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La découverte d’une nouvelle espèce humaine aux Philippines confirme les origines diverses de l’Homo sapiens

Une nouvelle espèce humaine, la sixième, vient de faire son apparition. L’événement est relaté dans la livraison du 11 avril de la revue Nature. L’un des co-découvreurs de ce type encore méconnu, Florent Détroit, paléoanthropologue au Muséum d’histoire naturelle, est formel : « Il est très différent de tout ce que l’on connaissait déjà ! » Cet Homo Luzonensis, repéré grâce à quelques dents et un os du pied dans l’île de Luçon (Luzon Island), aux Philippines, et qui remonterait à quelque 65 000 ans, présente bien quelques caractères fondamentaux des espèces humaines, notamment la bipédie. Malheureusement, aucune trace d’ADN ne permet de savoir si, comme Neandertal ou Denisova, il aurait eu ou non des contacts avec d’autres espèces d’Homo.

Homo sapiens : des origines non pas singulières, mais plurielles

Après les mises au jour des espèces Florès (2003-2016, en Indonésie) ou Naledi (2015-2017, en Afrique du Sud), le Luzonensis vient attaquer le modèle général (et biblique) de l’origine unique de l’Homo sapiens. La thèse monocentrée, dite Out of Africa, majoritaire jusque récemment, voulait que tous les humains modernes descendent des mêmes ancêtres communs africains. La présence de traces génétiques de Neandertal ou de Denisova dans l’ADN de groupes humains modernes montre que les origines ne sont pas singulières, mais plurielles.

Quelques notions fondamentales devront dès lors être réinterrogées et sans doute corrigées, notamment celles d’espèce et de race. Dans les définitions classiques, les races sont inter-fécondables, mais pas les espèces. Dans les faits génétiques (par exemple les mélanges Cro-Magnon/Neandertal), ces notions réclameront à coup sûr des révisions.

Les poissons et les champignons aussi

Pas seulement pour les humains. Il est en effet probable que les poissons ou les champignons appellent bientôt de telles rénovations des principes de classement. Trois nouvelles espèces de poissons-limaces, vivant à 7 500 mètres de profondeur, soit à d’improbables pressions de 750 atmosphères, ont en effet été observées l’été dernier au large du Chili à l’aide de robots sous-marins éclairés. Le corps gélatineux de ces liparidae, qui ne semblent pas inter-fécondables avec d’autres espèces, se dissout dans les remontées à la surface, et seuls en subsistent les osselets des oreilles et les dents. La fonction des dents est évidente. Celle des osselets des oreilles internes l’est moins. Ils participent très probablement, avec des paires d’yeux certes aveugles mais qui changent néanmoins de position selon l’orientation corporelle, à la construction de l’équilibre. Reste à comprendre comment fonctionnent la respiration, la digestion et l’assimilation dans ces paquets gélatineux surcompressés…

D’autres surprises à venir ?

Pour ces êtres-là, comme pour les humains du passé, la lecture de leurs histoires – et celle de la nôtre, ou celle de nos cousins trop tôt disparus – réserve encore bien des surprises. Notamment, pour les humains, dans l’archipel des Philippines. Il est possible que, comme Darwin découvrant en 1835, île par île, la variété des pinsons de l’archipel des Galápagos, diverses variétés d’humains soient mises à jour aux Philippines dans les prochaines années. Elles témoigneraient en faveur d’isolats génétiques anciens dus à la dérive des continents, ou dus plus simplement à une absence de relations inter-insulaires reflétant, dans ces mers difficiles, soit les difficultés de la navigation calculée, soit une totale absence de curiosité…

J.F. Gautier

Illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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