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Quimper, élections Municipales 2020 : a priori, c’est une situation rêvée pour le maire sortant, Ludovic Jolivet (Agir, ex-UMP), puisque la gauche aborde le rendez-vous électoral désunie et que Quimper ne résiste pas à l’atomisation du paysage politique, 8 listes se présentant ainsi au premier tour. On a l’habitude de dire qu’une telle situation avantage le sortant, mais c’est sans compter sur la désunion au sein de la droite quimpéroise et sur la mise en place d’une liste RN apparaissant plus solide que de coutume dans la préfecture du Finistère.
Finalement pas d’union des gauches !
L’union des gauches tant attendue pour contrer le maire sortant ne s’est finalement pas faite, trois listes se présentant au premier tour du 15 mars : une menée par Isabelle Assih (PS) avec plusieurs figures écolos et citoyennes de gauche, une par Martine Petit (EELV avec le soutien de l’UDB) et une d’extrême gauche nommée Coopérative Citoyenne avec des membres du NPA et de la France insoumise et menée par Sylvie Casimiro de San Leandro.
L’attitude au-dessus de la moyenne d’Isabelle Assih, conseillère départementale PS, et l’énergie qu’elle a déployée pour réunir la gauche plurielle traditionnelle quimpéroise, la place loin devant ses concurrentes. Déjà Martine Petit a annoncé son ralliement pour le second tour, l’intérêt de cette dernière étant de reprendre le leadership de l’écologie sur la Cornouaille. Mais de nombreux écologistes ont déjà rallié l’équipe de la conseillère départementale spécialisée dans les politiques sociales.
Concernant l’extrême gauche, celle-ci ne manque pas de militants mais elle n’a pas d’assise électorale dans la capitale de Cornouaille. Elle va souffrir d’une tête de liste inconnue, dont les premières prestations ont été peu remarquées. L’apport ou non des électeurs de la France insoumise sera déterminant, mais ces derniers ne seront-ils pas tentés de voter utile massivement contre le maire sortant ?
Une loyauté locale au président Macron ?
Il existe plusieurs inconnues dans cette élection. L’une d’entre elles concerne le vote des électeurs En Marche de 2017 et 2019 : avec plus de 83 % des votes au second tour des présidentielles de 2017, avec 27 % aux européennes de 2019, Quimper est une ville qui a massivement soutenu Emmanuel Macron puis En Marche.
Mais la députée En Marche du cru, Annaïg Le Meur, s’est révélée pour le moins transparente tout au cours de son mandat. Peu d’observateurs croient à un succès électoral le soir du 15 mars. Avec un programme creux et accompagné de figures bien fades, elle ne peut compter que sur le soutien de Karim Gachem, ex-PS et actuellement conseiller régional. Elle qui comptait apparaître comme une figure locale incontournable s’est progressivement repliée sur son noyau de marcheurs.
Une droite désunie
L’image de l’ancien maire RPR Alain Gérard (2001-2008) continue de régner sur la droite quimpéroise. Ludovic Jolivet l’a montré en s’efforçant de surtout rassembler les différentes familles gérardistes sur sa liste. En dehors de sa garde rapprochée, tous les clans de la droite du début des années 2000 y sont représentés, et il n’a laissé de place qu’à peu d’entrants.
Cette stratégie sera-t-elle gagnante ? Il semble le penser, car ce n’est ni avec son maigre bilan, ni avec son unique projet électoral (une salle de spectacle faramineuse à 40 millions d’euros), qu’il va emporter une seconde élection locale. Il ne peut compter que sur son assise électorale de droite (un quart des électeurs au premier tour assuré) ou sur la prime au sortant dans un contexte de diversification des listes.
Il n’aura pas le soutien de ses anciens alliés centristes, car beaucoup des plus jeunes de sa liste de 2014 ont pris la poudre d’escampette : le groupe municipal Les Européens, centre écolo, ne le soutiendra évidemment pas, et sa première adjointe, Isabelle Le Bal, Modem, a décidé de se représenter.
Avec un joli nom de liste, Vents d’Ouest, elle souffrira pourtant de la contradiction qui existe entre son appui intégral entre 2014 et 2020 à la politique du maire sortant, et sa candidature du dernier moment. Elle ne peut survivre qu’en s’appuyant sur les forces En Marche dans le cadre d’une recomposition des listes au second tour.
La droite quimpéroise est donc tout aussi désunie que la gauche à la veille du premier tour, et ne présente aucun bilan économique, social ou écologique, mais un bilan catastrophe question sécurité.
Dans ce contexte sécuritaire très particulier et nouveau pour une ville réputée tranquille, le RN est monté en puissance. Malgré une couverture média inexistante depuis 2014, le groupe mené par Christelle Henaff est plus charpenté que d’habitude : sa présence au second tour déterminera la survie du maire sortant. En 2014, il avait envoyé un émissaire quémander entre les deux tours le soutien discret du FN contre Bernard Poignant, cette fois, il ne pourra certainement pas s’appuyer sur un report de voix RN.
L’inconnue citoyenne
Autre inconnue : le désir chez les électeurs quimpérois de soutenir une liste hors parti, dont on ne connaît pas encore le programme, qui présente une tête de liste inconnue, mais peu clivante politiquement et accompagnée d’une personnalité comme Jérôme Abbassene, l’homme qui a contribué localement à la chute de Jean-Jacques Urvoas. Il va sans dire que leurs propositions seront étudiées à la loupe dans la quinzaine de jours restant avant le dimanche 15 mars.
La présence au second tour de cette liste citoyenne déterminera si on assistera, à Quimper, à plus qu’une quadrangulaire, qui est déjà possible dans le cas où le RN passe le cap des 10 %.
Faute de bilan pour le maire sortant, la ville est électoralement ouverte.
Crédit photo : DR
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