RIP Terry Jones : quand les Monty Pythons se moquaient de la rhétorique anticolonialiste

Publicité

Terry Jones, l’un des 6 Monty Pythons, est parti rejoindre Graham Chapman, l’interprète de Brian. Seul Gallois de la bande, Jones avait comme ses camarades un côté Vieille Angleterre sortie des meilleures écoles – Oxford ou Cambridge au choix.

L’un des faits majeurs de la carrière de Terry Jones est d’avoir mis en scène la Vie de Brian (1979). Dans cette version parodique et bien informée des Evangiles, aucune absurdité n’est épargnée, y compris les vaches sacrées gauchistes des seventies. C’est ainsi que les humoristes anglais y présentent la Terre Sainte comme une colonie en lutte contre « l’Etat impérialiste romain » – sauf que les Monty Pythons adoptent le point de vue des…Romains. Un raisonnement par l’absurde qui n’a pas pris une ride, aujourd’hui que l’idéologie décoloniale fait son retour.

Dans cette scène, on assiste au meeting d’un groupuscule anti-romain : les Romains, qu’ont-ils fait pour nous ?

Terry Jones : un érudit qui pratiquait la vulgarisation par l’humour

L’autre fait d’armes de Terry Jones et des autres Monty Pythons, c’est d’avoir réalisé une version comique de la légende arthurienne : Sacré Graal (1975). Le roi Arthur y rencontre un antifa anarcho-syndicaliste particulièrement coriace. http://www.cnt-f.org/video/videos/51-fiction-longs-et-courts-metrages-animations/401-tele-poissons-paroles-de-manants-contre-paroles-de-roi

Derrière le comique se cachait l’envie pour les Monty Pythons de revisiter les grands classiques – avec peut-être l’idée de s’appuyer sur eux pour surmonter leur propre nihilisme. Terry Jones a de ce point de vue beaucoup œuvré. Spécialiste reconnu de la civilisation de l’Angleterre médiévale, il a réalisé plusieurs documentaires pour la BBC sur ses sujets de prédilection : la naissance de l’Angleterre sur les ruines de l’Empire romain (Barbarians, 2002), les Croisades (Crusades, 1995) ou la société médiévale (Sacré Moyen Age, 2002), parmi d’autres.

Sacré Graal, avec son mélange des genres et son érudition, a beaucoup influencé Alexandre Astier, le créateur de la série Kaamelot. Le roi Arthur n’est pas tout à fait mort.

Photo d’illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

Politique

Edwy Plenel, le croisé sur la muraille : 40 ans à combattre un phénomène qu’il refuse de comprendre

Santé, Sociétal

Crack : le fléau gagne du terrain bien au-delà de Paris

Culture, Culture & Patrimoine, Histoire, International, Patrimoine

Ecosse : le conseil d’Argyll & Bute vient d’approuver son plan pour développer le gaélique dans les Gàidhealtachd

Tribune libre

Regards sur la langue française [L’Agora]

A La Une, Culture, Culture & Patrimoine, Histoire

Pie XII face au nazisme, la bande dessinée qui réhabilite le pape.

GUINGAMP, Rugby, Sport

Rugby : le RC Vannes s’incline à la dernière minute face à Pau devant 13 000 spectateurs à Guingamp

Environnement

Sécheresse : les forestiers privés bretons appellent à déserter les bois

CROZON, Environnement, Loudéac, Santé

Bretagne : les alertes sur la qualité de l’eau se multiplient

Rugby, VANNES

RC Vannes : les cinq départements de la Bretagne historique à l’honneur au SuperSevens

ecosse2

Culture, Culture & Patrimoine, Histoire, International, Patrimoine

Ecosse : 8,25 millions de livres sterling pour la création d’archives du patrimoine gaélique sur l’île d’Harris

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Culture, Culture & Patrimoine, Histoire

Le chevalier au dragon : quand un héros oublié refait surface au cœur de la légende arthurienne

Découvrir l'article

Culture

Cinéma. 7 films à voir ou à revoir sur le Cycle arthurien

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.