En 1914 paraît le recueil de nouvelles d’un jeune écrivain irlandais alors peu célèbre, James Joyce, Les Dubliners.

L’écriture en était achevée depuis 1907. Mais pour surmonter les réticences des maisons d’édition, Joyce a dû accepter de récrire quelques pages jugées trop choquantes, et l’éditeur lui a imposé une ponctuation plus conventionnelle, en particulier pour les dialogues. En 1967 et 1993 paraissent deux éditions critiques, dans lesquelles la ponctuation d’origine n’est toujours pas respectée.

« En étudiant les origines de cette ponctuation spécifique et ses enjeux narratifs, je montrerai la nécessité d’une nouvelle entreprise éditoriale, plus conforme au projet littéraire de l’auteur » explique Valérie Bénéjam, qui intervenait à l’Université de Nantes à ce sujet. Valérie Bénéjam est maître de conférences au Département d’études anglaises à l’Université de Nantes.

Gens de DublinLes Gens de Dublin ou Dublinois (Dubliners) est un recueil de nouvelles publiées en 1914 qui préfigure l’œuvre monumentale dans laquelle, bientôt exilé volontaire, James Joyce ne cessera jamais d’évoquer sa ville natale de Dublin. Imprégnées tantôt de dérision, tantôt de sadisme latent, de brutalité ou d’humour, leur modernisme tient surtout au regard détaché, ironique, parfois cruel, mais toujours implacablement lucide, que l’écrivain pose sur ses personnages. Car ces derniers ne sont, en définitive, que le produit d’une société dont il évoque les frustrations, issues d’un étroit conformisme social et religieux.

Bien que plusieurs œuvres de James Joyce illustrent la riche tradition de l’Église catholique romaine, la nouvelle Araby conte sa désaffection envers l’Église et la perte de sa foi. La dernière histoire, la plus connue, Les Morts, a été mise en scène par John Huston dans son dernier film achevé en 1987, Gens de Dublin (The Dead). Il existe au moins cinq traductions françaises, celle d’Yva Fernandez, en collaboration avec Hélène du Pasquier et Jacques-Paul Reynaud, ainsi que celles de Jean-Noël Vuarnet, de Pierre Nordon, de Benoît Tadié et, dans la Bibliothèque de la Pléiade, de Jacques Aubert.

Photo d’illustration : DR
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