déconvenues, j’en suis venu à quitter Cap-diffusion le 30/09/18.
Le stock de mes livres qui était chez l’ancien distributeur, est parti chez le nouveau, soit 14 palettes et 5 colis et Cap-diffusion m’a facturé 3217,20 € le service, uniquement pour avoir mis des livres sur palettes. Donc sans compter le prix du transport. On peut quitter Ouest-France, certes mais on le paye cher !
Breizh-info.com : Comment se passe la diffusion des livres traditionnellement ?
Yoran Delacour : Je confie mes livres aux diffuseurs, ceux-ci ont des représentants qui visitent les clients, présentent les nouveautés à venir etc.. le diffuseur m’envoie tous les mois un relevé de ce qu’il a vendu, j’établis donc un facture et suis payé à 30 jours fin de mois.
Breizh-info.com : A quelques semaines de Noël, vous lancez un appel à soutien, pourquoi ?
Yoran Delacour : Pour le moment, je ne suis pas à découvert mais avec les factures que j’ai à payer en fin de mois, je ne sais pas comment faire, c’est pourquoi j’invite ceux qui apprécient mes éditions à faire leurs cadeaux de Noël sur mon site. Il faut dire que sur mon site, je marge bien (quand je facture le diffuseur, c’est avec une remise de 55%), c’est donc une façon de m’en tirer, j’ai confiance.
Breizh-info.com : Quels sont les livres qui doivent sortir prochainement ? Comment déterminez vous les livres que vous souhaitez éditer ?
Yoran Delacour : Pour cette fin d’année, fini, je ne sors plus rien mais j’ai plein de projets pour 2019 : Histoires de la Catalogne, du Kurdistan, de l’Occitanie etc .. Légendes d’Alsace, de Flandre, de Savoie, des Pays celtiques etc .. un livre de Yann-Fañch Kemener sur la sorcellerie en Bretagne, un autre de Venceslas Kruta sur les symboles des Celtes etc ..
Ma ligne éditoriale : l’Histoire, surtout celles des nations sans état, le patrimoine breton et les dictionnaires de langues peu parlées. On m’envoie beaucoup de manuscrits, peu me concernent. Je décide aussi de publier un livre sur un sujet qui m’intéresse, dans ce cas, à moi de dénicher l’auteur.
Breizh-info.com : Vous êtes un éditeur militant; Votre opinion sur les gilets jaunes ?
Yoran Delacour : D’une façon naturelle, j’ai tendance à soutenir les rebelles, ce sont eux qui font avancer l’Histoire, pas les soumis.
Ceci dit, les gilets jaunes dénoncent l’Etat parisien centraliste qui décide de tout pour tout le monde mais je n’ai pas vu dans leurs revendications de mise en cause du centralisme parisien, c’est pourtant le fond du problème : « Paris et le désert français ». Je dois dire aussi que, quand je vois des gilets jaunes bretons chanter « la Marseillaise » avec des drapeaux français à St Brieuc, c’est peut-être tripal mais je ne me sens rien de commun avec ceux-là. On verra si ce mouvement débouchera sur des revendications plus matures.
Propos recueillis par Yann Vallerie
Crédit photo : DR
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Pour soutenir Yoran Embanner, quoi de mieux que de commander des ouvrages, notamment à l’occasion des fêtes de fin d’année ? Rendez-vous ici pour le soutenir, sans passer par les entreprises qui ponctionnent de belles commissions.
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