Entretiens d’embauche : la classe sociale des candidats déterminée en sept mots

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Voici une découverte qui va inciter les futurs candidats à l’embauche à tourner sept fois leur langue dans leur bouche avant d’adresser la parole  à leurs recruteurs.

Votre classe sociale déterminée en sept mots

Surveillez votre langage ! C’est probablement le meilleur conseil à distiller aux postulants à un emploi après avoir pris connaissance des travaux suivants. Des chercheurs de l’Université Yale (Connecticut, États-unis) ont constaté que les recruteurs font souvent des suppositions concernant la classe sociale à laquelle appartiendraient les candidats dès les sept premiers mots prononcés par ces derniers.

Les résultats de cinq études menées par les scientifiques ont révélé que les employeurs ne se contentent pas de porter des jugements rapides, ils s’en servent ensuite pour évaluer la capacité de la personne à effectuer le travail. Pire encore, les recruteurs écarteraient dès les premières secondes de présentation les candidatures des profils qu’ils identifient comme appartenant à la « working class » [NDLR : jadis classe ouvrière, aujourd’hui classe « populaire » dirons-nous].

L’étude a également montré que ces recruteurs parviennent à identifier avec une « haute précision » la position socio-économique d’un individu à partir de quelques éléments de langage seulement. Ces perceptions influenceraient ensuite les recruteurs dans leur sélection. Une influence favorisant les postulants des classes sociales supérieures.

Recrutement : de l’importance du langage

Par ailleurs, les chercheurs ont déterminé qu’une telle perception instantanée du statut social va ensuite fausser l’évaluation que font les recruteurs vis-à-vis des compétences, de l’aptitude et des niveaux de rémunération accordés au possible nouvel employé. À l’avantage de ceux jugés comme appartenant aux milieux les plus aisés.

Dans le détail, les cinq études ont pris la forme suivante :

Les quatre premières ont porté sur la mesure dans laquelle les individus perçoivent correctement la classe sociale à partir de quelques secondes de parole. Dans la première étude, les chercheurs ont demandé aux participants de répondre « oui » ou « non » à la question : « Cette personne est-elle diplômée de l’université/femme/jeune/blanche ? » Avec seulement de brèves indications vocales, les participants ont fait preuve d’une précision supérieure à la moyenne en percevant correctement les quatre catégories.

Dans les deuxième et troisième études, les chercheurs ont confirmé que lorsque nous entendons des modèles de parole conformes à nos normes subjectives [NDLR : ici en anglais bien entendu] ainsi qu’aux normes numériques – par exemple, les normes vocales établies par des produits technologiques comme Alexa ou Google Assistant – nous les associons à une classe sociale supérieure réelle et perçue.

Dans la quatrième étude, les chercheurs ont demandé aux participants d’écouter ou de lire une transcription de 90 secondes de personnes se décrivant elles-mêmes. Ils ont constaté que les indices de prononciation dans le discours des gens communiquent le statut social plus précisément que le contenu de leur discours.

Un biais évident… à anticiper

Enfin, cinquième étape, les chercheurs ont examiné comment les perceptions fondées sur quelques secondes d’élocution peuvent influencer les décisions d’embauche. Ils ont recruté 20 candidats potentiels issus de milieux socio-économiques variés et les ont fait passer des entretiens dans l’enceinte de l’Université de Yale. Des entretiens destinés à pourvoir un poste de directeur de laboratoire de premier échelon à l’université.

Avant l’entretien d’embauche officiel, chaque candidat a enregistré une conversation au cours de laquelle on lui a demandé de se décrire brièvement. Ensuite, un panel de 274 recruteurs ayant de l’expérience dans l’embauche ont écouté les enregistrements audio ou lu les transcriptions des enregistrements et – sans avoir accès aux entrevues formelles ou aux curriculum vitae des candidats – ont été invités à porter un jugement sur les qualités professionnelles de chaque candidat, à lui attribuer un salaire initial et une prime à la signature et à évaluer leur classe sociale.

Les chercheurs ont constaté que les recruteurs étaient plus susceptibles de juger les postulants des classes sociales supérieures comme étant plus compétents pour le poste que ceux des classes inférieures. Ils ont également recommandé des salaires de départ plus élevés et des primes à la signature pour les personnes perçues comme ayant un statut social plus élevé.

Selon Michael Kraus, principal auteur de l’étude, « l’importance des conclusions des chercheurs n’est pas seulement la confirmation que les gestionnaires d’embauche négligent probablement des candidats qui pourraient être d’excellents candidats, mais aussi qu’ils contribuent probablement à accroître l’inégalité des revenus. Le rêve américain est régulièrement vanté en partant du principe que l’ascension sociale est le fruit d’un travail acharné, mais il existe probablement aux États-Unis un énorme fossé entre ces croyances et leur réalisation ».

AK

Crédit photos : DR
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