Aux États-Unis, une femme a fait don de son corps à la science en acceptant d’être congelée puis découpée après sa mort. Au terme d’une fin de vie racontée en détails.

15 ans de vie retranscrits

Elle s’appelait Susan Potter. Un nom qui est désormais destiné à traverser le temps grâce à un étonnant destin post-mortem. Cette femme, émigrée depuis l’Europe vers les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, est décédée à l’âge de 87 ans à Denver en 2015. Mais c’est en l’an 2000 que sa vie a pris un tournant décisif. Souffrant de plusieurs problèmes de santé et pensant qu’il ne lui restait alors qu’un an à vivre, Susan Potter fit don de son corps à l’Université du Colorado. Elle était adiabétique, avait un mélanome, un cancer du sein et diverses chirurgies à son actif.

Sa volonté ? Être embaumée, découpée et numérisée à des fins d’enseignement. Cependant, les choses ont pris un tour légèrement différent puisqu’elle a finalement vécu 15 années supplémenataires. Une période durant laquelle Susan Potter a consigné l’ensemble de sa vie, décrivant son mode de vie, ses sentiments, ses douleurs et bien d’autres choses. Ceci afin que les élèves en médecine des générations futures puissent mieux comprendre le corps de la femme.

Du Mozart pour 27 000 échantillons 

Avant son décès, Susan Potter avait choisi de ne rien laisser au hasard concernant la seconde « vie » de son corps. Elle avait ainsi demandé à voir la scie qui la trancherait, le réfrigérateur où elle serait entreposée et l’alcool polyvinylique qui serait versé sur son corps. Sans oublier de demander à l’équipe de scientifique chargée de découper son corps d’accompagner leur action avec de la musique classique. Le tout en présence de roses. Ce qu’ils feront en faisant résonner le Requiem de Mozart et en peignant quelques roses sur la porte.

Au terme du processus, le corps de Susan Potter a permis de fournir 27 000 prélèvements. Ces derniers, effectués en 60 jours et soigneusement conservés pendant trois ans, ont ensuite été archivés. De quoi faire de cette femme la première humaine à faire don de sa personne pour un enregistrement numérique.

Si deux corps (un homme condamné à mort de 39 ans et une femme de 59 ans atteinte d’une maladie cardiaque) avaient déjà été congelés, découpés puis numérisés dans les années 1990 aux États-Unis, Susan Potter était la première à faire don de sa dépouille de son vivant.

Pour retracer cette aventure tant humaine que scientifique, le magazine américian National Geographic publie dans son numéro de janvier 2019 le récit des 15 dernières années de la vie de Susan Potter. Un nom qui ne risque pas de tomber dans l’oubli.

Crédit photo : Capture YouTube
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