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La maladie de la tuberculose connaît une forte augmentation en Île-de-France. Un phénomène en partie lié à l’arrivée de migrants ?
Tuberculose, une maladie contagieuse
Si son nom est relativement connu dans le langage populaire, qu’est-ce donc réellement que la tuberculose ? Cette maladie contagieuse qui se transmet par voie aérienne s’attaque principalement aux poumons mais peut aussi sévir sur d’autres zones du corps humain. La bactérie responsable de la tuberculose fut identifiée en mars 1882 par le médecin allemand Robert Koch. Jadis mortelle et également dénommée « consomption », la tuberculose est désormais guérissable par antibiotiques.
Dorénavant rares dans les sociétés développées, ce sont tout de même 10,4 millions de cas de tuberculose qui ont été recensés dans le monde pour l’année 2016, causant environ 1,7 million de décès. Plus de 95 % de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. La tuberculose reste ainsi l’une des 10 premières causes de mortalité dans le monde. L’Inde est le pays le plus touché.
Île-de-France : en première ligne !
Toutefois, si la France était encore récemment relativement préservée de cette maladie, la tuberculose est en forte progression depuis quelques années. Une inquiétante recrudescence qui se concentre principalement dans la région Île-de-France. Cette dernière a ainsi vu le nombre de cas signalés de tuberculose augmenté de près de 10 % entre 2015 et 2017 selon une étude de Santé publique France publiée le 7 mai.
Dans le détail, si 1 758 cas de tuberculose confirmés ou probables furent déclarés en Île-de-France en 2015, ce chiffre fut de 1 809 en 2016 avant d’atteindre 1 927 en 2017. Quant à l’incidence (correspondant au nombre de nouveaux cas rapportés à la population), celle-ci a aussi augmenté : de 14,6 cas pour 100 000 habitants en 2015, elle est passée à 15,8 en 2017. Cette progression vient contrarier la nette baisse amorcée depuis les années 2000.
Tuberculose et migrants : lien de causalité ?
De ce fait, la région parisienne est la plus touchée de l’Hexagone. Mais comment expliquer cette hausse ? Pour Santé publique France, « les populations concernées par cette augmentation sont celles souffrant le plus de précarité et de promiscuité, notamment les personnes nées à l’étranger, en hébergement collectif ou sans domicile fixe et celles arrivées récemment en France », indique l’organisme public dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Santé Publique France considère ainsi que « ces observations incitent à poursuivre et renforcer l’adaptation du dépistage de ces populations à risque ».
En Île-de-France, les cas de tuberculose seraient même deux fois plus nombreux que dans le reste du pays. Au sein de la région, c’est le département de la Seine-Saint-Denis qui concentre (et de loin) le taux de déclaration le plus élevé avec 26,5 cas pour 100 000 habitants en 2017. Mais c’est à Paris que la plus forte augmentation a été observée avec un taux d’incidence qui est passé de 13,5/100 000 en 2015 à 16,8/100 000 en 2017. Ce qui représente une hausse de 23,4 % en l’espace de deux années.
Une fois le constat dressé, le lien entre la récente immigration extra-européenne en région parisienne et cette multiplication des cas de tuberculose peut-il être effectué ? Oui, à en croire les déclarations de la responsable de la cellule régionale Île-de-France de Santé Publique France : « En Île-de-France, on peut mettre cette augmentation en lien avec la proportion de cas chez les personnes arrivées de pays à forte endémie, sur le territoire, et ce depuis moins de deux ans. Elles représentaient moins d’un cas sur quatre en 2015, pour un cas sur trois en 2017. » Et de poursuivre en justifiant la première place de l’Île-de-France dans l’Hexagone pour les cas de tuberculose : « C’est une région ouverte sur l’international avec un échange de population plus important qu’ailleurs. »
Une ouverture qui a un coût sanitaire…
Crédit photo : DR
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