Intelligence artificielle Cerveau

Pierre-Jean THOMAS-LAMOTTE, né en 1948,  est médecin (spécialiste en Neurologie, certifié d’Anatomie pathologique), ancien Interne et ancien Assistant des hôpitaux de Paris. En 1985, il a abandonné ses  fonctions de chef de service hospitalier et choisi l’activité libérale pour privilégier l’écoute du malade.

Ses recherches l’ont conduit à affirmer que toute maladie est la compensation symbolique inconsciente d’une souffrance qui n’a jamais été exprimée. Selon lui, tout symptôme a donc un rôle compensateur. Selon le modèle du réflexe conditionnel pavlovien, il est possible de trouver un lien de causalité entre une manifestation clinique et un événement ayant réveillé un mauvais souvenir (l’expérience conditionnante). La réponse pathologique produite (liée au symbolisme du corps)  compense un manque, une frustration jamais exprimée avec des mots. Une écoute de la souffrance spécifique cachée derrière chaque symptôme est donc possible, aboutissant à une libération de la personne malade. Elle  constitue un outil complémentaire précieux de l’approche médicale classique.

En 2011, le Dr P-J THOMAS-LAMOTTE a participé à la fondation du CRIDOMH (Centre de Recherche Indépendant De l’Origine des Misères Humaines) pour préciser et diffuser les connaissances sur la compensation symbolique inconsciente dans la vie humaine, à l’échelon de l’individu mais aussi du groupe (maladies, accidents, comportements …).

Il est l’auteur de : Guérir avec Thérèse – Essai sur la guérison intérieure et Ecouter et comprendre la maladie parus aux Editions Téqui, de … Et si la maladie n’était pas un hasard… et L’interprétation des maladies aux Editions Le jardin des livres. Il a participé à la rédaction des trois premiers cahiers du Cridomh publiés en France sous le titre La compensation symbolique – Comprendre les hasards de la vie.

Nous l’avons interrogé sur son dernier ouvrage.

Breizh-info.com : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ainsi que présenter le cœur de votre métier ?

Dr P-J THOMAS-LAMOTTE : J’étais neurologue à l’hôpital lorsqu’à 37 ans, j’ai vu une malade paralysée des jambes « à vie » se mettre à remarcher le lendemain sans aide, sans appui. Cela se passait à Paray-le-Monial où j’accompagnais un pèlerinage. J’ai donné ma démission pour aller écouter en ville les malades et comprendre ce qu’ils ont dans la tête. J’ai découvert que c’est notre cerveau inconscient qui déclenche nos maladies quand nous n’avons pas la franchise d’avouer nos faiblesses, lorsque nous ne vivons pas dans la vérité. La confidence « jamais faite » permet souvent de guérir d’un symptôme.

Breizh-info.com : Qu’avez vous souhaité aborder de plus que l’interprétation des maladies, avec le livre Comment notre inconscient nous rend malade ?

Dr P-J THOMAS-LAMOTTE :  L’interprétation des maladies vient donner les clefs de lecture de la plupart des maladies. Car la maladie est un langage symbolique où l’inconscient raconte ce que nous n’avons jamais osé dire, sous forme de symptôme. Comme pour un réflexe pavlovien, il y a d’abord un conditionnement par un événement « programmant » très désagréable. C’est pourquoi nous mettons ce qui nous gêne dans notre inconscient. Si ce mauvais souvenir est réveillé par un événement « déclenchant », l’inconscient déclenche automatiquement les symptômes qui constituent un alibi a posteriori pour la « culpabilité » ressentie lors de l’événement programmant (mais jamais racontée ou mieux avouée).

C’est ce qu’on appelle une compensation symbolique inconsciente. Pour en découvrir le sens, il faut faire la liste des symptômes, prendre les contraires des mots lorsqu’ils existent, et passer de la symbolique à la réalité. Un homme a un index droit engourdi. C’est peut-être qu’il a été accusé (l’index droit) à tort.

A chaque culpabilité mise dans l’inconscient, on risque de se voir déclencher une compensation symbolique automatique pour la personne, mais aussi pour sa famille, pour le groupe social. C’est parce que nous vivons dans le mensonge, en cachant notre culpabilité que l’inconscient prend le contrôle sur notre conscient pour déculpabiliser la personne, un membre de sa famille.

C’est pourquoi il y a des maladies transgénérationnelles

Breizh-info.com : Vous y expliquez que tout ce qui nous arrive au quotidien (nos maux) serait lié à notre inconscient, à la volonté de notre cerveau de faire ressortir quelque chose d’inavoué. N’y allez vous un peu fort ?

