La manifestation du samedi 11 à Nantes a donné lieu à un « maintien de l’ordre » en réalité très désordonné, car les grenades explosives employées ont disloqué la manifestation. Très vite, elle a tourné à l’émeute, d’abord pendant près d’une heure devant la Préfecture, puis en bas de la rue de Strasbourg.

Avec à peine 5000 manifestants contre 12.000 le jeudi précédent, le cortège a fait courir les forces de l’ordre et semé le désordre en centre-ville pendant des heures.

Et ce sans oublier plusieurs manifestations sauvages rue d’Orléans (13h et 16h), sur l’ile de Nantes et dans le Bouffay. Reformé vers 17 heures à la croisée des tramways, le cortège des derniers manifestants s’est entêté jusqu’à 21 heures, dans des nuées de gaz lacrymogène. Au début de soirée, des barricades en feu ont aussi été érigées au début de la chaussée de la Madeleine et en travers du quai de la Fosse.

Pendant que les forces de l’ordre étaient occupées en ville, des échauffourées ont éclaté dans la zone commerciale Atlantis, près du quartier dit « sensible » de Bellevue à l’ouest de Nantes, mais aussi à Malakoff, un autre quartier dit « sensible », à l’est du centre-ville, ce samedi après-midi. Plusieurs lignes de la TAN ont été déviées alors qu’elles étaient déjà coupées en ville à cause de la manifestation devenue émeute.

Les nantais qui pensaient s’en sortir en faisant les courses dimanche en ont été pour leurs frais. A 14 h pétantes à la FNAC, une cinquantaine de manifestants forçaient la fermeture du magasin. Ils passaient ensuite par les Galeries Lafayette – où ils n’étaient qu’une vingtaine – McDo et Starbucks. Malgré leur faible nombre, ils ont déclenché les alarmes et forcé les magasins concernés à baisser le rideau en évacuant leurs clients, tandis que la police restait étrangement absente. L’action avait pourtant été annoncée depuis plusieurs jours.

Devant les Galeries Lafayette, les événements tournaient au vinaigre. Une personne âgée pas assez rapide pour évacuer selon les bloqueurs a été agressée. Puis une bagarre éclatait entre pro et anti-blocages. Au passage, un jeune homme de 18 ans se prenait un coup de poing au visage – il est par ailleurs candidat sur la liste de la députée LREM Valérie Oppelt aux municipales de Nantes. Après l’irruption d’un homme aviné et agressif dans leur permanence, c’est la seconde agression contre un membre de cette liste à Nantes en moins de quinze jours.

Louis Moulin