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Une conférence pour vous convertir au « Zéro déchets » se déroulera le 13 octobre prochain, à Esquibien (29). Une conférence organisée par Claire Cariou, fondatrice de Cote Waste, qui a elle même adopté cette démarche de réduction de ses déchets début 2018 et qui viendra partager son expérience, et répondre aux questions.
La question des déchets est omniprésente dans notre quotidien, que ce soit au niveau individuel ou collectif. Chacun est producteur de déchets, chacun est donc concerné, même s’il est évident que ce ne sont pas les particuliers à blâmer en premier. Depuis peu, c’est d’ailleurs un thème régulièrement abordé dans les médias et les espaces publics. Et pour cause, notre production d’ordures a doublé en France en 40 ans, et le coût de gestion des déchets a triplé en 20 ans (16,7 milliards d’euro en 2013 selon l’ADEME)/
La présentation sera suivie d’un temps d’échange avec le public.
Conférence « zéro déchet »
Dimanche 13 octobre 2019 – 17h. Théâtre Georges Madec – Esquibien. Gratuit, ouvert à tous. Durée conférence + échanges : 1h30
Quelques questions à Claire Cariou
Breizh-info.com : Pourquoi organisez vous cette conférence ? Y’en a-t-il d’autres à venir ?
Claire Cariou (Cote Waste) : Afin d’expliquer la démarche de réduction des déchets au plus grand nombre, et de montrer que ce n’est pas compliqué (mais pourtant nécessaire) de réduire la taille de sa poubelle. Pour l’instant, il y a une autre conférence prévue le 14 novembre à Saint-Hernin, près de Carhaix.
Breizh-info.com : Pourquoi toujours chercher à culpabiliser le petit consommateur sachant que les plus gros pollueurs eux, ne sont jamais ciblés ni « rééduqués » ? Quel rôle peut jouer le petit consommateur ?
Claire Cariou (Cote Waste) : Pour ma part je n’ai pas l’impression d’avoir tenu des propos culpabilisants. Voilà presque 30 ans que des engagements ont été pris par les pays dits industrialisés pour réduire les déchets (Sommet de Rio – 1992), et qu’en lieu et place d’une réduction, nous assistons à une augmentation des déchets et de la pollution. Continuer à attendre que les hauts-placés prennent des décisions est vain. Beaucoup de gens décident donc de bouger, sans plus attendre.
En parallèle de cela, les industriels n’ont aucune raison de changer leurs habitudes tant que les clients achètent leurs produits. Consommer c’est voter. Si l’on souhaite voir ce modèle industriel changer, la première étape est de cesser de le financer et de le cautionner.
De plus, comment exiger des autres qu’ils impulsent un changement, si on n’est pas prêt à le faire pour soi-même? Enfin, réduire ses déchets au quotidien n’empêche pas de souhaiter voir des décisions majeures prises en haut-lieu, bien au contraire. Comme le changement ne vient pas d’en haut, peut-être viendra-t-il d’en bas?
Le concept de « zéro déchet » (qui consiste plus à réduire ses déchet considérablement qu’à les supprimer totalement) n’est pas du tout basé sur la culpabilisation des consommateurs. Il s’agit de gens qui ont envie de sortir un peu du modèle de surconsommation et de gaspillage. Réduire ses déchets c’est améliorer son quotidien et gagner en qualité de vie, tout en cessant de participer à un modèle auquel on ne croit plus. La notion de plaisir est très forte, chacun va à son rythme et change ses habitudes selon ses envies, si il en a envie. Personne n’est forcé à le faire. La réduction des déchets est un choix avant tout personnel, qui a des répercussions positives sur le collectif, et participe à l’évolution des mentalités (qui, elle aura peut-être un impact sur les industriels et les politiques).
Breizh-info.com : Les chiffres montrent que l’Europe n’est pas le continent qui pollue le plus, notamment concernant le plastique. N’est-ce pas au reste du monde qu’il faut s’adresser pour l’avenir de notre planète ?
Claire Cariou (Cote Waste) : De quels chiffres parlez-vous ? Nous ne devons pas voir les mêmes, car nous avons un mode de consommation bien plus polluant et gourmand en ressources que les pays plus pauvres. De plus, les pays occidentaux sont les clients des fabricants de plastique, et renvoient ensuite une partie de leurs déchets en Asie et en Afrique.
Ce qui est frappant est que les rues des pays pauvres sont jonchées de déchets (généralement vendus par des sociétés occidentales, ou envoyés là-bas, ou échoués sur leurs plages). Bien souvent il n’existe pas de système de ramassage et de traitement de déchets là-bas. Mais les rues et routes de Bretagne et de France seraient aussi sales si personne ne ramassait derrière nous.
Selon la DIRO, nous jetons sur chaque kilomètre de nationale bretonne 1,2 tonnes de déchets! Le mois dernier, j’ai ramassé avec une amie les mégots sur une portion de rue de 45Om à Audierne (le port a été refait et inauguré en juin) : 1206 mégots ramassés. Sommes-nous vraiment plus propres, ou simplement plus discrets?
Et une fois de plus, comment exiger des autres pays qu’ils s’améliorent, tout en refusant de bouger chez nous?
Breizh-info.com : Auriez vous tout de même des gestes simples à expliquer que les consommateurs peuvent faire chez eux ?
Claire Cariou (Cote Waste) : Oui, avec plaisir, sur notre chaine Youtube.
Mais plus globalement il faut :
- refuser les emballages à la boulangerie
- apporter ses propres contenants au magasin ou au marché
- remplacer le coton jetable par des lingettes lavables (à coudre soi-même ou à acheter)
- faire sa lessive soi-même
- garder dans son véhicule un cabas avec des petits sacs et des boîtes lavables
- fréquenter les marchés, les magasins de producteurs, les ventes directes à la ferme, les épiceries vrac, les petits commerces
Crédit photos : DR
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