Nantes. Clémentine Autain se moque des élections municipales

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Les temps sont durs pour les militants insoumis de Nantes. Ils ne présenteront pas une liste aux élections municipales. Très modestement, ils vont participer à l’opération « Nantes en commun ».

Deux gauches inconciliables

Il y a « deux gauches inconciliables », proclamait Manuel Valls, alors Premier ministre. C’est toujours vrai avec une gauche radicale (LFI, Jean-Luc Mélenchon) et une gauche social-démocrate (PS, Olivier Faure) – les frères ennemis en quelque sorte. Mais tout n’est pas simple au sein de LFI car s’y côtoient différents courants trotskistes : les « lambertistes » (anciens de l’Organisation communiste internationale), les « pablistes » (anciens de la Ligue communiste révolutionnaire)… Et surtout prospère une guerre interne entre deux lignes de fond : rassembler la gauche ou fédérer le peuple en dépassant le clivage gauche – droite. Autre donnée que souligne Jérôme Fourquet : «  On se rend compte en fait que les positions de’s députés de la France insoumise sont très largement conditionnées par la géographie électorale de leurs électorats. » (Éléments n° 175). C’est le cas de François Ruffin, en Picardie, qui ne parle jamais de l’immigration, tout simplement parce que le RN fait de gros scores dans sa circonscription. Alors que Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière, Clémentine Autain et Éric Coquerel ont été élus dans des zones à forte population d’immigrés. Ceci explique cela…

C’est donc une Clémentine Autain (LFI), député de Seine-Saint-Denis, qui est venue à Nantes prôner un vaste rassemblement  de la gauche – un de ses deux dadas avec une ligne pro -migrants – pour briser le duo LREM – RN. : « Si nous restons divisés, nous n’iront nulle part. Et, personne à gauche n’a aujourd’hui le profil pour réussir le rassemblement et surtout nous faire gagner en 2022 », affirme-t-elle. « Le rassemblement doit se faire au second tour. À Nantes ce doit être le cas. Il y aura plusieurs listes de gauche au premier tour. Nous n’avons pas de consignes de vote à donner et nous n’en donneront pas. Notre objectif n’est pas les municipales, mais construire pour 2022 », conclut-elle (Presse Océan, dimanche 1er décembre 2019).

Un club du troisième âge ?

Voilà des propos qui ne devraient pas enchanter ses amis nantais. Certes il n’y avait que 200 personnes à la réunion consacrée au « rassemblement de la gauche », avec Clémentine Autain en vedette. Une réunion qui ressemblait fort à l’assemblée générale d’un club du troisième âge… Où étaient passés les jeunes militants de LFI ? Certes le parti de Mélenchon ne présentera pas de liste à Nantes aux élections municipales. Plusieurs explications possibles : aux élections européennes de mai, Manon Aubry a dû se contenter d’un petit 6,11% dans la cité des ducs de Bretagne ; avec un pareil score, on n’accède pas au second tour des municipales, donc pas d’élus ; on manque de militants et de sympathisants pour monter une liste qui exige 65 candidats ; les caisses sont vides…On a donc choisi de se fondre dans « Nantes en commun », un collectif local, écolo, décroissant et participatif qui ambitionne de rassembler la gauche de la gauche. « L’outil FI » va se mettre au service de « la démarche » de Nantes en commun. « On se range sans négociation derrière quelque chose qui émerge et nous intéresse », insiste une militante (Ouest-France, Nantes, jeudi 11 juillet 2019). Pour l’heure, pas de programme ni de tête de liste mais un leitmotiv : «  Permettre aux Nantais de se réapproprier leur ville ». Comment ? « En remettant tout à plat et en partant de leurs propositions », explique Arthur Créhalet, militant LFI membre du collectif (Presse Océan, vendredi 11 octobre 2019).

Une mauvaise camarade…

Par conséquent, si on comprend bien, non seulement Clémentine Autain ne soutient pas « Nantes en commun », alors que plusieurs militants LFI figureront sur cette liste, mais encore elle se fiche des élections municipales, concentrée qu’elle est sur 2022. Une mauvaise camarade… On ne voudrait pas la décourager mais les sondages portant sur les intentions de vote à l’élection présidentielle – si elle avait lieu aujourd’hui – ne sont guère encourageants. Le Marseillais Mélenchon ne serait pas qualifié pour le second tour : 12,5 – 13% pour Elabe (BFM TV, 30 octobre 2019) ; 11% pour l’IFOP (Journal du Dimanche, 3 novembre 2019). Une mauvaise base de départ pour la réélection de Clémentine Autain !

Bernard Morvan

Crédit photo : PJ8 – 7/Wikimedia (cc)
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