Côtes-d’Armor. Le « Club TGV » veut des Parisiens pour des postes bretons

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Des entrepreneurs des Côtes-d’Armor vont organiser un job dating… à Paris. L’objectif est ainsi d’attirer des profils franciliens pour des postes en Bretagne. Au détriment des Bretons.

« Club TGV » des Côtes-d’Armor : Paris plutôt que la Bretagne

Face aux difficultés à pourvoir des postes dans le département, certains entrepreneurs préfèrent visiblement se tourner vers Paris pour trouver une solution à leurs problèmes. Ainsi, le 19 novembre prochain, une soixantaine de chefs d’entreprise des Côtes-d’Armor vont prendre le TGV à destination de l’Île-de-France dans le cadre d’une opération de « job dating ».

Une opération soutenue notamment par plusieurs acteurs majeurs de la région, à l’instar du Crédit Agricole :

Les entretiens, qui se dérouleront à proximité de la gare Montparnasse, sont censés proposer au moins 410 offres d’emploi. À l’origine de l’initiative se trouve le « Club TGV » Bretagne.

Le principal objectif de « Club TGV » est de faire la promotion de la ligne à grande vitesse entre la Bretagne et Paris avec Saint-Brieuc à seulement 2 h 15 de train de la capitale française. Une LGV qui aura vu le Conseil régional investir 1,1 milliard d’euros pour sa réalisation.

En outre, la même initiative est prévue au mois de décembre avec le Finistère :

Les décideurs bretons complètement à l’Ouest

Avec de nombreux jeunes diplômés bretons qui continuent de quitter leur terre natale pour partir travailler ailleurs (à Paris notamment), le choix de cet investissement faramineux de la part des décideurs bretons laisse toujours perplexe : un tel montant aurait probablement pu permettre de mieux adapter les structures de formation aux demandes du marché de l’emploi local. Mais aucune réflexion n’a été menée dans ce sens !

Dans ces conditions, les ambitions du « Club TGV » de « ramener de nouveaux talents » dans le département et de « promouvoir les atouts des Côtes-d’Armor » ont de quoi faire sourire. Au 2ème trimestre 2019, le taux de chômage était évalué à 7 % de la population active sur la région Bretagne (B4). Tout en sachant que, dans le même temps, les postes proposés à Paris seront divers et variés : de l’ingénieur à l’ouvrier des travaux publics en passant par les conseillers commerciaux ou les métiers du transport.

Pour accompagner les entrepreneurs, des acteurs de l’immobilier costarmoricains seront aussi du voyage pour inciter les postulants franciliens à s’installer dans le département. Des Côtes-d’Armor où les jeunes actifs bretons natifs du littoral ont par ailleurs bien des difficultés à se loger compte tenu de la flambée des prix sur ce marché de l’immobilier. La situation n’est donc pas prête de s’améliorer…

Cette action de promotion du « Club TGV » avec son slogan « Bossez à l’Ouest » se fait dans la droite lignée d’une autre campagne, lancée par le Conseil Régional en 2017 : « Passez à l’Ouest ». Déjà à l’époque, nous n’avions pas manqué d’épingler cette tartuferie consistant pour les décideurs bretons (tant politiques qu’économiques) à aller faire des courbettes à Paris tout en étant incapable de solutionner un mal qui ronge la Bretagne depuis des décennies : la fuite de ses jeunes diplômés. Le tout dans un contexte de chômage persistant.

bretons

Source : lareclame.fr

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

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