Après La vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck en 2006 et Barbara de Christian Petzold en 2012, La Révolution silencieuse s’inscrit dans ce nouveau courant de films allemands dénonçant l’occupation soviétique.

En 1956, dans une banlieue de Berlin-Est, deux lycéens, Kurt (Tom Gramenz) et Leo (Leonard Scheicher), décident d’aller au cinéma en zone américaine. Aux images des actualités, ils apprennent qu’une insurrection à Budapest a été férocement réprimée par les troupes soviétiques. Ils parviennent à convaincre leurs camarades de classe d’observer une minute de silence, au début d’un cours, en hommage aux victimes. Ils donnent comme prétexte la mort, annoncée par une radio de l’Ouest, du footballeur hongrois Ferenc Puskás. Mais cette simple protestation devient une affaire d’État. Le gouvernement communiste de la République démocratique allemande cherche à identifier les responsables pour les sanctionner. Après les menaces de la terrifiante directrice du conseil scolaire, c’est le ministre de l’Education lui-même (Burghart Klaussner) qui va mater ces « dangereux contre-révolutionnaires ». Interdits par le ministre d’examen et donc de poursuivre des études universitaires, Kurt et plusieurs de ses camarades fuiront alors en Allemagne de l’Ouest afin d’y passer le bac…

La Révolution silencieuse (Das schweigende Klassenzimmer) est un film allemand réalisé par Lars Kraume, sorti le 20 février 2018. Kraume raconte cette histoire authentique en adaptant le récit (La Classe silencieuse) de l’un de ses protagonistes, Dietrich Garstka. A aucun moment, ces 19 élèves n’imaginent les conséquences qu’une simple minute de silence peut avoir sur leur vie. Ces jeunes vont être soumis à la pression de leurs parents et de fonctionnaires qui cherchent à connaître l’identité du meneur. Le pire est le ministre, manipulateur hors-pair, qui va jusqu’à révéler à l’un des jeunes que son père était un traitre à la Russie communiste, pour l’inciter à le racheter en dénonçant ses camarades ! Pourtant, tous ces jeunes n’entendaient pas mener une révolte mais seulement marquer leur soutien aux revendications de liberté du peuple hongrois. Leur message est porté par de jeunes acteurs talentueux. La reconstitution de l’Allemagne de l’Est avant la construction du Mur de Berlin, d’une belle sobriété, est réussie.

Kristol Séhec.

La Révolution silencieuse, DVD 26 euros. Pyramide Vidéo.

Crédit photos :DR
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