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Face à la menace du coronavirus chinois qui a déjà causé 17 décès, comment la France a-t-elle réagi ? Les mesures annoncées pour l’heure par Agnès Buzyn sont-elles à la hauteur des risques ?

Coronavirus chinois : le point sur la situation

Le développement du coronavirus « 2019-nCov » est pris au sérieux par les autorités chinoises. Elles ont décidé de placer en quarantaine depuis le 23 janvier la ville de Wuhan, foyer de l’épidémie situé au centre du pays. Avec pour conséquences l’interdiction pour les trains et les avions de quitter cette métropole de 11 millions d’habitants.

Selon le dernier bilan communiqué le 22 janvier au soir, ce sont désormais 17 morts (tous dans la région de Wuhan) et plus de 500 personnes contaminées qui sont à déplorer. Mauvais hasard du calendrier, les vacances du Nouvel an chinois débutent le 24 janvier, avec son lot de chassés-croisés à travers le pays… et donc un risque accru de propagation du virus.

Par ailleurs, si la transmission par voies respiratoires du coronavirus entre humains a été confirmée, sa mutation est également possible d’après les autorités chinoises qui avertissent qu’il pourrait ainsi « se propager plus facilement».

L’OMS salue les efforts de la Chine

Face à la gravité de la situation, l’Organisation mondiale de la santé s’est réunie mercredi 22 janvier à Genève (Suisse). Et a même décidé de prolonger d’une journée les discussions du comité d’urgence. Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l’OMS, « la décision de déclarer ou non une urgence de santé publique de portée internationale est une décision que je prends très au sérieux et que je ne suis prêt à prendre qu’en tenant dûment compte des preuves disponibles ».

Tedros Adhanom Ghebreyesus a également salué les « mesures très, très fortes » prises par Pékin pour empêcher la propagation du virus. « Nous leur avons indiqué qu’en prenant des mesures fortes, non seulement ils contrôleront l’épidémie dans leur pays, mais ils diminueront également les risques de propagation de cette épidémie au niveau international ». Rappelons que des cas de patients ayant contracté le virus chinois ont été détectés dans plusieurs pays.

Quelles mesures en France face au risque ?

Qu’en-est-il en France ? Aux dires de la ministre de la Santé Agnès Buzyn le 21 janvier lors d’un point presse, le risque de contagion du coronavirus au pays est « faible mais pas exclu ».

Agnès Buzyn qui a par ailleurs déclaré lors de ce même point presse que « notre système de santé est bien préparé, les établissements de santé ont été informés et des recommandations de prise en charge ont été délivrées ». Avec certains personnels en grève au sein de ces établissements de santé dans le cadre de la réforme des retraites, peut-on alors être totalement rassurés quant aux capacités de ces services médicaux à faire face à une possible contagion du coronavirus à la France ?

En outre, un premier niveau de vigilance a été déclenché dans l’Hexagone tandis que la Direction générale de la santé (DGS) a annoncé plusieurs mesures de précaution, notamment dans les aéroports français. Agnès Buzyn a expliqué sur Europe 1 le 21 janvier que « les voyageurs qui reviennent de Chine, quel que soit leur trajet, reçoivent une information sur la conduite à tenir en cas de température élevée. Il leur est demandé, s’ils sont fébriles, se sentent mal, de ne pas se rendre aux urgences, de ne pas aller chez un médecin mais d’appeler le centre 15 ».

Un dispositif qui semble un peu léger compte tenu de la gravité de la menace. En Thaïlande, les autorités ont par exemple mis en place des détections thermiques obligatoires dans certains aéroports du pays pour les passagers en provenance des zones chinoises à risques. Les conclusions à venir de l’OMS sur la déclaration ou non de l’urgence de santé publique de portée internationale devraient permettre d’y voir plus clair.

AK

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Amélie Tsaag Valren)
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