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L’année 2019 a été marquée par une recrudescence des attaques par ransomware et la tendance ne semble pas prête de s’inverser. Menaces majeures aujourd’hui pour les organisations, ces campagnes sont très lucratives pour les cybercriminels ; l’ANSSI estime ainsi que le rançongiciel GandCrab, lancé en 2018 et stoppé en juin 2019, aurait généré 150 millions de dollars de profit. Et de nouvelles souches, ou variantes, font régulièrement la Une des media, telles que Snake et Maze récemment.

Il est toutefois possible de limiter les dommages causés par les ransomwares en comprenant leur fonctionnement et en développant une stratégie de cybersécurité adaptée :

Il n’y a pas de solution miracle contre les ransomwares. Cependant, la plupart d’entre eux ne peuvent chiffrer que les données auxquelles l’utilisateur ayant activé la charge utile est autorisé à accéder. Pour limiter la surface d’attaque, il est donc essentiel de garder les autorisations des utilisateurs au strict minimum. Les employés ne doivent pouvoir accéder qu’aux informations dont ils ont besoin pour accomplir leurs tâches professionnelles, ni plus ni moins. On parle alors de stratégie du moindre privilège.

Il faut aussi s’assurer que les extensions de ransomware typiques – telles que .bat, .msi ou .exe. – sont bloquées dans la stratégie de restriction logicielle. Afin de pouvoir repérer toute tentative de compromission en temps réel et contenir l’attaque, les équipes IT doivent également être en mesure de surveiller étroitement les activités des utilisateurs et être alertées en cas d’activation de la fonction autorun ou de modification massive de fichiers.

En outre, les organisations peuvent prendre un certain nombre de mesures pour atténuer davantage les risques et minimiser tout impact potentiel d’une attaque par ransomware. Ainsi, il est important que les employés puissent recevoir une formation complète et continue afin de connaitre les bonnes pratiques, les pièges à éviter ainsi que l’évolution des menaces. Les entreprises doivent aussi programmer régulièrement des inventaires et corriger leurs systèmes si nécessaire, pour empêcher les logiciels malveillants d’exploiter les vulnérabilités non corrigées et de se propager sur le réseau.

Le déploiement de cyber-stratégies, telles que la segmentation du réseau et le principe du moindre privilège, empêchent la prolifération de l’attaque et réduisent les dommages en cas d’infections par ransomware. Un autre mécanisme de défense consiste à mettre en place des copies de sauvegarde – avec, au minimum, une hors ligne – et à ce que le processus de restauration à partir desdites sauvegardes soit régulièrement mis à l’épreuve. Ainsi, en cas d’attaque par rançongiciel réussie, les entreprises pourront s’appuyer sur les données récentes conservées et reprendre donc plus facilement leurs activités.

En 2020, il ne fait aucun doute que la menace des ransomwares va se confirmer, voire s’amplifier. Et parce qu’aucun secteur ou taille d’entreprise ne sont à l’abris, il est important de prendre conscience du danger, de connaitre les techniques d’attaque, d’évaluer régulièrement ses défenses et potentielles vulnérabilités, afin de mettre en place une défense optimale et adéquate.

 Pierre-Louis Lussan (Newrix)

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