Betton (35). 50 migrants accueillis dans quelques semaines dans un nouveau CADA : le RN appelle à la résistance [Maj]

MAJ du 16 janvier 2018 à 19h00. Dans un communiqué adressé à la presse, le Rassemblement national (RN) lance un appel à la résistance.rn_betton

Un nouveau CADA (Centre d’Accueil pour demandeurs d’asile) en Bretagne, dans les prochaines semaines, à Betton. C’est en effet ce qu’indique l’association St Benoit Labre, dans une lettre adressée aux résidents de la commune qui jouxte Rennes.

Les anciens locaux de l’ADAPT (association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) seront ainsi bientôt occupés par 50 migrants, demandeurs d’asile, de jour comme de nuit.

Une réunion d’information est prévue à cet effet – les habitants étant une fois de plus placés devant le fait accompli – le jeudi 17 janvier 2019, à la Vallée, à Betton.

L’association St Benoit Labre a été fondée en 1936, à Rennes, dans le but de venir en aide aux sans-abris et de les accueillir de jour comme de nuit « sans distinction de nationalité, de culture, d’opinion et de religion. Elle trouve ses origines dans les valeurs du catholicisme social d’entraide et de partage avec les plus pauvres, symbolisées par le choix de la référence à Saint Benoit Labre.»

Elle est aujourd’hui dirigée par Jean de Legge, qui était auparavant directeur général de l’information et de la communication de l’agglomération Rennes Métropole et de la ville de Rennes (retraité depuis 2013). On retrouve également au conseil d’administration de l’association Daniel Delaveau, ancien maire de Rennes.

L’association est pleinement engagée dans l’accueil des migrants – que certains estiment relever de la traite des êtres humains – comme l’indiquait son président dans une déclaration de 2017 : « Notre société produit de plus en plus la pauvreté et devant l’ampleur et la diversité des phénomènes d’exclusion, il faut aider et soutenir les professionnels et développer de nouvelles approches. Notre histoire, l’esprit qui nous anime, la qualité professionnelle des équipes, la mobilisation renouvelée des bénévoles, notre insertion territoriale et partenariale sont les atouts qui doivent nous permettre de faire face à la diversité de la déshérence, à la multiplicité des formes de précarité et à l’accueil de migrants fuyant la guerre et l’extrême pauvreté. »

A noter que sur cette arrivée du migrants, la municipalité de Betton n’a pas prévenu la population, tout comme Rennes Métropole. On est loin de l’esprit « liberté d’expression et d’opinion » du « grand débat national » promis par Emmanuel Macron.

Quand Jean de Legge faisait l’éloge de la propagande municipale

Nous avons retrouvé un article de 2014, paru sur Breizh-info, à propos d’un livre de Jean de Legge faisant l’éloge de la Propagande nécessaire. Voici sa recension ci-dessous :

Jean de Legge a été pendant plusieurs années directeur de la communication de la ville et de la métropole de Rennes. Il vient de publier un livre de réflexion sur cette expérience, Les Propagandes nécessaires – Éloge critique de la communication locale. Ce témoignage est intéressant car il vient d’un professionnel renommé. Sa lecture laisse cependant un sentiment de malaise. Comme son titre l’indique, c’est tout sauf un aveu de repentance. Ce n’est pas non plus l’apologie du genre « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » que cultive si volontiers la corporation de l’auteur.

Jean de Legge, qui fut aussi journaliste chez Ouest France et directeur du cabinet d’études TMO Ouest, ferait-il un complexe vis-à-vis des communicants parisiens ? L’identité, de nos jours, est locale et non plus nationale, estime-t-il. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’elle soit une expression populaire : l’identité doit être fabriquée. « Qu’est-ce qui fait tenir les gens ensemble ? Ce qu’ils croient, ce qu’ils vivent, ce qu’ils voient, c’est-à-dire ce que le système de communication porte et encadre. » La communication est « un travail stratégique et politique qui consiste moins à accompagner les pouvoirs et à valoriser les élus qu’à construire, dans la durée, un rapport positif des habitants à leur ville et à leur avenir ».

Construire un rapport positif… : ainsi, la fonction manipulatrice de la communication municipale n’est pas niée, ni admise du bout des lèvres, elle est revendiquée. Ailleurs, l’auteur évoque ouvertement « les fictions qu’il faut construire pour fabriquer du rassemblement ». Cette démarche a un nom, que Jean de Legge revendique aussi : « L’emploi du terme propagande se justifie lorsqu’il s’agit de proposer des interprétations du monde ». Et il insiste : « Ces propagandes sont nécessaires parce que sans travail de communication, pas de cohésion sociale, pas d’appartenance partagée, pas de lecture d’un avenir commun ». Il s’agit de « produire un roman local » ‑ mais les héros de ce roman sont les hommes au pouvoir. Sous couvert de communication locale, ces derniers font donc payer leur propagande politique par les contribuables ; on se rappelle au passage que Daniel Delaveau fut dircom de Rennes avant de devenir maire de la ville.

Est-il légitime que l’établissement public de coopération intercommunale qu’est une métropole s’arroge le droit de façonner les sentiments de sa population ? Jean de Legge ne se pose même pas la question : « jouer avec les sentiments d’appartenance et valoriser l’identité du territoire constituent le cahier des charges du communicant local, c’est l’impératif que personne ne discute. » Sans chercher à expliquer pourquoi, il affirme nécessaire « d’entreprendre un travail idéologique créant du ciment social et légitimant les élus ».

Jusqu’où pousser le cynisme ? Jean de Legge ne le dit pas. On n’invoquera pas le 1984 de George Orwell : le ministère de la propagande y est camouflé en ministère de la Vérité. Pas de camouflage chez Jean de Legge, qui a au moins le mérite de la franchise. Mais on ne peut oublier que le ministère dirigé par Goebbels couvrait à la fois la Propaganda et la Volksaufklärung (éducation du peuple).

Jean de Legge, Les Propagandes nécessaires – Éloge critique de la communication locale, Paris, Le Cherche midi, 2014, 216 p., 16 euros.

Crédit photo : DR
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