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La Bretagne perd l’un de ses serviteurs les plus constants. Jean Cevaër s’est éteint en 2026, à l’âge de 94 ans. Ingénieur chimiste de formation, cadre supérieur dans l’industrie pétrolière, il fut surtout, durant plus d’un demi-siècle, un militant inlassable de la cause bretonne, de la réunification administrative et de la structuration des réseaux des Bretons de l’extérieur. Fidèle lecteur de Breizh-info, il suivait avec attention les débats contemporains, toujours soucieux de l’avenir de sa terre.
Un parcours enraciné
Né en 1931 dans une famille d’origine finistérienne, élevé à Saint-Nazaire dont il revendiquait le caractère direct et déterminé, Jean Cevaër a grandi dans les tourments de la Seconde Guerre mondiale. Adolescent réfugié à la campagne, il y acquit une familiarité avec le gallo, témoignage d’un attachement précoce à la diversité linguistique bretonne.
Diplômé de l’École nationale supérieure de chimie de Rennes et licencié ès sciences, il mena une carrière internationale dans l’industrie pétrolière, notamment au sein de Texaco, avec des responsabilités techniques et de direction à l’échelle européenne. Ses fonctions le conduisirent à l’étranger, dont en Australie, avant un retour en Loire-Atlantique. À Saint-Nazaire, il assuma ensuite la responsabilité administrative du Centre de formation supérieure de Gavy entre 1989 et 1996, contribuant à structurer des outils de formation au service du territoire.
Un militant structurant des réseaux bretons
Son engagement breton débute dès la fin des années 1960 en Belgique, où il participe à la mise en place d’initiatives autour de la langue bretonne et de l’émigration. Il contribue à la création de l’Organisation des Bretons de l’Extérieur (OBE) en 1976, devenue Bretons du monde-OBE, dont il sera longtemps une figure centrale, animateur et secrétaire général.
Muté à Paris dans les années 1980, il s’investit dans le Comité pour l’unité administrative de la Bretagne (CUAB), ancêtre de Bretagne Réunie, dont il sera l’un des présidents. Il fut l’un des artisans majeurs de la grande manifestation pour la réunification organisée en 1982 à Paris. Pour lui, la question de la Loire-Atlantique n’était pas un simple débat technique, mais une question de cohérence historique et culturelle.
Dans une remarque adressée en 2022, il dénonçait le découpage administratif issu de la Révolution comme une entreprise d’effacement des provinces et de leurs traditions. Son regard critique sur le centralisme français était constant, nourri par une longue expérience et une réflexion de fond sur la nature de l’État et des territoires.
L’Institut culturel de Bretagne et l’Ordre de l’Hermine
Au sein de Skol Uhel ar Vro – Institut culturel de Bretagne (ICB), Jean Cevaër représenta l’émigration bretonne et exerça durant de nombreuses années des responsabilités au Conseil scientifique et d’animation. En 2016, son engagement fut salué par l’attribution du Collier de l’Ordre de l’Hermine à Carhaix, distinction honorifique qui reconnaît celles et ceux ayant œuvré pour la Bretagne.
Installé au Pouliguen, il participa également à la fondation du Festival Anne de Bretagne en 1994, manifestation itinérante en Loire-Atlantique réaffirmant l’appartenance du département à la Bretagne historique à cinq départements. Il fut impliqué dans une multitude d’associations : POBL, Identité bretonne, Institut de documentation bretonne et européenne, Bretagne Prospective, Credib à Saint-Nazaire, Agora de l’Estuaire, entre autres. Sa capacité d’organisation et son sens du réseau étaient reconnus de tous.
Jean Cevaër fut aussi un homme d’écriture et de parole. Chroniqueur, conférencier, auteur d’articles dans Armor Magazine, L’Avenir de la Bretagne – qu’il dirigea brièvement – et sur ABP, il nourrissait le débat d’idées sans relâche. Ses interventions mêlaient rigueur, franc-parler et fidélité à une vision enracinée de la Bretagne.
Ceux qui l’ont côtoyé retiennent une énergie peu commune, une volonté de fédérer et un attachement viscéral à la continuité historique de la Bretagne. Son engagement ne relevait ni de la posture ni de l’opportunisme, mais d’une fidélité de long terme.
La disparition de Jean Cevaër laisse un vide dans le monde associatif breton. Elle rappelle aussi qu’une cause ne vit que par les hommes et les femmes qui, patiemment, organisent, écrivent, transmettent et mobilisent. La rédaction de Breizh-info adresse à sa famille et à ses proches ses condoléances et salue la mémoire d’un militant de conviction, qui n’a jamais cessé de croire en la Bretagne et en sa réunification.
La cérémonie religieuse sera célébrée vendredi 20 février 2026, à 10 h 30, en l’église de Saint-Sébastien de Pornichet.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Disparition de Jean Cevaër : un bâtisseur infatigable au service de la Bretagne réunifiée”
Un grand, très grand patriote avec qui j’ai eu l’honneur de travailler notamment au sein du Parti pour l’Organisation d’une Bretagne Libre (POBL) pendant de nombreuses années, lorsque que j’étais Secrétaire national puis Président du parti. Jean était membre du bureau politique et c’était un homme avisé, prudent mais avec des convictions très affirmées. Kenavo Jean e Bed ar Gelted.