En Bretagne, le PS ne connaît en ce moment que des ennuis. Mauvais résultats aux élections, « affaires » à Brest et à Saint-Nazaire. Dans cette dernière ville, c’est l’image « féministe » du PS qui est attaquée.

La Bretagne, paradis perdu des socialistes ?

Pendant longtemps, la Bretagne fut le paradis pour le PS. Élection après élection, ses cadres s’emparaient des villes, des départements, de la Région. Tout baignait dans l’huile. Mais, depuis 2017, rien ne va plus. Pendant le mandat de François Hollande (2012-2017), la gauche tenait 31 circonscriptions sur 37 – dont 26 pour le Parti socialiste. Patatras ! Aux élections législatives de juin 2017, il ne reste plus rien de ce beau pactole : zéro député (34 pour LREM et le MoDem et 3 pour la droite). Une consolation pour le PS : il possède encore 7 sénateurs sur 19 en Bretagne (5). La situation s’aggrave aux élections européennes de mai 2019 : seulement 7,72 % des voix dans les cinq départements pour la liste Glucksmann (PS + Place publique), contre 16,42 % en mai 2014.

L’« affaire » de Brest

Comme si ces contrariétés ne suffisaient pas, voilà qu’arrivent les « affaires ». D’abord à Brest où des élus du PS avaient monté une association fantôme, « Vivre à Brest », afin de pouvoir procéder discrètement à une « redistribution des indemnités ». Ce qui permettait, par exemple, au premier vice-président de la métropole Alain Masson de toucher une indemnité mensuelle supplémentaire de 3 470 euros, non déclarée au fisc et qui n’avait fait l’objet d’aucun débat, aucun vote et aucune publicité. Aujourd’hui, Alain Masson et Jean-Luc Polard, quatrième adjoint et trésorier de l’association en question, ont été mis en examen pour le premier pour « abus de confiance » et pour le second pour « complicité d’abus de confiance » (Ouest-France, Bretagne, jeudi 11 avril 2019). Le plus amusant de l’histoire est que la fédération du Finistère du PS a « décidé de confier le dossier à un avocat et de se constituer partie civile dans la procédure » (Le Télégramme, jeudi 6 juin 2019).

« Climat de sexisme » à Saint-Nazaire

C’est une toute autre affaire qui perturbe le PS à Saint-Nazaire. Un groupe de femmes – adjoints et élus du conseil municipal – dénonce dans un communiqué le « climat de sexisme » régnant à la mairie (Ouest-France, Saint-Nazaire, mercredi 5 juin 2019). Dès le lendemain elles mettent les pieds dans le plat en accusant, au cours d’un point presse, Martin Arnout, adjoint aux finances, d’avoir violé Gaëlle Betlamini Da Silva, une conseillère municipale – plus gentiment on parle de « rapport sexuel non consenti ». Il paraît que la conseillère municipale et l’adjoint entretenaient une « relation tourmentée ». Le collectif assume mélanger une dénonciation de viol, donc un crime potentiel, et du sexisme au quotidien au sein de la majorité, « des regards appuyés et des blagues graveleuses » (Ouest-France, Saint-Nazaire, jeudi 6 juin 2019). Réaction de Martin Arnout : non seulement il clame son innocence, mais encore il attaque en diffamation la première adjointe PS, Laurianne Deniaud ; il reproche à cette dernière d’avoir au cours d’une réunion entre élus, le 6 mai, réitéré l’accusation.

Le maire, David Samzun (PS), a demandé aux deux protagonistes de « s’abstenir de toute représentation publique, réunion publique, conférence de presse, réunion partenariale au nom de la ville de Saint-Nazaire » (Ouest-France, Saint-Nazaire, vendredi 7 juin 2019). À neuf mois des élections municipales, ce n’est pas le moment de jeter de l’huile sur le feu. Dossier difficile à traiter car la victime présumée n’a pas alerté la justice : « Je me réserve le droit de porter plainte au moment qui me semble opportun. Ma vie m’appartient. » (Dimanche Ouest-France, Loire-Atlantique, 9 juin 2019).

Le féminisme du PS mal en point

Qu’une pareille affaire survienne au sein d’un parti qui se déclare « féministe » étonne. Plus féministe que le PS, ça ne peut pas exister ! Dans un journal électoral du PS distribué avant les européennes, Claire Nouvian, militante écolo bien connue, ne déclarait-elle pas : « C’est le début et nous ne lâcherons plus jamais prise pour faire gagner une Europe écologique, sociale et, permettez mois de le marteler : féministe ! » Nous lui suggérons de commencer modestement – à Saint-Nazaire par exemple.

Bernard Morvan

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