Crépuscule de la crypto-industrie : l’Abkhazie, un cas d’école

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A l’automne 2017, l’Abkhazie, un état non reconnu situé entre la Russie et la Géorgie, avait annoncé vouloir lancer une crypto-monnaie d’Etat. A peine un an plus tard, ses autorités interdisent le minage des crypto-monnaies, accusé de surcharger un réseau électrique déjà très sollicité l’hiver. La situation de l’Abkhazie est un cas d’école pour la crypto-industrie, souvent présentée il y a un ou deux ans encore comme un nouvel Eldorado qui s’évanouit maintenant peu à peu.

Un décret du 29 décembre interdit temporairement l’activité des crypto-fermes où sont produites les crypto-monnaies, en utilisant beaucoup d’électricité. Il se trouve en effet que l’électricité est très peu chère dans la République – elle ne coûte que l’équivalent de 5 centimes d’euro le kilowatt//heure. Ce qui correspond à des revenus moyens assez bas aussi, même par rapport aux pays voisins. Trois grosses fermes de crypto-monnaies se sont installées dans d’anciennes usines abandonnées construites sous l’URSS : la guerre civile abkhazo-géorgienne des années 1990 a en effet coulé quasiment toute l’industrie.

D’après Aslan Basaria, directeur de la compagnie de production électrique TchernomorEnergo, « l’hiver et le début du printemps sont le moment où l’approvisionnement électrique de la république [abkhaze] est le plus tendu : la consommation augmente à cause du chauffage, tandis que sa production sur la centrale hydroélectrique d’Ingouri [production commencée en 1978, l’électricité produite est partagée entre la Géorgie, à 60%, et l’Abkhazie, la centrale est à cheval sur les deux pays] diminue brusquement à cause de la réduction du lac de barrage ; il a fallu parfois recourir à des délestages ».

Plus tôt, il avait affirmé à la presse que « pour le système d’alimentation électrique abkhaze, le minage de cryptomonnaies est une calamité. Actuellement l’Abkhazie compte trois fermes au moins. Certes, ils paient leur électricité, et alors ? Cela surcharge les lignes à haute tension et les transformateurs, le tout au détriment du citoyen lambda qui aimerait bien avoir de la lumière et de la chaleur l’hiver ».

En août dernier, John Truby, professeur associé à l’université du Qatar, avait publié un rapport sur les conséquences du minage de crypto-monnaies pour l’écologie. Il y indiquait notamment que la consommation d’énergie d’une seule transaction avec un bitcoin pouvait chauffer une maison en Angleterre pendant un mois. Il avait notamment proposé de limiter l’import de matériel pour miner les crypto-monnaies, et d’imposer les transactions avec les crypto-monnaies selon leur consommation d’énergie et de carbone.

Louis Moulin

Crédit photo : DR
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