Islamophobie et municipales : la gauche cassée en deux par les arrière-pensées électorales

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Olivier Besancenot l’a dit : à gauche, il y a ceux qui ont défilé à Paris contre l’islamophobie et ceux qui se sont défilés. Au-delà des grands mots, les prochaines municipales éclairent les choix des uns et des autres.

Ceux qui ont défilé : ceux qui ont besoin de l’électorat musulman

  • Le NPA de Besancenot et Poutou : ce sont les purs et durs de l’extrême-gauche. Environ 2 000 militants, bien implantés dans les syndicats et les universités. Ils se moquent des prochaines municipales, mais préparent la Révolution. Les banlieusards sont pour eux l’avant-garde d’un communisme libertaire, écologique, féministe et LGBT friendly.
  • Le PCF : les communes les plus significatives qui lui restent se trouvent dans la banlieue.
  • Les syndicats CGT, SUD, UNEF : une partie des cadres syndicaux sont sinon islamistes, en tout cas des musulmans sensibles à ces questions. Pendant la manif, un syndicaliste a plaidé la cause des agents qui refusent par piété le contact avec des femmes.
  • La France insoumise : Coquerel et Autain sont des élus de Seine-Saint-Denis ; Mélenchon, battu à Hénin-Beaumont, a été élu député à Marseille. Étant donné la concentration des musulmans dans certains quartiers, il s’agit d’un électorat clé pour gagner des villes et garder des circonscriptions.

Ceux qui se sont défilés : ceux qui ont une base bobo et visent le centre

Pour la première fois, la gauche s’est divisée sur une question liée à l’immigration. Yannick Jadot des Verts avait mal lu la pétition, le PS savait déjà à quoi s’en tenir. Ces deux partis ont refusé de s’associer à une manifestation en partie organisée par les islamistes du CCIF. EELV et les socialistes ont en effet leur chance dans le centre des métropoles, sont soucieux de leur respectabilité et visent à ne pas effrayer les modérés qui pourraient aller vers la République en Marche.

Le cas Ruffin : un électorat Gilet jaune

Ruffin, électron libre de la France insoumise, a préféré aller faire du foot que de se rendre à la manif. Sa base affective et électorale se trouve en Picardie, dans la France populaire et périphérique, là où les Gilets Jaunes avaient leur quartier.

– Confronté à la désindustrialisation de sa région, Ruffin a le premier brisé le tabou du protectionnisme à gauche.

– Il ne s’est pas vraiment prononcé contre l’immigration, mais il a compris que c’était un sujet qui divisait les milieux populaires : « On ne peut pas dire que la France va accueillir tous les migrants, ce n’est pas possible. Maintenant, il y a un devoir d’humanité qui doit demeurer », a-t-il dit en 2018.

– En 2017, il a aussi refusé de cautionner la croisade anti-police du Comité Adama.

Lui ne vise pas les municipales mais carrément la présidentielle de 2022.

Yffic

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

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