Saint-Malo se gave aux ordures

Publicité

Les ordures, parfois, ça rapporte gros : les contribuables de la communauté d’agglomération du Pays de Saint-Malo paient 40 % trop cher l’enlèvement de leurs ordures ménagères ! C’est une révélation de la chambre régionale des comptes de Bretagne, à la suite d’une inspection récente.

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) réclamée aux contribuables des dix-huit communes concernées (82 577 habitants en 2019) depuis 2006 est, dit la Chambre, « manifestement disproportionnée ». Elle a donné lieu à « des recettes fiscales supérieures de 40 % au montant nécessaire pour couvrir le coût du service de collecte et de traitement des déchets ». Soit, pour la période 2014-2018, 13,4 millions d’euros « prélevés de manière injustifiée auprès des contribuables de l’agglomération » ! Selon le préfet, cette situation « présente des risques importants de recours de la part des contribuables ».

L’argent n’est pas perdu puisqu’il a abondé le budget général. Mais cet énorme décalage entre les dépenses réelles et la taxe prélevée illustre la propension de la communauté à ne pas se laisser corseter par une bête législation. Dans le même ordre d’idée, elle s’est dispensée jusqu’à ce jour d’établir un projet de territoire et de clarifier le partage des compétences avec les communes membres et se trouve ainsi dans une situation irrégulière.

La santé très fragile des fonctionnaires

Conséquence de ses appétits financiers, la communauté d’agglomération est en bonne santé. Sa situation « portée par des recettes dynamiques fondées sur une progression régulière des bases fiscales », note la Chambre. Autrement dit, sa bonne santé n’est pas due à une gestion remarquable mais à une pression croissante sur le contribuable sur un territoire dont la population progresse moins vite que celle de l’Ille-et-Vilaine dans son ensemble.

Côté gestion, la Chambre pointe en particulier un grand classique des collectivités locales : le temps de travail des effectif des agents intercommunaux. Ils travaillent entre 1 558 heures et 1 593 heures par an, alors que la durée réglementaire est de 1 607 heures par an. Ils bénéficient aussi de congés d’ancienneté tout aussi irréguliers. Une bricole ? Pas tout à fait : ces deux irrégularités « entraînent un surcoût pour la communauté évalué à 179 611 € pour l’année 2017 ».

Ce régime enviable aide-t-il les agents de la communauté à rester en bonne santé ? Même pas. En 2017, leur taux d’absence pour motif médical « représentait 35,8 jours par an et par agent titulaire et se situait largement au-dessus de la moyenne nationale constaté en 2015 pour les intercommunalité de la strate (19,2 jours) ». Étrangement, les agents titulaires sont beaucoup plus malades que les non titulaires ; la Chambre ne va pas jusqu’à conclure que la titularisation est mauvaise pour la santé.

E.F.

Crédit photo : Daniel Jolivet  via Flickr [CC BY 2.0]
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

A La Une, Santé

Où vit-on en meilleure santé en Bretagne ? Grandes villes et villes moyennes, le classement complet

Découvrir l'article

Politique, ST-MALO

Juan Branco, l’avocat de Julian Assange et des Gilets Jaunes en conférence à Saint-Servan le 18 juillet

Découvrir l'article

Dinan, Santé

Dinan : fermeture nocturne des urgences cet été, grèves et inquiétudes sur l’avenir du service

Découvrir l'article

ST-MALO

Route du Rhum 2026 : départ de Saint-Malo le 1ᵉʳ novembre, la cité corsaire prépare déjà son grand rendez-vous

Découvrir l'article

Economie

Pays de Châteaugiron Communauté : la chambre régionale des comptes de Bretagne pointe une situation financière qui se tend et un projet de centre aquatique mal cadré

Découvrir l'article

ST-MALO

Les Rencontres stratégiques des Trois Océans : quand la cité corsaire devient capitale de la souveraineté numérique

Découvrir l'article

Sport, ST-MALO

Route du Rhum 2026 : 118 skippers au départ de Saint-Malo pour une édition d’anthologie ?

Découvrir l'article

ST-MALO

Le Nautique de Saint-Malo défie la morosité économique : 26 000 visiteurs pour sa 2ᵉ édition

Découvrir l'article

Environnement

Plages bretonnes : les Sauveteurs en Mer se préparent à un été sous vigilance

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Patrimoine, ST-MALO

Saint-Malo : un journal de bord vieux de trois siècles lève le voile sur les premiers tours du monde français

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.