Le troisième et dernier volet de cette série documentaire sur l’histoire méconnue du système concentrationnaire soviétique couvre la période 1945-1957, de son apogée à son agonie.

Apogée et agonie : 1945-1957

Les populations des nouveaux territoires occupés de l’Est restent elles aussi particulièrement soupçonnées d’antisoviétisme. La troisième catégorie visée est celle des intellectuels, notamment au sein d’une population étudiante soviétique en expansion. Assujetties comme les hommes à des tâches épuisantes, les femmes, dont nombre de veuves de guerre condamnées à de lourdes peines pour de petits chapardages alimentaires, représentent désormais un quart des zeks. « Je n’ai que faire de votre travail. Ce qui m’intéresse, ce sont vos souffrances », résume un jour une responsable de camp aux déportées, comme le rapporte l’une d’elles, trente ans après, à Memorial.

Près de 2 millions de détenus, dont beaucoup à l’extrême limite de la survie, s’entassent toujours dans les camps. Peu à peu, ces conditions de vie effroyables font chuter la rentabilité économique du Goulag. Le 5 mars 1953, après la mort de Staline, un million de libérations sont prononcées. En 1956, Khrouchtchev, s’exonérant au passage de sa responsabilité, pourtant indéniable, dénonce les crimes du stalinisme, provoquant dans le monde une immense onde de choc. Le système concentrationnaire ne disparaît pas totalement, mais ne retrouvera jamais l’ampleur que lui ont conférée quarante années de répression de masse.

Goulag : une histoire soviétique. Épisode 3 : Apogée et agonie : 1945-1957, série documentaire de Patrick Rotman (France, 2017, 58 mn).

Illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V