Alejandro Meran, 29 ans, originaire de République dominicaine, un immigré en situation régulière, est accusé d’avoir tué ce vendredi 4 octobre vers 17 heures deux agents de la préfecture de police de Trieste. Tard dans la soirée, un magistrat et le procureur ont entendu le frère du tireur, Carlysle, qui ne serait pas impliqué dans la fusillade, et ont ensuite interrogé à l’hôpital, Alejandro Meran, qui s’est octroyé le droit de ne pas répondre aux questions posées : il est maintenant en état d’arrestation.

Arrêté pour le vol d’un scooter

Au vue de la reconstitution, il s’avère que Pierluigi Rotta, agent de police âgé de 34 ans et Matteo De Menego, lui aussi agent de police âgé de 30 ans, sont morts tués par les balles d’une arme de service tombée à terre dans la préfecture et dont s’est servi le tireur. Alejandro Meran avait été arrêté pour le vol d’un scooter. Après un moment, Alejandro Meran, lequel aurait des troubles psychiques, demande à aller aux toilettes et réussit à subtiliser l’arme de service de l’agent qui l’accompagne. Il est impossible de déterminer comment il y est parvenu car il n’y a pas de témoins oculaires, et que cet endroit n’est pas couvert par les caméras de vidéo-surveillance. Après avoir tiré sur le premier policier, Meran s’achemine vers la sortie et bouscule le second agent. Il lui tire dessus et quand le policier s’effondre, il lui prend son arme en lui arrachant son étui. Puis il s’approche de la sortie et ouvre à nouveau le feu sur l’agent du poste de garde qui riposte et blesse le voleur. Meran réussit quand même à sortir mais il est bloqué par les gendarmes mobiles.

Une journée de deuil citoyen

Le maire de Trieste, Roberto Dipiazza, a déclaré une journée de deuil citoyen en ce 5 octobre. Sur les édifices publics, les drapeaux seront en berne et les activités récréatives organisées par la mairie n’auront pas lieu en ce jour. Le maire a de plus invité ses concitoyens à observer une minute de silence dans les lieux où sont programmés des événements publics.

Pour le premier ministre Giuseppe Conte, « la mort des deux agents de police tués dans la fusillade de la préfecture de police de Trieste suscite une grande douleur. Au nom du gouvernement et au mien, j’exprime mes plus sincères condoléances aux familles des victimes et à tout le corps de Police nationale ».

Salvini réagit

Salvini s’est lui aussi exprimé sur cette tragédie : « Pour les assassins, aucune pitié. L’odieux assassin des deux policiers de la préfecture de police de Trieste (même si beaucoup de journaux ne le disent pas) est un étranger avec ‘troubles psychiques’. Que l’idée ne vienne à personne que ce puisse être un facteur atténuant ! Que de colère ! Une prière et une pensée pour ces deux hommes, Pierluigi et Matteo, une étreinte émue à leurs familles et à toutes les femmes et les hommes de la Police nationale. On ne peut pas mourir ainsi ».

A l’Autel de la Patrie à Rome (monument à Victor Emmanuel II), des dizaines de voitures de police, sirènes allumées ont rendu hommage à leurs collègues décédés.

L’équipement des policiers en question

Cependant, la fusillade de Trieste soulève un autre problème, celui des étuis pour les armes des policiers. En effet, les deux policiers morts n’étaient dotés que des vieux étuis blancs qui sont en carton renforcé et s’ouvrent facilement. Ils n’avaient même pas la ceinture de sureté qui permet de tenir l’arme au ceinturon. Dans ces conditions, il apparait assez facile de voler l’arme des agents de police. Le syndicat de la police accuse l’État de laisser seuls les policiers, à la merci des criminels qui se sentent impunis. Ces revendications ont un air de déjà-vu. Visiblement quel que soit le pays, le problème reste toujours le même.

De notre correspondante en Italie, Hélène Lechat

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