Dr P-J THOMAS-LAMOTTE : Certains psychologues savent que l’enfant sert de « pansement » à ses parents. Mais c’est à longueur d’années que nous essayons de leur enlever les culpabilités qu’ils n’ont jamais avouées. Une grand-mère n’a pas avoué son avortement : sa petite fille se retrouve avec une stérilité : plus besoin d’avorter. Les malformations congénitales enlèvent à la maman enceinte une culpabilité par rapport à la grossesse. Ne valait-il pas mieux en faire l’aveu pour que la malformation ne survienne pas ?

Le livre qui vient d’être publié vient nous montrer qu’il n’y a pas de hasard. La rumination de l’inconscient est une véritable pollution de cerveau à cerveau qui conduit à la maladie, à l’accident, au changement de comportement. Pour celui qui connaît bien les symboles, notre coiffure, nos vêtements, nos chaussures racontent les souffrances que nous compensons à longueur de temps. Même un cambriolage, une piqûre d’insecte n’échappe pas à la règle. Pratiquement personne ne le sait car la symbolique ne s’apprend pas à  l’école. Il fallait un autre livre pour illustrer ces compensations symboliques mises en place chaque jour.

La compensation installée, l’aveu de la culpabilité permet au conscient de reprendre le contrôle de nos relations dans la vérité et la bienveillance. Qui sait qu’une dyslexie de l’enfant peut disparaître instantanément lorsque la maman avoue la honte que lui ont procuré autrefois de sordides échanges verbaux ? L’enfant sans écriture et sans lecture rend impossible ces échanges que la maman regrette. Ne vaut-il pas mieux comprendre le sens du symptôme pour le faire disparaître définitivement en faisant la confidence refoulée dans l’inconscient.

Prenons le cas d’un bébé de cinq mois qui fait une allergie au lait. Il se sent mal et a le visage cramoisi à chaque fois qu’il ingère du lait. Le visage tout rouge du bébé, c’est de l’énergie qui est donnée à la maman pour son visage, pour qu’elle puisse affronter sa propre maman dans le face à face. En comprenant cela, elle fond en larmes et va pouvoir se faire aider pour régler son problème. Alors, pourquoi les médecins embêtent-ils cet enfant allergique depuis des années plutôt que de se poser la question du sens du symptôme.

Breizh-info.com : Concrètement, comment appliquez vous vos analyses sur vos patients? Pour quels résultats ?

Dr P-J THOMAS-LAMOTTE : La recherche se fait au cas par cas. Un premier malade est interrogé sur son vécu conflictuel avant l’apparition du symptôme. Un second malade est interrogé sur ses difficultés psychoaffectives, avant l’apparition du même symptôme. On peut déjà constater un plus petit dénominateur commun dans ces deux histoires. On continue l’enquête avec des sujets ayant le même symptôme. Finalement un certain type de ressenti commun à ces malades va émerger donnant du 100% pour 100% et permettant d’évoquer un lien de causalité. Par la suite, pour une même pathologie, on va être orienté vers l’histoire que le patient va raconter.

Pour un cancer du larynx, on va mettre en évidence le développement de la tumeur au moment où l’obligation de « la fermer » disparaît : un parent qui devient dément et qui perd sa dominance, une carmélite dont la mère supérieure autoritaire et revêche vient de mourir, une femme qui souhaite un enfant alors qu’elle a du se taire à cause d’un viol …

On est loin du tabac parce que le tabac n’est pas la cause du cancer du larynx mais simplement un facteur de risque tout comme il faut être un homme pour faire un cancer du testicule. Mais la cause n’est pas là.

Breizh-info.com : « Nous sommes tous condamnés à vivre en permanence au passé compensé ». N’est-ce pas terriblement fataliste ? Ne peut-on pas lutter contre cette forme de déterminisme cérébral ?

Dr P-J THOMAS-LAMOTTE :  L’homme est effectivement fait pour suivre un chemin de Vérité, d’Amour car il est avant tout solidaire de ses « frères » : vivre dans la fraternité ne semble plus à la mode. Chacun est devenu prisonnier de ses compensations singulières : T-shirt avec son nom, tatouages, modèle de voiture, type d’alimentation. Mais avez-vous déjà vu un poireau BIO donner un cœur charitable ?

Breizh-info.com : Qui y a-t-il a garder finalement chez Freud et chez Jung ?

Dr P-J THOMAS-LAMOTTE :  L’homme est sur terre pour s’accomplir et cette démarche est progressive au fil du temps. Freud et Jung ont balisé un chemin pour la compréhension de l’inconscient. Jung a parlé de compensation, de synchronicité car il ne connaissait ni la symbolique utilisée ni la compensation symbolique inconsciente.

Pourtant les écritures saintes sont à la disposition de tous depuis des centaines d’années et elles nous expliquent comment vivre dans la compensation symbolique altruiste en choisissant de devenir responsable de tout ce qui nous arrive.

Propos recueillis par Y.V.

Crédit photo :DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine