Animaux de compagnie : une première journée mondiale contre l’abandon le 29 juin

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Le 29 juin prochain aura lieu la première journée mondiale contre l’abandon des animaux de compagnie. L’occasion de faire le point sur ce fléau.

75 000 chats euthanasiés : France championne de l’abandon

Comme un triste écho à notre époque marquée par la consommation et l’inconséquence des individus, les abandons d’animaux de compagnie sont un phénomène qui perdure. Ainsi, chaque année dans l’Hexagone, ce sont plus de 75 000 chats abandonnés qui sont euthanasiés !

Inconscients les Français ? Si le pays est le premier d’Europe en termes de possession d’animaux de compagnie, il est aussi l’un des champions en ce qui concerne les abandons. Ce sont plus de 100 000 chiens et chats qui sont laissés seuls dans la nature chaque année. Avec un pic sur les périodes de vacances, en été et en décembre où les rassemblements familiaux n’incluent pas toujours les animaux de compagnie.

Animaux de compagnie abandonnés : à la fourrière !

Quel est alors le parcours d’un animal de compagnie considéré comme abandonné ou errant ? À défaut d’avoir été déposé dans un refuge par ses propriétaires, celui-ci, une fois capturé sur la voie publique (par les services municipaux ou par ceux d’une entreprise qui a été chargée de cette tâche par délégation), est conduit à la fourrière.

Par la suite, les agents tentent de retrouver ses propriétaires. Si l’animal a été identifié (par puce ou tatouage) et que ses maîtres ont bien mis à jour leurs coordonnées auprès du fichier I-Cad, qui centralise l’identification des carnivores domestiques, ce dernier rejoint son foyer dans les plus brefs délais.

Cependant, lorsque les recherches se révèlent infructueuses au-delà du délai légal de huit jours ouvrés, l’animal de compagnie peut connaître deux options : soit le transfert en refuge ou association, en vue d’une adoption, soit l’euthanasie pour des raisons majoritairement sanitaires.

Un chat sur dix retrouve son maître

En 2016, l’inspection OPAV (opération vacances), diligentée par la Direction générale de l’alimentation auprès des fourrières et refuges nationaux sur les périodes du 17 juin au 15 septembre 2016 et du 1er au 21 décembre 2016, a permis de mettre en évidence le devenir des animaux qui arrivent dans ces deux structures.

En premier lieu, il apparaît que les chats sont les premières victimes des abandons. Ainsi, sur dix chats qui arrivent en fourrière, un peu plus d’un sur dix (11,3 %) retrouve son maître. Pour le chien, c’est près de six sur dix (56,7 %) !

Un écart qui est principalement dû au fait que les chats sont rarement identifiés. Même si les choses semblent s’améliorer puisque par rapport à 2015, une augmentation de 6 % a été observée pour le retour au foyer. Par ailleurs, sur dix chats, quatre sont transférés à un refuge ou une association (39,9 %). Les autres, soit près de quatre sur 10 (36 %) sont euthanasiés pour des raisons sanitaires essentiellement.

Chats : un sort catastrophique dans les territoires d’outre-mer

C’est sur la question de l’euthanasie que la différence entre les chiens et les chats est la plus importante. Si trois chiens sur dix (33,2 %) sont envoyés en refuge, moins d’un chien sur dix (7 %) est euthanasié, soit pour raison sanitaire soit pour une autre raison (comportement ?). En extrapolant les chiffres de l’inspection qui a eu lieu en 2016 et qui n’a porté que sur 11 % des structures (fourrières et refuges), cela porte donc le nombre de chats euthanasiés en métropole à 75 000 pour cette seule année en 2016 !

Un chiffre énorme et scandaleux qui traduit aussi les conditions de vie sanitaires extrêmement difficiles des chats errants ou libres qui sont atteints majoritairement de leucose, coryza et autre FIV qui les rendent inadoptables. Sans parler du fort parasitisme qui tue de nombreux chatons non comptabilisés dans cette enquête. Et la situation est encore plus catastrophique dans les territoires d’outre-mer puisque les chats divaguant qui arrivent en fourrière sont euthanasiés à 90 %, soit neuf chats sur dix ! Quant aux chiens, plus de six sur dix capturés sont aussi euthanasiés…

29 juin : première journée mondiale contre l’abandon

Pour alerter l’opinion publique sur cette situation, la plateforme Solidarité-refuges lance la première journée mondiale contre l’abandon le 29 juin prochain. Une date symbolique que ce dernier samedi du mois de juin puisqu’elle marque, dans la plupart des pays d’Europe du Nord, dont la France, le départ en vacances d’été.
Cette journée est destinée à alerter, sensibiliser, dénoncer et agir contre cette cruauté faite aux animaux de compagnie. 13 propositions, appelant les internautes au soutien, sont associées à cette journée pour lutter contre ce fléau. Elles se présentent comme suit :
  1. Que la lutte contre l’abandon des animaux de compagnie devienne une cause nationale.
  2. Qu’un recensement national et centralisé soit réalisé auprès de tous les refuges, fourrières et associations qui recueillent des animaux perdus et/ou abandonnés.
  3. Que l’animal de compagnie soit considéré dans le droit comme une personnalité juridique non humaine.
  4. Que les commerces et organismes de vente d’animaux de compagnie soient contraints d’informer leurs acheteurs des risques encourus en cas d’abandon ou de maltraitance de leur animal.
  5. Que les contrôles soient renforcés pour les sites d’annonces de ventes et de dons d’animaux de compagnie (réseaux sociaux compris).
  6. Que les programmes scolaires de primaire sensibilisent les enfants à l’animal et à l’empathie envers les animaux.
  7. Que des contrôles d’identification soient assurés et le manquement à cette obligation sanctionné afin de lutter contre les trafics et les abandons sauvages.
  8. Qu’un vaste plan de stérilisation des chats errants soit engagé au niveau national.
  9. Que la stérilisation des animaux non destinés à la reproduction soit obligatoire.
  10. Que les villes soient dans l’obligation de soutenir par des subventions les associations qui recueillent les animaux abandonnés issus des fourrières (qui elles, sont rémunérées).
  11. Que les villes répondent toutes à l’obligation de fourrière (article L. 211-24 du code rural et de la pêche maritime). Aujourd’hui 1 commune sur 4 n’y répond pas.
  12. Que les Ehpad et autres établissements chargés de l’accueil des personnes âgées et dépendantes favorisent le maintien du lien avec l’animal en acceptant le résident et son animal.
  13. Que les villes développent des structures d’accueil temporaire des animaux de compagnie des personnes fragilisées hospitalisées (haltes canine et féline), en lien direct avec les services d’urgence (pompiers, Samu, etc).

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/Jaclou-DL)
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