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Les médias bien-pensants ou progressistes vantent sans complexe le multi-communautarisme, y voyant un modèle de société qu’il faudrait imposer partout. Sur le plan des idées et de l’éthique, ils ont raison : chacun devrait être libre de vivre comme il l’entend du moment qu’il ne porte pas atteinte à la liberté de ses concitoyens. La tolérance est une vertu qui gagne à être cultivée. Néanmoins, les médias progressistes ne soutiennent le multi-communataurisme qu’en Occident. Ailleurs ils appellent à respecter toutes les pratiques des États non occidentaux, même celles qui sont clairement intolérantes.
Les États ethniquement homogènes ne connaissent pas (ou fort peu !) de tensions communautaires
Qui s’élève en effet contre l’obligation du voile en Iran ou l’interdiction dans de nombreux pays à une musulmane d’épouser un non-croyant ?
L’ONU compte 193 membres sur un total de 198 gouvernements reconnus par plus d’un membre de l’ONU et qui exercent son autorité sur un territoire même limité. Les 5 qui restent à l’écart sont la Palestine, le Kosovo, le Sahara occidental, le Vatican et Taïwan. Seul parmi eux le Vatican n’a jamais connu de troubles communautaires. Le gouvernement nationaliste de Taiwan a réprimé violemment en 1949 les autochtones de l’île. La Palestine est déchirée entre Juifs et musulmans, le Kosovo entre Serbes et Albanais, le Sahara occidental entre indigènes et Marocains. S’y rajoutent quelques proto-États issus de la dislocation de l’URSS (Transnitrie, Abkhazie, Ossétie du Sud), reconnus uniquement par la Russie et qui sont des mosaïques ethniques prêtes à exploser. Sur les 193 États membres de l’ONU, 16 sont des micro-États ayant moins de 110 000 habitants et 11 ont une population comprise entre 110 000 et 500 000 habitants. Ils sont ethniquement homogènes et ne connaissent pas (ou fort peu !) de tensions communautaires.
Mais sur les 166 membres de l’ONU de plus de 500 000 habitants, 123 (74 %) ont connus depuis 1900 des troubles ethniques, des attentats meurtriers d’origine religieuse ou séparatiste, des affrontements intercommunautaires, des émeutes qui ont fait plus d’une dizaine de morts. Les 43 États qui ne sont pas sur cette liste ne sont pas tous exempts de tensions ethniques loin de là, mais les heurts sont restés limités et n’ont pas fait de morts ou fort peu.
Bien sûr, en dressant la liste des 123 pays qui ont connu des troubles sanglants, on comptabilise tout, l’extermination des Juifs ou des Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale comme les attentats islamistes de la dernière décennie. Mais j’ai écarté les affrontements purement politiques ou les guerres inter-étatiques. Néanmoins, les insurrections séparatistes ont systématiquement été comptabilisées puisqu’il s’agit de conflits intercommunautaires.
« De la différence religieuse ou ethnique naît nécessairement l’affrontement »
Lorsqu’on étudie la longue histoire humaine, on s’aperçoit que de la différence religieuse ou ethnique naît nécessairement l’affrontement. Il est difficile de trouver des pays où des communautés ont vécu côte à côte sans s’affronter, sans émeutes sanglantes, sans pogromes pendant plusieurs décennies. Je peux citer l’Autriche avec sa minorité carniole, la Roumanie ou la Slovaquie avec leur minorité magyare, après je cale ! Al Andalus si vantée par les bien-pensants comme un modèle de tolérance que notre XXIe devrait suivre est une illusion mensongère. Les massacres de chrétiens ou de Juifs ont jalonné son existence. L’Empire romain, symbole le plus abouti de l’État multi-ethnique, a été la proie de nombre d’émeutes communautaires : Juifs contre Samaritains, Grecs contre Juifs, chrétiens contre païens….
Il n’y a pas de multi-communautarisme heureux. Même après de longues périodes de cohabitation harmonieuse entre deux communautés, des tensions, parfois sous-tendues par des clivages sociaux ou économiques, finissent par resurgir. La tolérance n’est jamais acquise : au contraire l’intolérance semble la règle. On constate également que souvent des problèmes longtemps insolubles ont été dénoués par des déplacements de populations et la création de zones ethniquement homogènes. Cette solution a mauvaise presse de nos jours ; elle est dans tous les cas, un très mauvais arrangement, mais est parfois le moins pire de ceux que l’on peut mettre en œuvre. Ainsi, l’expulsion, en 1945 des Allemands de Pologne ou des Sudètes a résolu définitivement des problèmes qui ont empoisonné l’Europe centrale pendant plus d’un siècle ; néanmoins le prix a été lourd : un demi-million de morts qu’il faut rajouter aux effroyables pertes provoquées par le conflit mondial.
De même après le traité de Lausanne, la Turquie a expulsé 1,5 million de Grecs d’Anatolie et a reçu en échange 500 000 « Turcs » épirotes ou crétois réglant les problèmes qui sont à l’origine de 4 guerres sanglantes et de nombreux massacres. Néanmoins, pour que le patriarcat de Constantinople soit maintenu à Istanbul, 150 000 Turcs ont été autorisés à rester en Thrace grecque. Cependant, en 1955 des émeutes organisées en sous-main par le gouvernement turc ont vidé les quartiers grecs de l’ancienne Byzance. De même l’invasion de Chypre en 1974 par l’armée turque a mis fin aux affrontements intercommunautaires qui ont divisé cette île pendant près d’un siècle.
Les faits démontrent que la quasi-uniformité ethnique ou religieuse est de loin la clé principale de la paix civile.
Christian de Moliner
Crédit photos : DR
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