L’étude Adjug’art de maître Cosqueric à Brest organise une nouvelle vente  sur le thème de « l’âme bretonne » le dimanche 1er décembre. Exceptionnellement celle-ci aura lieu à l’hôtel  Kermoor de Bénodet, car le clou de la vente est un exceptionnel et unique ensemble de cinq grands tableaux de Pierre de Belay décorant la salle du restaurant. Considérés comme des chefs-d’œuvre, ces panneaux datant de 1923 lanceront la carrière du peintre breton.

Pierre de Belay est né à Quimper en 1890. Le peintre, poète et romancier Max Jacob est un ami de sa famille. Il rejoint à Paris celui qui deviendra son mentor. Il y côtoie Picasso, Apollinaire, Juan Gris et maints autres. Mais de Belay ne se laisse pas influencer par le cubisme alors en vogue. Autodidacte, il continue à peindre à sa façon. Installé à Paris, les années 30 seront celles du succès. Il revient régulièrement en Bretagne (Concarneau, Pont Aven, Douarnenez…) qui reste en dehors de tout folklore sa principale source d’inspiration. Il meurt à Ostende en 1947. Considéré comme un artiste démodé dans les années 50, de Belay ne verra reconnaître la qualité de son œuvre que vers 1975.

Jeune Bigoudène, René Quillivic.

Suivront dans l’ordre de la vente une vingtaine d’œuvres picturales d’artistes bretons renommés comme Barnoin, Delpy, Lionel Floch, Jules Noël et Lucien Simon dont on remarque La procession à Sainte Anne la Palud estimée de 10 à 15 000 €. Plusieurs bois gravés de René Quillivic seront aussi offerts ainsi qu’une statue en bronze de Jean Fréour, L’éveil, estimée de 6 à 8000 €.

Le gros de la vente est constitué d’un ensemble de faïences bretonnes, avec près de 140 pièces proposées, qui intéresseront les collectionneurs. De nombreuses assiettes, plats, vases, plaques de la manufacture Porquier Beau de la fin du XIXe siècle sont proposés, ainsi que deux jolis vases signés Paul Fouillen de la période Odetta.

Mais ce sont surtout les pièces de la maison HB ou de chez Henriot et signées de grands artistes comme Charles Le Bozec, Henriette Porson, René Quillivic, Louis-Henri Nicot, Berthe Savigny, Renè-Yves Creston, Robert Micheau-Vernez, Jim Sévellec… qui attireront les collectionneurs. Parmi celles–ci, on remarque une rare tête de jeune Bigoudène en grès avec cachet de Sèvres et datée de 1925. C’est une œuvre de René Quillivic (1879-1969) qui fut à la fois peintre, sculpteur, céramiste et graveur, et renouvela les thèmes traditionnels de l’art breton (estimation 3 500/4 000 €).

Bigoudène assise, Georges Robin

Autre pièce rare, La Bigoudène en méditation, statuette de la manufacture HB du Nantais Jorj Robin, un des plus talentueux Seiz Breur décédé à 24 ans en 1928 (estimation 4 000/4 500 €).

Le clou de la série des faïences sera une exceptionnelle mappemonde en faïence polychrome  de René-Yves Creston (1898-1964), artiste génial et multiforme, le plus connu des Seiz Breur. Le globe porte sur sa ceinture équatoriale la mention « À la gloire des marins et colons bretons, partout où le soleil passe, le Breton passe ». On ne connaît de cette pièce estimée de 12 000 à 15 000 € qu’un autre exemplaire. Du même artiste, une autre faïence, moins rare, représentant Nominoë sur son cheval de bataille pour la manufacture Henriot vers 1930  (estimation 4 000/5 000 €).

François Cravic

Exposition à l’Hôtel Kermoor, Corniche de la Plage, 29950 Bénodet.

Les jeudi 28 novembre de 15h à 19 h, vendredi 29 de 15h à 20h, samedi 30 de 10h à 12h et de 14h à 18h et le dimanche 1er décembre de 10h à 11h30. La vente publique aura lieu à 14h30.

Crédit photos : DR
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